chapitre yir. i3g
certaine, et 4e fondement de nos connaissances ne serait pas ébranlé.
Le second point, au contraire, est d’une toute autre importance; car s’il n’était pas vrai que quand je sens un désir, quand je fais en conséquence de ce dvesir une action que je sens aussi, ,et quand j’éprouve une résistance à cefte action, je suis certain d’une existence autre que celle de ma faculté de sentir, j’aurais, contré mon intention, prouvé que tioùs ne sommes jamais sûrs de cette seconde existence , en prouvant que tous autres moyens de la connaître sont insuffisans ; mais f avoue que je n’ai pas cette inquiétude, et que je crois avoir établi ce seciond point cfune manière incontestable; car il est bien constant que ma volonté c’est moi, et que cé qui résiste à ma volonté est autre chose que moi.
Toutefois l’on voit que pour que cette résistance me sait connue pour être une véritable résistance, il ne suffit pas que je sente un désir; il faut que ce désir soit suivi d’une action, que je sente cette action aussi quand elle a lieu, et que tantôt elle ait lieu librement, tantôt elle éprouve une opposition. Yoilà .pourquoi, pour avoir eon-
l4o IDÉOLOGIE,
naissance d’autre chose que de ma vertu sentante, il fallait que j’eusse la faculté dé faire des mouvemens , et pourquoi la première maniéré dont les etres autres que moi m’apparaissent, c’est par la propriété qu’ils ont de résister aux mouvemens que je fais faire à la portion de matière qui obéit à ma volonté et par laquelle je sens.
Cette propriété fondamentale des corps que nous nommons force d 'inertie est donc nécessairement la première par laquelle nous les apercevons. Elle est la base de toutes celles que nous leur connaissons et que nous joignons ensuite à celle-là pour former l’idée complète de . çhacun de ces êtres. Sans elle nous n’aurions pas connu les corps étrangers à nous, ni même le nôtre. Nous ne nous serions pas seulement aperçus de nos mouvemens; car c’est la résistance de la matière de nos membres au mouvement, qui nous occasionne cette sensation de mouvement. Ainsi , si la matière avait pu être non résistante, nous n’aurions certainement jamais rien connu que nous, et nous n’aurions connu de nous que notre vertu sentante. Il n’est même pas aisé de