‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 63 sur 203 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

postérieurement que cette première conclusion est légitime.

Cet effet de la réunion de notre faculté de vouloir avec celle de nous mouvoir et de le sentir, étant une fois reconnu et avoué, on est tenté de croire d’abord que toutes les autres sensations de l’ètre doué de volonté, peuvent le conduire à la connaissance des êtres qui causent ces sensations, tout comme, celle de mouvement dont nous venons de parler. Cependant je ne le pense pas, parce qu’il y a là une différence essentielle ; sans doute je puis bien desirer de prolonger ou de renouveler une sensation visuelle, ou tactile, ou auriculaire, ou olfactive, tout comme la sensation d’un mouvement; mais si je suis supposé ignorer tout, et le mouvement, et les êtres, et moi-même, je ne puis rien faire ert conséquence de ce désir j car je ne puis pas le satisfaire immédiatement. Je ne saurais me donner directemênt la sensation de telle odeur, de telle couleur, de tel son, ou telle autre impression. Tout ce que je puis , est de fairè un mouvement de ma main, ou de mes yeux, ou de tout autre organe, pour me la procurer. Mais pour cela il faut que je sache que cesmou-

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Yemens sont propres à produire cet effet. Or, qui me l’apprendra d’abord?

Au contraire , pour la sensation directe qui résulte en nous des mouvemens de nos membres, il n’y a pas lieu à ce îicochet. Toute douleur, toute souffrance , tout malaise seulement, fait naître en nous le désir, le besoin même de nous remuer, de nous agiter. Ce sentiment de mouvement est un soulagement, un vrai bien-être. Nous jouissons tant qu’il duré ; nous pouvons ordinairement le prolonger à volonté. Quand il est suspendu malgré nous., ce n’est pas pai nous. C’est donc par quelque chose qui n’est pas nous , et qui tantôt agit sur nous , tantôt n’y agit pas; et bientôt le mouvement lui -même nous Fait connaître ce quelque chose par une multitude d’expériences dont celle-ci est la base. Il n’y a là ni cascade ni embarras.

Les mouvemens vagues des enfans nouyeau-nés, bien observés, me paraissent une preuve que les choses se passent ainsi dans leurs têtes. On les voit souvent s’agiter uniquement pour le plaisir de remuer. C’est une satisfaction pour eux, et ils sont irès-fàchés quand on les en prive. On les

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