DB I^A PRODUCTION
vent; à la vérité elteq Je» icomommimt tout de suite, mais cela ne change pas la thèse. Certainement œ «ont là de singiiUers s^riculteurs et de singulier» producteurs.
. Veut-on n'entendre par industrie agricole <]iie
Fftgricultnre proprement dite? alors eHe n'est pas* la première [dans l'ordre chronologiipie $ car le» hommes sont long-temps pécheurs , chasseurs, pa»* leurs ^ simples yagabonds à la manière dès hrutes» ayant d'être agriculteurs. Elle n'est plus même la aeule industrie productive de matières premières» car nous en «oaployons beaucoup que nous ne loi devons pas. Elle est toujours très- importante sans' doute, et la principale source de nos svdwistances » ai ce n'est pas de nos richesses ; mais elle ne^ peut pas être regardée comme exclaeiveraent pfodnetive.
Concluons que tout travail utile est rëèHenenl productif, et que toute la classe laborieuse de la' société mérite également le nom de productique. La* waie classe s/^/7& est celle dea oisifs , qui né font» rjen que vivre ce que l'on appelle nohlememt jàn'i produit des travaux exécutés avant eux , sovt que ' ces produits soient réalisés en fonds de terre qu'ib • afferment, c'est-à-dire qu'ils- loue-àt à un travail- leur, soit qu'ils consistent en aident ou effets qu'ils prêtent moyennant rétribution, ce qui est encore louer. Ceux-là sont les vraies frelons de la ruche (fruges consumere nati)j à moins qu'ils ne se rei^ dent recommandablcs par les fonctions qu'ils remplissent, ou par les lumières qu'ils répandent} car
06 «Mit là encore des travinis utiles et prodnctenn, quoique d'une utilité qui n*e8| pto immédiate mus le rapport de la richeflàé : nouf en parieroDs dans la suite»
Quand à la elasse laboriense et directement productive de toutes n6s richesses, comme son action aur tous les êtres de la nature se réduit toajoofs à les changer ée forme ou de lieu , elle se partage na« tureilement en deux : les manufocturiers (jxximpris les agriculteurs], qui fabriquent et faconoenti et les eommevçans, qui.transportent, car c'est là la itciîitahle utilité de ces derniers: s'ils ne faisaient qu'achtioc et revendre , sans transporter, sans détailler, sana rien faciliter , ils ne seraient que des parasites incommodes,. des joueurs , des agioteurs. Noos piarlerons bientôt des uns et des autrea, et nous verrons promptement combien notre manière de considérer les choses répand de lumières sur tobte la marche de la socit^té. Pour le moment , il est encore nécessaire d'expliquer un peu davantage en quoi consiste cette utilité, notre, aeole production , laquelle résulte de tout travail bien entendu, et de voir comment elle s'apprécie , et comment elle spuie constitue la valeur de tkmt> ce que nous ajppelons nos richesses.
l^tf Zd wus§uri de i'uUliié, au de*, valeurs,
Gb mot uù'tité a titf« ilpMesAiati >b|m ëtasduey. cau^il est bicfii abstrait ; on p\iÊlsAt >fl <^t bien abstnfit pâme qu'il est atwtrsit d'une tnoltUiklc de signift'^ cstHons différentes. En effet, il e&iste des alilit^ de bien des genres: il y en a de réelles, il yen ad'illa-^ aoires. S'il y en a' de solides, il y en a de Wen fu-» files, et soavent nous nous y trompons loordement* Xèn poari*ais èit^r beaucoup d'exemples, mais il*iœ seraient peut-^trjB pas <h} goût de ton* les lec* > tenrs > iF raut mieux que chacun choisisse ceux qui lai plaisent. En générai on peut dire que toitt ce €ftâ est capabte de procurer un avantage quelcon- , que, même on plaisir frivole , est' tf<iïe» Je crou» tfiie c'eM là la véritable valeur de ce mot; car, iHi définitive, tout ce que nous désirons c'est de multiplier nos jouissances et de diminuer nos souffrances j et certainement le sentiment de plaisir et de satisfKlioii est un bien ; tous les biens ne sont même que celui-là diversement modifié : ce qiii nous ie procare est donc utile.
