‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 110 sur 203 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

la volonté, les passions, l’espérance , la volonté proprement dite , et jusqu’à la crainte, la confiance, la présomption.

Il est vrai qu’il nous explique que les passions sont des désirs devenus habituels, que l’espérance est le désir joint à un jugement, et que la volonté, dans le sens restreint, est encore le désir joint à un autre jugement. Ainsi ce ne sont pas là des impressions élémentaires , mais des affections composées, dans lesquelles il n’y a que le désir qui appartienne réellement à la faculté appelée volonté.

Pour la crainte, la confiance, la présomption, etc., ce n’est pas la peine de nous y arrêter : il est trop manifeste que ce sont des manières d’être, des états de l’homme, résultant de l’emploi bon ou mauvais de toutes ses facultés ; et que des résultats si compliqués ne peuvent jamais être regardés comme des élémens.

Je persiste donc à penser que la manière dont Condillac a décomposé notre intelligence est vicieuse; et que plus on y réfléchira, plus on se convaincra que la pensée de l’homme ne consiste jamais qu’à sentir

des sensations, des souvenirs, des jugemens

et des désirs (i).

Au reste, l’examen auquel nous venons de nous livrer peut nous fournir des réflexions importantes. La première qui se présente, c’est que le grand idéologiste dont j’ose ici combattre quelques idées , a le mérite éminent d’avoir le premier bien reconnu ce que c’est que penser.

Il dit dans vingt endroits, et nommément dans ceux que je viens de citer : Les facultés de Lame naissent successivement de la sensation. Elles ne sont que la sensation qui se transforme pour devenir chacune d'elles. Toutes les opérations de Tarne ne sont que la sensation même qui se i transforme différemment, etc. ... Et, ce qui est plus précis encore, il dit? dans sa Logique , chapitre 7 : Toutes les facultés que nous venons d’observer sont renfermées dans la faculté de sentir. Assurément c’est bien

(1) Pour l’intelligence complète de cette discussion , que j’aitâçhé de resserrer, j’invite le lecteur à relire l’Analyse de la Pensée, par Condillac, dans un des endroits cités ci-dessus , et sur-tout dans le chap. 7 de la première partie de sa Logique, où elle est le plus détaillée, et que j’ai eu principalement en vue.

dire ,

Page 1