CHAPITRE XIT
rien au-clelà ; que quand il pousse contre un mur ou contre un fardeau, il réagit contre le terrain sur lequel il s'appuie avec une force égale à celle qu'il applique à la résistance ; qu'il en est de même quand il soulève un poids; qu'enfin il n'agit jamais que comme poids, ou comme ressort, ou comme levier, à la manière des êtres inanimés, et qu'il ne crée proprement aucune force nou velle. Cependant, il n'est pas moins certain qu'un corps vivant n'a pas besoin de l'application immédiate d'un corps étranger pour être mu, et que bien qu'il lui faille un point d'appui pour opérer un effet quelconque , et qu'ainsi son action ne soit qu'une réaction, il a au -dedans de lui le principe de cette action.
Il y a plus; l'expérience prouve aussi que nos muscles, dans l'état de vie, soulèvent des poids de beaucoup supérieurs à ceux qui seraient capables de les déchirer dans l'état de mort. C'est donc quelque chose que la vie; c'est elle qui fait aussi que tant qu'un corps en est doué, il a la force d'assimiler à sa substance les corps avec lesquels il est en contact d'une manière convenable, tandis que dès qu'il est mort, ce sont tous les
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élémens qui le composent qui se dissolvent^ se séparent , et vont former de nouveaux mixtes avec les êtres environnans, suivant de nouvelles lois d'afîînités. Cette force vitale, nous ne savons pas en quoi elle consiste; nous ne pouvons nous la représenter que comme le résultat d'attractions et de combinaisons chimiques, qui, pendant un temps, donnent naissance à un ordre de faits particuliers, et bientôt, par des circonstances inconnues, rentrent sous l'empire de lois plus générales, qui sont celles de la matière inorganisée. Tant qu'elle subsiste, nous vivonSy c'est-à-dire que nous nous mouvons et que nous sentons.
Cette force vitale produit donc la faculté de faire des mouvemens ; mais comment s'exécutent ces mouvemens? c'est ce que nous ignorons. Nous savons bien que les muscles sont ceux de nos organes qui en senties instrumens immédiats, et que quand une partie quelconque de notre corps se meut, c'est par l'eifet de la contraction du muscle qui l'attire de ce côté; nous savons encore que si ce muscle se raccourcit, c'est par l'affluence des liqueurs dans les nombreux vaisseaux qui l'arrosent, lesquels se