‹ Eléméns d'idéologieChapitre 15 sur 43 · DE LA 80C1ÉTÉ. 7I · texte numérisé non relu

DE LA 80C1ÉTÉ. 7I

qaot manger, et que )e n'ai pas de quoi boire; et que celui avec qui |e traite est dans le cas contraire. Quand nous sommes plusieurs qui nous soumettons à foire un travail quelconque en commun, soit pour nous défendre contre un ennemi, soit pour détruire des animaux malfaisàns , soit pour nous préserver des ravages de la mer, d'une inondatioii , d'une contagion, soit même pour faire un pont on un chemin, c'est l{ue chacun de nous préfère l'utilité particulière qui lui en revient , à ce qu'il aurait pu taire pour lui-même pendant <^ temps, rfons sommes tous satisfaits dans toutes cCs espèces d'échange, chacun de nous trouve son avantage dans l'arrangement proposé.

A la vérité, il est possible que ^ Mans un échange, un des contractans, ou même tous deux, aient tort de désirer l'affaire qn'ih. consomment. Il se peut qu'ifs donnent une chOse que bientôt ils regretteront , pour une chose dont bientôt ils ne se soucieront plus. Il se peut aussi que l'un des deux n^ait pas obtenu, pour ce qu'il sacrifie, tout ce qu'il aui^ait pu prétendre, ensorte qu'il fasse une perte relative, tandis que l'autre fait un gain exagéré. Mais ce sont là des cas particuliers qui ne tiennent pas à la nature de la transaction , et il n'en est pus moins ▼rai qu'il est de Tessencè de l'échange libre d'être avantageux aux deux parties, et que la véritable utilité de la société est de rendre possible entre BOUS une miiltitude de pareils arrangemens.

C'est cette foule innombrable de petits avantagifs particulier sans cosse renaissaos qui compose le

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Uien gênerai, et qui produit à la longue les met* Teilles de la société perfectionnée, .et rimmenae différence que l'on voit entre elle et la société in* forme ou presque nuUe, telle qu'elle existe chez les sauvages. Il n'est pas mal d'arrêter un moment notre attention sur ce tableau, qui ne la fixe pas assez parce que nous y sommes trop accoutumés.

Qu'est-ce en effet qu'offre à nos regards un nays anciennement civilisé? Les campagnes sont dëfri* chées et nettoyées, débarrassées des grands v^étaux qui les ont couvertes originairement^ purgées de plantes et d'animaux malfaisans, et disposées de tous points à recevoir les soins annueb que leur donne le cultivateur. Les marais sont dessécbjés; les eaux stagnantes qui y croupissaient ont cessé de remplir l'air de vapeurs pestilentielles^ des issues leur ont été ouvertes, ou leur étendue a été circonscrite, et les terrains qu'elles infectaient sont devenus d'abondans pâturages ou des réservoirs utiles. Le chaos des montagnes a été débrouillé ; leur .base a été appropriée aux besoins de la culture; leur partie la moins accessible, jusqu'à la région des neiges étemelles, a été destinée à la nourriture de nombreux troupeaux. Les forêts, que l'on a laissées subsister, ne sont point restées impénétrables; les . bêtes féroces qui s'y retiraient ont été poursuivies et presque détruites ; les bois qu'elles produisent ont été extraits et conservés; on a même assujetti leur exploitation à la périodicité la plus favorable à leur reproduction, et les soins qu'on leur a donnés presqiie partout équiTalentàune espèce de cultun^

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et cmt même été portés quelquefois jusqu'à la culture la plus recher«b(*e. Les eaux courautes qui traversent tous ces terrains ne sont point demeurëés non plus dans leur état primitif. Les grandes rivières ont ^té débarrassées de tous les ol)stacle8 qui s'opposaient à leur cours ; elles ont été contenues pSLT des digues et des quais, lorsque cela a été nécessaire^ et leurs rivages ont été disposés de manière à former des ports commodes dans les endroits convenables. Les cours "d'eaux moins considérables ont été retenus pour servir des monlins ou d'autres usines, ou détournés pour arroser des pentes qui en avaient besoin et les rendre p'Toduotives. Sur toute la surface du sol il a été construit, de distance en distance, dans les positions favorables, des liabitations à l'usage de ceux qui cultivent les terres et exploitent leurs produits. Ces habitatiiNPis ont été entourées des clôtiirrs et des plan rations -qui pouvaient les rendre plus agréabh-s et plus utiles. Des ehemins ont été pratiqués pour y arriver et en extraire les protluctions de la terre: Dans les points oîi plusieurs intérêts divers se sont trouvés réunis, et où d'autres hommes sont devenus assez nécessaires au service des cultivateurs pour pouvoir subsis^ ter du salaire de ce service, les habitations se sont multipliées et agglomérées, et ont formé des villa-»ces et des petites villes. Sur les bords déé grandes rivières et sur les côtes de la incr, dans des positions où les relations dcjjJusîeurs de ces villes venaient coïncider, il s'est élevé de grandes citcSs qui «Hé»- mêmes, avec le temps, ont donné naissance à

