‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 66 sur 203 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

s’il en existe, ce que nous ne pouvons savoir, ne peut absolument rien connaître que luimême et ses affections, et ne saurait en aucune manière se douter de l’existence de la matière et des corps ; l’autre , que pour nous à qui on a tant dit sans preuves que si nous étions tout matière nous ne pourrions penserai est démontré au contraire que, si nous étions totalement immatériels et sans corps, nous ne pourrions pas penser comme nous faisons, et nous ne saurions rien de tout ce que nous savons. Peut-être saurions-nous des choses toutes différentes. Mais qui nous le dira ? et qui osera nous apprendre comment nous serions si nous étions d’une manière que nul de nous n’a pu ni éprouver ni observer, et dont nul de nous ne peut même concevoir la possibilité ; et d’ailleurs de quoi cela nous servirait-il?

Tels sont, suivant moi, les résultats incontestables de l’examen auquel nous venons de nous livrer. Maintenant il reste à voir s’il ne nous laisse pas encore quelque chose à desirer.

J’avais un double but à atteindre. Je devais

faire voir, d’une part, que c’est à tort que l’on attribue à toutes nos sensations propre-

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ment dites, ou à certaines d’entr’elles, la propriété de nous faire connaître les êtres qui les causent; et de l’autre, que cependant pous ayons un moyen certain de connaître ces êtres, et que leur existence n’est point une illusion. Il s’agissait de prouver aux hommes trop confians, que tant qu’on ne fait que sentir des sensations on n’est, assuré que de sa propre existence ; et aux hommes trop sceptiques, que quand on sent .que l’on veut, que^op àgit en conséquence, et,querl’on éprouve une résistance à cette action sentie et voulue, on est certain nonseulement de son existence, mais encore de l'existence de quelque chose qui n’est pas soi.

^Le premier point sans doute m’est pas sans intérêt; car de nous former une idée fausse de la nature de nos sensations, nous ferait rencontrer beaucoup d’obstacles à bien connaître les propriétés des corps et la génération de cette connaissance. Cependant, guand je serais dans l’erreur à cet égard, et quand nous aurions bien plus de moyens que je ne crois d’être assurés de l’existence des êtres qui ne so*nt pas nous, l’existence de ces êtres n’en serait que plus

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