DES TEMPS DES TEBBES
Le présent, dans le discours, est toujours l'instant de l'acte de la parole. Il n'est susceptible ni de plus ni de moins. H ne
S eut y avoir qu'un temps présent a chaque mode u verbe.
Le passé et le futur, au contraire , sont susceptibles de diiTérens degrés.
Cherchons combien on doit admettre de temps passés et de temps futurs.
Le verbe être est le verbe auxiliaire universel et nécessaire. C'est de lui seul que les autres tiennent la possibilité d'avoir des temps.
Voyons donc le tableau des temps du verbe être, en cinq langues.
La seule inspection de ce tableau nous montre,
Que le mode adjectif entre dans la composi-* tion de tou» les autres , et qu'aucun des autres n'entre dans la sienne.
DE LA G RÂMMAIBE. a^S
Que tous les temps du verbe ce réduisent , en les dëcomposant, à un temps présent et a un temps quelconque du mode adQectif. (Gela doit être ainsi , car le discours raconte des choses futures et des choses passées; mais au fond il exprime toujours une impression actuelle;.
Que, par conséquent, si le verbe avait, dans son mode adjectif, tous les temps réellement utiles , il n'aurait plus besoin que d^un présent du substantif et d'un présent de Fattributif pour exprimer tous les temps imaginables dans toutes les circonstances.
Qu'il a quelques temps distincts dans tous ses* modes.
Qu'U pourrait avoir tous les temps possibles dans chacun d'eux.
Mais que c'est surtout au mode attributif qu'on les a multipliés.
Examen fait de tous les temps du mode appelé indicatif, en y joignant ceux du mode appelé conditionnel, on trouve qu'ils se réduisent à douze, savoir: un présent et cinq temps passés par rapport à lui , et un futur et cinq temps passés par rapport a lui.
Cela fait deux séries de six temps chacune j Pune pour l'existence considérée comme positive , l'autre pour l'existence considérée comme éventuelle.
Les trois premiers temps de chacune de ces deux séries sont absolus ; c'esl-à-dire n'indiqtient que leur rapport avec le moment de l'acte de la parole.
Les trois derniers sont relatifs; c'est à-^ire indiquent , outre leur rapport avec le moment de l'acte de la parole , un rapport de simultanéité avec une autre existence , exprimée ou non.
ig6 EXTBAIT RAISONNE
A ce qu'on appelle le mode subjonctif, qui n'est qu'un cas oblique du mode attributif, l'existence étant considérée comme subordonnée à une autre^ il n'y a pas lieu à la distinguer en positive et éTentueue. Aussi n'y a-t-il que six temps qui répondent également aux deux séries précédentes.
C'est d'après ces observa tion s qu'on a dressé le tableau méthodique de tous les yrais temps du verbe simple.
Pour appliquer cette théorie aux antres verbes, il faut se rendre compte de ce qu'on doit entendre par verbe auxiliaire.
Il n'y a pas d'autre vrai verbe auxiliaire que le yerhe être.
Le verbe auoir est aussi auxiliaire , parce qu'il ne fait pas d'autre effet que celui que ferait à sa place le même temps du verbe être.
Tous les autres verbes qui portent dans les temps dans lesquels ils entrent une valeur tirée de leur signification propre , ne sont donc point de vrais auxiliaires , et les temps qu'ils forment ne sont point de vrais temps composés, mais des locutions dans lesquelles deux verbes juxtaposés se suivent sans se confondre.
Il suit de là :
Qu'il y a autant de verbes différens que d'adjectifs différens unis au Terbe être.
Que amo et amor sont deux verbes qui n'ont rien de commun. L'un est je suis aimant, et l'autre estje suis aimé.
Que dans ce temps , je suis aimé , aimé est un simple adjectif; et que dans cet autres)'* ai aimé, aimé est un participe passé, c'est-à-dire un verbe à un temps passé du mode adjectif : il signifie été aimant.
Que tous les supins et gérondifs sont des cas des
participes pris substantivement, c'est-à-dire sont également des cas du mode adjectif pris substantivement et du mode substantif, car c'est la même chose.
Et que dans les phrases où il v a ce qu'on appelle un que retranché , les cas ooliques du mode substantif et du mode adjectif remplacent le cas oblique du mode attributif, qu'on appelle mal à propos un mode subjonctif.
En jugeant d'après ces principes tous les temps de tous les verbes adjectifs dans toutes les langues, on trouvera avec facilité et précision la véritable valeur de chacun d'eux , et on verra qu'aucun de ces verbes n'a d'autres temps (bien réels) que ceux que nous avons reconnus dans le verbe être.
En sortant de cette route , on continuera à ne rencontrer qu'obscurité et confusion dans les Grammaires particulières.
Revenons à la syntaxe.
SECTION ni.
Des Prépositions , des Conjonctions et des Repos.
Les signes uniquement destinés à lier les autres entre eux , sont les prépositions , les conjonctions et les repos.
Nous avons déjà suffisamment parlé des pré positions et des conjonctions.
Quant aux pauses plus ou moins marquées que nous ne manquons jamais de faire de temps en temps dans toute émission de signes , il est clair ou'en séparant chaque sens partiel elles le renaent plus distinct.
sgl EXTBAIT RAISONNÉ
Il est seulement à remarmier qu'on s*est avisé très-tard de les noter dans récriture.
Ici finit la Grammaire absolument commune a tous les langages , de quelque nature que soient les signes qui les composent.
Passons à cette heure aux signes permanens.