AVERTISSEMENT
On a vu au commencement de Pldéologîe proprement dite, et à la fin du dernier chapitre de la Logique, tin tableau qui présente le. plan à^ Éléments d'Idéologie , tels que je conçois qu'ils dèvVaierit être pour donner une connaissance entière de nos facultés intellectuelles , et pour faire so^rtir de cette connaissance les premiers principes de toutes les autres branches de nos connaissances, qui ne àauraient'îàmais avoir d'autre base vraiment sofide. On à vu que )€ partage ces Elémens en trois sections. La 'première est proprement V histoire de nos moyens de connaître , ou de cfè qtfé l'on appelle communément nor/^ entendement, La seconde est l'application de cette étude à celle de notre volonté et de ses effdts ; et elle complète rhist6ire de nos facultés. La troisicjipé est l'application
de cette cpnnaiissaace de nos facultés k Pétudd des êtres qui ne sont pas/zow^j c'està-dire de tous les éir^s-qui nous environnent. Si la seconde section est l'introduction des sciences noiorales et politiques ^ la troisième est celle des sciences physiques et inathéaiatiqi^ies ^^et toutes deux, préce'dées de l'examen sçri^fpuleux de la nature de notre certitude etd^s causes de nos erreurs^ me paraissent former un ensemble respec^ table et composer ce que l'ofi doit réelle-' ment appf&ler la philosophie première^ Je crois mêmie l'avoir prouva dans le chapitre lieuvième de ma Logique.
Si je lie puis me flatter d'am^ener à sa perfection un si important ouvfQge , ys veux. du moins y contribuer autant que cela est en mon pouvoir , et j'espère y servir , pe^t-4tre n^me par les laites dont }e n'aurai pu me pre'server. Mes trpis prexniers traite's, Idéologie, Grammaire., Logique , con^posent la première section ou rhrstoire de nos moyens de conujlhître.
AV£RT|SâSM£I<rT. IX
Aujourd'hui \e vais commencer la seconde^ ou le Traité de la volonté et de ses effets.
Ce Traifé doit en contenir trois : la première , qui traite de nos actions; la seconde^ qui traite de nos sentimens; et ia troisième, qui traite de la manière de diriger nos ac~ tions et nos sentimens. Ces trois parties sont très-^distinctes au fond , quoique très-^ liées entre elles ^ et )e serai attentif à ne les point confondre , malgré les nombreux rapports qui les unissent , et à me préser* ver le plus possible de toute redite.
Mais on sent bien qu'il y a des considé-*rations générales qui leur sont communes, et qu'avant de parler des effets et des con*^ séquences de notre faculté de vouloir et de la manière de les diriger , il faut parler de cette faculté elle-inême. Ce sera l'objet d'un discours préliminaire, composé de sept^ chapitres ou paragraphes. Je crains qu'ils ne paraissent trop abstraits , et que bien des lecteurs ne s'impatientent d'être retenus si long^temps dans des généralités.