‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 90 sur 93 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

UES SIGNES DOBABLES DE NOS lÙÈES, ET SPECIALEMENT DE L'ÉCBITUBE PaOPREMENTDITE.

Tout ce que nous ayons dit jusques à présent , est réellement commun à tous les laneages possibles ; car tous étant la représentation de la pensée , il ne peut y en avoir aucun où il n'existe quelque chose d'analogue aux éiémens de la proposition et aux moyens de syntaxe dont nous avons rendu compte.

Il n'en est pas de même de ce qui nous reste à dire , parce que tous les signes naturels de nos idées sont fugitifs et passagers : mais tous ne sont pas également susceptibles d être convertis en signes durables et permanens.

rfos actions sont les signes naturels et nécessaires de nos idées , et elles en deyiennent les signes artificiels et volontaires.

Ce langage d'actions est composé de gestes , d'attouchemens et de sons.

Les hommes n'ont pu jouir long-temps de l'avantage de se communiquer leurs idées, sans désirer bientôt d'en conseryer l'expression , au

moins en masse ^ pour des temps et des distances éloignées.

Gela leur a fait d^abord imaginer des monuraens, des cérémonies, des représentations de toute espèce.

Ensuite , pour perpétuer le souvenir de leurs idées et de leurs sentimens avec plus de détail , ils ont cherché à représenter leur langage luimême.

Si leur langue usuelle ayait été composée de gestes , ils n'auraient pu la convertir en signes permanens qu'en imaginant une série de figures tracées qui représentât les idées exprimées par ces gestes , en créant une langue peinte qui fût correspondante à la langue de gestes.

Cette seconde langue serait totalement arti-^ ficielle.

Il en aurait été de même si la langue usuelle avait été composée d'attouchemens.

Les langues composées de sons étaient susceptibles du même moyen ; c'est ce qui a fait naître les écritures hiéroglyphiques , symboliques , etc. , etc.

Mais eUes en offraient un autre , c'était de représenter non pas les idées , mais seulement les sons : c'est ce qui a donné lieu aux écritures syllabiques et alphabétiques.

Ces deux moyens différent par la nature de l'opération , par la manière de l^xécuter , par les eftets qui en résultent.

Avec l'écriture hiéroglyphique, l'opération est une traduction : avec l'écriture proprement dite , c'est une simple notation.

Pour exécuter la première , il faut posséder également deux langues également riches ^ pour

Page 1