‹ Eléméns d'idéologieChapitre 43 sur 43 · CHAPITRE PREMIER , page SSy · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER , page SSy

Idèe& prêlimiTUtires:

Cette cinquième partie des Elërocns d'idéologie*, la seconde du Traité de la volonté, doit traiter de la morale j c'est-à-dire de l'histoire de nos affections, sentimens ou passions.

Je veux montrer leur naiire, leurs effets, leurs conséquences. D'autres leur, prescriront des règle».

Nous ayons dit, dans le volume précédent , que la faculté de vouloir éUit la .faculté de préférer une chose à«ne autre , et que cette facultdétait la soarce

de tous DOS désirs j qui sont nos èesoins'^et de toute^ nos actions volontaires , qui sont nos moyens de pourvoir à ces besoins. Puis nous avons examiné ces actions. ^

Ces actions paraissant efifectivement les effets de nos volontés , puisqu'elles s'ensuivent constamment Cependant il n'est pas prouvé que ces volontés en soient les causes efficientes.

Il est au contraire très-difficile de concevoir comment le désir vague de faire un mouvement presque toujours très- compliqué pourrait être la cause réelle de ce mouvement, taudis que nous ne savons ni comment iil s'opère, ni par quels moyen^de dé-^ taib il a lieu.

Cela est également incompréhensible, soit que nous ayons une âme, soit que nous n'en ayons pas.

Cela serait encore plus incompréhensible dans les animaux les plus imparfaits. Si l'on voulait que leur volonté fût la cause réelle de beaucoup de choses qu'ils exécutent, il faudrait leur accorder des acuités intellectueiles tréft-supérieures aux nôtres. J'en cite plusieurs exemples.

Il me paratt plus raisonnable de croire qu'ils sont des înachid^s montées pour produire certains effets, ce qui n'empêche pas de leur accorder la sensibilité et la (^/«n^^ ^ puisqu'ils les manifestent. *♦*

W me parait vraisemblable de croire que chez eux et chez nous il s'opère certains mouvemens intérieurs que l'jndivîdu igoore, qui produisent en liû le» phénomènes de sentir et vouloir , et qai pro-

EXTRAIT RAISONNÉ. Sgg

luisent en même temps les mouyemens ejLtérieui^s )ui paraissent suivre de ]a volonté , en sorte que ces livers mouvemens se auiTent et s'enchaînent nécessairement, comme tous ceux qui fiervent à la nutrition de rétre vivant, auxquels sa volonté n'a point de part.

C'est , je pense, ainsi que Toi^ doit entendre Thar* monie préétablie de Leibnitz , et dans ce sens elle me paraît une très-belle idée.

Cette opinion ne rend point nos actions dites volontaires plus nécessaire que da.na tout autre systè* me^ pubque la volonté, ne pouvant naiUfi sans motifs, naU elle-même nécessaixemâiiL

Cette nécessité unfvenelle qui est démontrée, et contre laquelle on se révolte sans moyens comme sans motifs, ne conduit poipt à Timmoralitëet n'^^te rien au mérite et au démérite de nos actions et de nos sentimens.

Il faut les juger par leurs efi^s , e^on par leurà causes.. Tout ce qui tend au bien est louable et vertueux ; tout ce qui tend an mal est vicieux et ré~ préhensible : voilà la base de toute moralité.

Au reste, la question é[ue nous tenons de traiter est plus curieuse qu'immédiatement utile. Quelque parti que Ton pre|ine, on peut toujours parler de nos volontéi comme des causes de nos actions volontaires , puisque ces actions les suivent toujours quand rien ne s'y oppose. C'est ce qui fait que je n'ai pas placé cette discussion dans le Discours préliminaire du Traité de la volonté. Je ne voulais pas.

400 EXTRAIT RAISOlfIfÉ.

commeiieer pur une idée qui pouTaifc puattse bi-

Rerencn» i ht morale, «fest-à-dire à l'étade de nos yéritables et solides intérêts.

La philosophie doit toujours s'appuyer sur h physiologie*

Les p&ysiologistes reconnaissent dans l'homme la YÎe organique ou ijUérUun^ et la vie animale oh extérieure,

La première se compose dcs-fonotieDs de conservation, et la seconde consiste dans lesibnctions di relation. C'est la première qui est lé pins indispensable, et qui existe même dans les y^étauz.

Le^nerf grand sympathique est le foyer principale de la vie intérieure, et le cenreau est le Genti« commande la vie de r^ation et l'organe spécial de lapensée»

En général, les fonctions des oigapes animés par le grand' sympathique sont ind^ndantes de notre ▼olonté , et celles émanées du cerveau sont '^lontaires; mais souvent l'action de ces deux principes se mêle , et même , dans certains jcas-^ le grand symr pathique supplée au ceryea».

Noos, avons des sentimens et des besoins relatifs k ces deux ordres de fonctiops.

Le sentiment de personnalité naît nécessairement de la vie de coneervaiion* \

Lé besoin de sympathiser ne dérive pas moins nécessairement de la vie de relation. t\ parait méms général dans- toute la nature amm^v

EXTRAIT RAISONNÉ. 4o'

L'an nous met adayent en opposition ayec nos semblables; Tautre »|os en rapproche toujours.

Celui-ci est la source de toutes nos passions bienveillantes; Vautre la cause pi^emiére de toutes nos passions haineuses.

Nous ne pouvons nous défaire ni de l'un ni de l'autre. U faut donc les concilier. C'est l'effet de la j ustiœ , c'est-à-dire de la raison.

Examinons nos diverses passions. Commençons par les passions bienveillantes , et d'abord par la plus pr^ense de tontes, Vumow,

FHÏ.

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