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. One plas grande encore , laquelle est dercnue leur capitale et leur centre commun, parce «{u'elle s'est; trouvée la mieux placée pour unir toutes les autres, et étie approvisionnée et défendue par elles. Enfin toutes ces villes communiquent entre elles et avee les mers voisines et les pays étrangers, par le moyen de ports, de ponts, de çhausstfes, de canaux, où se déploie toute l'industrie humaine. Tels sont les objets qui nous frappent au premier aspect d'une contrée où les hommes ont exercé toute leur puissance, et qu'ils se sont appropriée de longue main. Si nous pénétrons dans l'intérieur de leurs habitations, nous y trouvons une foule immense d'animaux utiles, élevés, nourris, domptés par l'homme, multipliés par lui à un point inconcevable; une quantité prodigieuse d'approvisionnemens de toute espèce, de denrées, de meubles, d'outils, d'iostru— mens, de vétemens, de matières brutes ou manu-* facturées, de métaux nécessaires ou précieux, enfia de tout ce qui peut servir, de près ou de loin ^ à la aatisfaction de nos besoins. Nous y admirons surtout une population réellement étonnante, dont tous les individus ont l'usage d'un langage perfectionné, ont une raison développée jusqu'à un certain point, ont des mœurs assez adoucies et une industrie assez intelligente pour vivre en si grand nombre près les uns des autres» et parmi lesquels en général les plus dénués sont secourus, les plus faibles sont défendus. Nous remarquons avec plus de surprise encore, que beaucoup de ces hommes sont parvenus à un degi^é de connaissances très -difficiles à acquérir^ qu'ila

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possèdent une infinité d'arts agréables oa utiles, qu'ils connaissent plusieurs des lois de la nature , qu'ils savent en calculer les effets et les foire tour~ Ôbr à leur avantage ; qu'ils ont même entrevu la |>lus difiicile de toutes les sciences, puisqu'ils sont . arrives à démêler^ au moins en partie, les vërita'* > blés intérêts de l'espèce en génénU; et en particu^^j lier ceux, de leur société et de ses membres; qu'en conséquence ils ont imaginé des lob souvent justes, des institutions passablement sages, et créé une. Ibule d'établissemens propres à répandre et à ac- • croître encore l'instruction et les lumières; etqu'enfin , non contens d'avoir ainsi assuré la prospérité intérieure, ils ont exploré le reste de la terre, établi des relations avec les nations étrau-. gères et pourvu à leur sûreté à l'extérieur. ^

Quelle immense accumulation de moyens de bien- ■ être! quels prodigieux résultats de la partie <les travaux de nos prédécesseurs, qui n'a pas été immédiatement nc^ssaire à soutenir leur existence, et qui ne s'est pas anéantie avec eux ! L'imagination même en est effrayée, et elle l'est d'autant plus, que plus on y réfléchit; car il faut encore . considérer que beaucoup de ces ouvrages sont, peu durables; que les plus soHdes ont été renouvelés bien des fois pendant le cours des siècles, et qu'il n'en est presque aucun qui n'exige des soins et . un entretien continuel pour sa conservation. Il faut . uUcrver que, de ces merveilles, ce qui frappe nos r.'^gards n'est pas ce qu'il y a de plus étonnant. C'est > la partie matérielle, pour ainn dire, mais la parti*

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iotettcctueUc, si Ton pent s^exprimer ainsi , est cûcore plus surprenante. Il a toujours été bien plus ilifiicilc d'ap^iremlre et de «léeoutrir, que dVgir en coDséqueDce de ce que l*oa sait. Les premiers pas, surtout dans la carrière de l'invention, sont d'une difficulté extrême. Le travail que l'homme a été obligé de faire sur ses propres facultés intellect ik-I* Iflty l'immensité des i-ecberches auxquelles i! a été forcé de se Livrer, celles des observations qu'il a eu besoin de recueillir, lui ont coûté bien plus de peine et de temps que tous les ouvrages qu'il a pu (exécuter en consi'cfiuence de ces progrès de son espnt. Il £tt»t enfin ivmarquer que jamais les efforts des hommes {wur l'amélioration île leur sort n'ont été à beaucoup près aussi bien, dirigés qu'ils auraient pu J'étre^ que toujours une grande partie de la puissauce btlmaine a été employée à empêcher les progrès de l'autre; que ces progrès ont été troublés et iaterroiùpus par tous lés grands désordres de la na> lure et de la société, et que maintes fois peut-être tout a été perdu et d<Hruit, même les lumières acquises, même la capacité de recommencer ce qut avait déjiiétéfait. Ces dernières considérations pourraient devenir décourageantes; mais nous verrons ailleurs pas combien de raisons noub devons êtitï ras. aurés contre la crainte de pareils malheurs à l'avenir. Nous exammercms aussi jusqu'à quel point les progrès- de i^espèce prise eu masse augmentent le bonheur des iudividus, condition nécessaire pour qu'on puisse s'en féliciter. Mais dans ce moment, qu'il non» suffise d'avoir moMré la prodigieuse puissance qu'ac-

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