CHAPITRE jèfa. 5ir
qui tient lieu d’une longue suite de nWtë èt remplit absoluitient le mêrÜë ôbjêt?
Les hiéroglyphes, symboles , emblèmes , attributs, etc., etc., Sont encore des langues ou parties de ldngüès dû fùêmé genre, car ce sont deS peintures plus où moins altérées, ou dont la signification a été transportée dû sens naturel au sënS figuré. Quand je dessiné Un épi pour exprimer l’abondàncè, oit un cO'q’ pour rappeler l’idée de vigilance, n’est-cé pas corûme si )e prononçais ces mots, abondance, Vigilance? Et l’usage détourné que je fais dans ce cas de la figure du coq et de Celle de cet épi, pour rendre une autre idée que celles qu’elles réveillent naturellement, n’est- il pas exactement le même que celui que nous faisons souVent des mots, comme lorsque nous disons qu’un homme est le coq de son village , ou le lien qui unit sa société?
Jeunes gens, remarquez en passant que cet attrait que nous avons pour employer les symboles et les emblèmes , est un vestige des temps grossiers où nous ne savions pas peindre lesmots eux-mêmes, ou un effet du goût qui nous entraîne vers la métaphore etl’allégorie, goût dépravé qui nuit beaucoup à la justesse du raisonnement, comme je
5i2 idéologie.
vous le démontrerai lorsque nous traiterons de la logique. Il vaut toujours mieux dire tout simplement sa pensée quand on le peut; nécessairement elle est rendue avec plus d’exactitude (1). Mais revenons.
Nous devons encore ranger parmi les langues de ce genre , les écritures soi-disant savantes des Chinois , des Japonais et de quelques autres peuples des extrémités de l’Asie , car ce sont de vrais hiéroglyphes dégénérés; leurs caractères peignent directement les idées qu’on y a attachées comme toutes les peintures et tous les dessins : ce sont donc des signes dont l’ensemble forme une langue.
Observez qu’on n’en peut pas dire autant de l’alphabet et des caractères alphabétiques; ils ne peignent point les idées, ou du moins ils ne les peignent pas directement. Ce sont les sons qu’ils peignent directement;
(1) Ne croyez pas cependant que, par ce principe, je prétende condamner toute locution par laquelle y en exprimant bien une idée principale, on lui donne une nouvelle force en réveillant d’autres idées qui ont avec elle plus ou moins de rapport. C’est ce qui se verra mieux quand nous parlerons des figures grammaticales et oratoires.