‹ Elemens d'ideologie (volume 3)Chapitre 81 sur 203 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

n’est cependant véritablement qu’une idée abstraite dont nous sommes dupes. Yoyons comment nous la composons, c’est le seul moyen de la connaître et de faire qu’elle ne nous égare plus, car toute illusion disparaît quand on se comprend.

Je fais une certaine quantité de mouvement pour arriver d’un point d’un corps à d’autres points du même corps, je dis que ce corps est étendu. Que l’on ôte ce corps, il me faudra toujours la même quantité de mouvement pour aller du lieu où était un de ces points matériels à ceux où étaient les autres j je dirai qu’il y a la même étendue, le même espace entr’eux ; seulement, comme je puis me mouvoir en tout sens dans cet espace, ce que je ne pouvais faire avant, j’ajouterai que cet espace est vide au lieu d’être plein , comme je dis d’un coffre qu’il est plein ou vide suivant qu’il y a dedans quelque chose ou rien. Mais un coffre consiste dans les parois qui le composent, indépendamment de ce qu’il renferme , et l’espace n’a point de parois. Or, qu’on me dise ce que c’est qu’un coffre vide qui n’a point de parois, si ce n’est le néant absolu. Aussi avonsnous vu que tant que nous nous mouvons*

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sans résistance, ce que nous rencontrons n’est absolument rien. L’espace est donc la propriété d’être étendue considérée séparément de tout corps à qui elle puisse appartenir : c’est une idée abstraite ; c’est le néant personnifié par la faculté que nous avons de nous mouvoir quand aucune chose ne nous en empêche, quand le rien nous le permet : nouvelle preuve que c’est en nous mouvant que nous découvrons s’il existe quelque chose ou rien autour de nous, autour de notre faculté de sentir et de vouloir.

En voilà assez sur l’étendue : passons à ses conséquences. Plusieurs propriétés générales et communes à tous les corps ne sont que des dépendances nécessaires et immédiates de celle d’être étendu : il suffira de les indiquer. Telles sont celles d’être divisible, d’avoir une certaine forme, d’être impénétrable.

Dès qu’un être est étendu, il est nécessairement divisible, car puisqu’être étendu c’est avoir des parties telles qu’il faille faire un mouvement pour aller de l’une à l’autre, on peut toujours s’arrêter au milieu de ce mouvement, et par là se trouver entre une de ces parties et l’autre, et par conséquent

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