CHAPITRE IL De V Amour
L^amonr était ua dieu dans les tenapc héroïques; On en 'fait un démon ches not Yib fanatitiues.
T0LTA.IRB.
fi'EK faisons ni un dieu ni un diable. L'un appartieni à la raison naissante , l'autre à la raison ^arée. Ne voyons dans l'amour que ce qu'il est, Ii plus précieuse de nos afiections ; et évitons en en parlant toute licence, toute fadeur, toute fiumeor pëdantesque, tout entbiousiasme.' Le besoin de la lepcoduction, au moins dans l'espèce humaine, est le plus violent de tous quand il se fait sentir dans toute sa force. Il fait taire, dans *cer tains momens, même celui de la conservation. La raison en est simple. Les organes destinés à le satisfaire sont si éminemmqpat sensibles et ont des rapports si nombreux avec tous les autres , et notamment avec l'organe cérébral, que leur action absorbe toute la puissance sensitive de l'individu. Aussi leur plos ou moins d'énergie a la plus grande influence sur le caractère et sur le tempérament, et leurs lésions portent le trouble dans toute l'économie animale et jusque dans les fonctions intellectuels.
D'ailleurs tous nos autres besoins peuvent se faire sentir dans les différens états de noire être ,
DE l'amour. 595
SU santé comme en^ maladie; ils nous causent même te plus souvent un. senliment de détresse ou de dë~ raillaace* qui atteste rkisuffisance ou même la prostration de no» forces. Celui de la refiroduotion au contraire ne bous saisit que quand toutes nos facultés ont le développement le plus heureux et dans lesinstans de notre plus grande Vigueur. II nous en donne la conscience; il Texalte encore. C'est pour cela que ceux chez qui il est le plus fréquent et le plus dominant sont en généwl prompts* et déterminés.^ et c'est sans doute aussi , pour le dire^en passant, lairaiscm secrète, et peut-être inaperçue par elles , pour laquelle les femmes aiment tant les. hommes audacieux et braves (1). Npus ne devons donc pas être surpris de toute l'énergie d'un tel besoin-, "^etr qu'il soit plut6t une fureur qu'un désir. Gependadif ce désir si véhément n'est point encore l'amour ; il n'en est qu'une partie , et pour ainsi dire la base.
li'amour n'est pas seulement un besoin physique. ' C'est une passion, un sentiment, an attachement d'.individu à individu. Même dans les être», dont le
(i) Il en est de même dos femelles de beaucoup d^animanx. Ilest yisible que ce n^est pas uniquement par force que les povies et les biches se-sonmetlent an vainqueur. Elles font plus : elles se promènent , elles se parent pour animer les conbattans. C*est toat comme dans nos romans et nos po^m^.
Imoar tu perdis Troie ! ! !
dit laFontune à prppos d^nn.coq. Il a raison, et il a yicn. spuTCBl cdUe r^uK>n fino t profonde et graoiense.
594 CHAPITlve II.
moral est le moins développe , et jusque dans beaucoup d'animaux , il vitale préférence, il n'est pas too)oar8 déterminé par la seule beauté : le plaisir d'aimer et d'être aimé y a autant ou plus de part que celui de jouir (i). La preuve en est que U jouissance forcée est très-imparfaite; elle est même physiquement pénible; et la jouissance trop partagée ou trop facile est sans saveur, parce qu'elle ne prouve pas le sentiment. Le consentement est donc un d« B/n charmes , la sympathie un de ses plus grands plaisirs. Chacun sait que tout cela est d'autant plus vrai que les idées sont plus multipliées et plus étendues /et les sentimens plus délicats et plus fins. Qu'est-ce donc que l'amour dans l'homme ayant atteint tout son développement? C'est l'amitié embellie par le plaisir; c'est la perfection de l'amitié. C'est le sentiment par excellence auquel concourt toute notre organisation, qui emploie toutes nos facultés, qui satisfait tous nos désirs, qui réunit tous nos plaisirs; c'est le chef-d'cçuvre dt notre être.
C'est pour cela même qu'on en a fait un dieu on un démon , et qu'on en a presque toujours mal raisonné. On parle difficilement de sang-froid d'une si grande puissance. Quand
(i) Mëdor Remporte sur Roland , st fi>rce et |luire. Autre homme aJmir«ble que PAriostc!!
même ta