S'il n'est pas aisé de bien dire ce que c'est que rnlîlfté dent nous parlons, il semble encore bien pk» difficile d'en déterminer les degrés ; car la mesure de l'utilité réelle ou supposée d'une chose est la vivacité avec laquelle elle est déôrée générale-
CJO CffAPITRE •m.
ment. Or, comment fixer les degrés (Fone chose aowi inappréciable que la yiyacttë <ie nos désirs? J^ous avons cependant une manière très-sûre d'y parrenir: c'est d'observer les sacrifices auxquels ces désirs nous déterminent. Si, pour obtenirnne chose quelconque , \e suis disposé à donner trois mesures de blé qui m'appàrtietmeOt/ €lt si , pour en obtenir une atitve, je suie prêt à me déladier de douze mesufcs pareilles, il est évident que je désire cette deiçiiière quatre fois pUis que l'autre. De même si je donne à un homme un saUiire triple de celui que j'offre à un autre , il est clair que je prise les services du premier trois fois plus que ceux du second^ ou que si moi, personnellement) je ne ksesvime pas au* tant, c'est pourtant la videur qu'on leur donne généralement : en sorte que je ne pourrais pas me les precuici* a un -moindre prix; et puisque enfin je£us ce sacrifice librement , c'est une p^uve que ce qui eo est l'objet le mérite ,■ même pour moi.
('Dans l'état de société, qui n'est qu'une suite continuelle d'échanges, c'est ainsi que se déterminent les valeurs de tous les produits de notre in'dostrie. Cette fixation, sans doute, n'est pas toujours fondée sur de bien bonnes raisons; nous somines souvent de très^mauvais appréciateurs du yrai mé- . rite des choses ; mais enfin , soua le rapport de la richesse , elles n'en ont pas moins la valeur que leur assigne l^opinion générale. D'où l'on voit, soit dit eu passant , que le plus grand producteur est celui qui exécute le travail le plus chèrement paye; peu importe que ce travail soit du ressort de l'ixidusirie.
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agrîcdlèf, ou dé ^industrie manuÊtctnriére, ou de rindastrie commerçante; et d'où l'on voit encore" qtfe de deux nations, celle qui a plus de richesses et de jouissances est celle dont leâ ouvriers sont-leb ' plus laborieux et les plus habiles dans chaque geùre, ' ou s'adonnent aux genres de travail les plus fructueux, ih un mot, ceHe dont les travailleurs produisent le plus de valeurs dans le même temps.
• Ceci nous ramène au- sujet que nous avons déjà «rom.mencë à traiter dans Flntroduction^ paragra* phea ni et iV. Noti'e seule propriété originaire, ce • sont ïios forces physiques et intellectuelles. L'em-* pibi de' nos forces, notre travail, est notre seule richesse primitive. Tous les êtres existans dans la bohtitre, susceptibles de nous devenir utiles, ne le sont' pas encore actueHement : ils ne le deviennent ^e > par l'action que nous exerçons sur eux, que par le travail plus ou moins grand, on trés-sim|^, ou trcK-compliqué, que nous exécutons pour les couver-^ tir à notre usage. Ils n'ont de valeur pour nous et ' parmi nous que par ce travail et à proportion de ' son succès. Ce n'est pas à dire que s'ils soilt déjà devenus la propriété de quelqu'un, il ne faille commencer par faire un sacrifice pour les obtenir de lui avant d'en disposer; mais ils ne sont devenus la propriété de quelqu'un que parce qu'il y a précédemment appliqué un travail quelconque, dont les conventions sociales lui ont assuré le fruit. Ainsi ce sacrifice même est le prix d'un travail ; et antérieurement à tout travail , ces êtres n'avaient • aucune valeur actuelle, cl celle qu'ils ont ,^1» ne la '
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tiennent jamais que d'un emploi f]iieU;i|^qtie de nos .foKCPs dont ils ont été l'objet.
Cet emploi de nos forces , ce trayail» nous l'ayons Yû encore.! a une yaksmi JoatuceUe et nécessaire , Bjgas quoi il n'en aurait jamais eu une artifièieUe et conventionnelle. Cette valeur nécessaire est la somme des besoins indispensables dont la ^tisfac-^ tiouest nécessaire à rexisteace.de celui qui exécute ce travail ^pendatit le temps qu'il l'exécute. Mais, ici oîi nous ^Mrions de la yaleur qui résulte des transactions libres de la société, on voit bien qu'il s'a^ git de la valei^; conventionnelle et vénale, de celle que l'opinion géuérale attache aixx choses, à tort ou à raison. Si. elle est inférieia« aux besoins du travailleur, il faut qu'il se livre à une autre industrie, OH il s'éteint $ si elle leur est strictement ^ale, il subsiste avec peine; si elle leur est supérieure, il s'enricbity pourvu toutefois qu'ail soit économe. Dans tous les cas, cette valeur conventionnelle et vénale est la véritable sous le rapport Je la richesse; elle est la vraie mesure de l'utilité de la production, puisqu'elle en fixe le prix.
Cependant cette valeur de convention, ce prix vénal , n'est pas uniquement l'expression de l'estime qu'on fait généralement d'une chose. Elle varie sui^. vant les besoins et les moyens du producteur et du consommateur, de l'acheteur et du vendeur; car le produit de mon travail m'eut-il coûte beaucoup de peine et de temps, si je suis pressé de m'en dé- Êûre, s'il y en a beaucoup de semblables à vendre, ou si l'on a peu de moyen de le payer , il faut bien