‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 13 sur 203 · Chapitre ii · texte numérisé non relu

Chapitre ii

cations que font les hommes pour mettre de l’ordre dans leurs idées, sont très-imparfaites, et qu’il faut s’en servir parce qu’elles sont commodes , mais ne jamais oublier que toujours elles confondent des choses trèsdistinctes , ou en séparent qui sont trèsanalogues entr’elles.

Quoi qu’il en soit, voilà le tableau assez complet de celles de nos sensations qu’on peut appeler externes , parce que nous les recevons des extrémités de nos nerfs, qui sont à la surface de notre corps. Vous remarquerez que je n’y ai point compris les perceptions de grandeur, de distance , de figure, de forme, de résistance, de dureté, de mollesse , parce que ce ne sont pas des sensations simples, de purs effets de notre sensibilité : ce sont des idées composées dans lesquelles il entre des jugemens- c’est ce que je vous ferai reconnaître quand je vous expliquerai la génération de nos idées composées. Continuons.

Assez ordinairement, quand on rend compte des effets de la sensibilité, on se borne aux sensations externes que nous venons d’examiner; souvent même on leur donne exclusivement le nom de sensation,

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Cependant, la colique, la nausée, la faim, la soif, le mal d’estomac, le mal de tête, les étourdissemens, les plaisirs que causent toutes les sécrétions naturelles, les douleurs que produisent leurs dérangemens ou leur suppression sont bien aussi des sensations, quoiqu’elles nous viennent de l’intérieur de notre corps; et, par cette raison, on peut les appeler des sensations internes. Mais à quel sens les rapporterons- nous? Osera-t-on bien dire qu’un éblouissement appartient au sens de la vue, le mal de coeur au sens du goût, ou le mal de reins au sens du toucher? non, sans doute. Nous en parlerons donc sans les rapporter à aucun sens, et il n’y aura pas grand mal. Que cela vous prouve seulement l’insuffisance de nos classifications. Toutefois, vous voyez que tout ébranlement d’un de nos nerfs , soit qu’il soit l’effet du mouvement vital, soit qu’il soit produit par une cause étrangère, est l’occasion d’une sensation , et met en jeu noti e sensibilité.

C’est pour cela que toutes les fois que nous faisons un mouvement quelconque d’un de nos membres , nous en sommes avertis , nous le sentons. C’est bien là encore

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