CHAPITRE II
Elle ne se manifeste pas de même dans les végétaux 5 mais aucun de nous ne pourrait affirmer qu'elle n'y existe pas, ni même dans les minéraux; personne ne peut être certain qu'une plante n'éprouve pas une vraie douleur quand la nourriture lui manque, ou quand on l'ébranche; ni que les parti-, culesd'un acide, que nous voyons toujours disposées à s'unir à celles d'un alkali, n'éprouvent pas un sentiment agréable dans cette combinaison. Je ne veux point par cette observation vous induire à supposer la sensibilité par tout où elle ne paraît pas; car , en bonne philosophie , il ne faut jamais rien supposer; mais je sais que nous sommes dans une ignorance complète à cet égard. Quan-t aux motif que nous aurions de former une conjecture plutôt qu'une autre sur ce point, ils ne sont pas de mon sujet ; je les passe sous silence.
Si nous ignorons l'énergie et les limites de la sensibilité dans tout ce qui n'est pas nous , du moins nous savons un peu mieux par quels organes elle agit en nous. Je n'entrerai point ici dans des détails physiologiques; on a dû déjà vous donner une idée générale de notre organisation , et vous en
fere2 quelque jour une étude plus approfondie : il me suffira de vous dire aujourd'hui que mille expériences directes prouvent que c'est principalement par les nerfs que nous sentons. Ces nerfs, dans l'homme, sont des filets d'une substance molle , à peu prés de même nature que la pulpe cérébrale; leurs principaux troncs partent du cerveau, dans lequel ils se réunissent et se confondent; de là , par une multitude de ramifications et de subdivisions qui s'étendent à l'infini , ils se répandent dans toutes les parties de notre corps, où ils vont porter la vie et le mouvement.
Nous recevons par les extrémités de ces nerfs , qui se terminent à la surface de notre corps, des impressions de diffërens genres, suivans les diffërens organes auxquels ils aboutissent.
Ceux qui tapissent les membranes de l'oeil sont susceptibles de certains ébranlemens qui nous donnent les sensations de la clarté et de l'obscurité , et de leurs différens degrés , celles des couleurs et de toutes leurs nuances : ce qui constitue le sens de la vue.
Ceux qui garnissent l'intérieur de la bon-