‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 62 sur 203 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tout-à-fait étranger à mon moi sentant et voulant ( ce sont les corps extérieurs), ou quelquefois lui obéit (c’est notre propre corps), mais toujours en est distinct et agit sur lui de beaucoup de manières.

Nous verrons dans la suite par quelles expériences successives nous distinguons le corps par lequel nous sentons et qui obéit à notre volonté, de tous ceux qui nous sont entièrement étrangers ; comment nous démêlons les propriétés de celui-là et de tous les autres j dans quel ordre nous découvrons ces propriétés, et quelles relations elles ont entr’elles. Mais pour le mpment il nous suffit d’avoir bien reconnu que la principale de ces propriétés , la première connue et avérée , est celle de s’opposer à la continuation du sentiment que nous causent nos mouvemens , malgré que nous voulions le prolonger. Celle-là est vraiment fondamentale; car elle nous assure, d’une manière certaine qu’il y a là un être qui n’est pas nous : et elle constitue l’existence réelle de cet être. Cette existence devient pour nous une conséquence immédiate et nécessaire de notre sentiment de vouloir, et de la con-

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trariété qu’il éprouve, deux choses dont

nous sommes bien assurés.

Il n’est pas du tout nécessaire, pour la vérité de cette conclusion , que nous puissions expliquer d’une part ce que c’est que ce sentiment de vouloir, et comment il se fait que nous en soyons capables; et de l’autre, pourquoi tous lès êtres' qui tombent sous nos sens sont doués plus ou moins du pouvoir de résister au mouvement, et en quoi consiste cette puissance. Ce sont deux faits incompréhensibles pour nous, et dont les causes nous sont complètement inconnues, mais deux faits bien constaris; et il ne l’est pas moins qu’être voulant et être résistant, c’est être réellement, c’est être; et que l’être voulant, quoiqu’ignorant encore qu’il y a du mouvement et des êtres, quand il éprouve que souvent il peut à volonté se donner la sensation qui résulte du mouvement de ses membres, et que souvent il ne le peut pas quoiqu’il le veuille, doit, dans ce dernier cas, conclure qu’il y a des êtres résistans ; que cette conclusion doit le conduire à une connaissance plus détaillée de ces êtres, et que tout lui prouve

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