‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 172 sur 203 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Continuation du précèdent. Des autres effets des signes.

"V" ous voyez donc , mes jeunes amis, que nos actions sont les signes naturels et nécessaires de nos idées, puisqu’elles les représentent, en masse à la vérité, mais trèsfidèlement, sans que nous en ayons l’intention , et même quand nous ne le voudrions pas : c’est ce qu’on appelle le langage d’action, parce que tout système désignés est un langage.

Ces signes naturels et nécessaires deviennent artificiels et volontaires, c’est-à-dire que nous les refaisons avec l’intention de faire connaître nos idées à nos semblables ; et le langage d’action devient la source de tous les autres, qui, comme lui, s’adressent au tact, à l’œil, ou à l’oreille, et que nous pouvons varier à l’infini. Nous en avons indiqué plusieurs.

A la longue , ces signes artificiels et volontaires, sur-tout ceux qui s’adressent à l’oreille, deviennent très- détaillés et très-

circonstanciés, et nous les rendons capables d’exprimer d’unejnanière distincte des idées très-peu différentes les unes des autres, et qui ne sont séparées que par des nuances très-fines.

Cet effet est dû sans doute à la souplesse des organes d’où émanent les signes , et à la délicatesse de ceux auxquels ils s’adressent, et il est proportionné à ces qualités; mais il ne se produit que graduellement, et il ne peut avoir lieu qu’autant que nous combinons nos premières perceptions, que nous en formons des idées composées, que nous percevons entr’elles des rapports qui sont eux-mêmes de nouvelles idées, que nous les analysons, les comparons, les modifions, les envisageons sous toutes leurs faces, enfin que nous les soumettons à tous les calculs dont elles sont susceptibles. Or, c’est à cela même que les signes nous aident trèspuissamment, en constatant les résultats de chacun de ces calculs ; et nous avons prouvé par des exemples, que sans leurs secours nous serions arrêtés dès les premiers pas : ainsi à mesure que les signes se perfectionnent, et même à chaque nouveau degré de perfection qu’ils acquièrent, ils sont cause

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