CHAPITRE VIL
De r Existeiïcéé
Tout ce que nous avons dit jusqu'à présent est l'his» toire de nos modifications intérieures, des créations de notre pensée, abstraction faite de ses relations avec tous les êtres qui ne sont pas elle, et de la manière dont elle apprend l'existence de ces êtres.
Il nous reste maintenant à trouver comment nonè avons été conduits à juger que nos sensations sont occasionnées par des êtres qui ne sont pas nous, et si nous avons raison de porter ce jugement.
Il n'y a pas de doute que nos sensations internes ne nous apprennent rien que notre propre existence.
Il en est de même sans contredit des saveurs, des odeurs et des sons.
DE l'idéologiî:. 4di
On en doit dire autant de^ sensations visuelles ; tar, indépendamment de beaucoup d'autres raisons, comme il est constant que Ip même être produit sur notre œil des impressions différentes suivant les circonstances, les positions et les distances, il qst:nianifeste que ce n'est aucune de ces impressions qui nous apprend l'existence réelle e.t .permanente de cet être,; ,
Les sensations tactiles que nous éprouvons sans faire nous-mêmes aucun mouvement, n'ont pas plus de pouvoir à cet effet que les précédentes; comme;, el lesy elles nous font bien senfir' notre sensibilité ,,not»ë. propre existence; mais -elles ne saur4ienî,,wiis:.,âpr4 prendre ce qui la met en.je». . ^ : -.-nîrae r.miii
La sensation que nous éprouvons lorsqu'un de nos membres s'agite fortuitement, paraît,, au premier co^pi d'œil, plus propre à nous inst?:qiî:e,siîr ce pçint; çatquand elle cesse par l'effet ^'un obstacle,, sommes avertis : cela est vrai -, cependant rien ne nous indique encore ni pourquoi elle ces&e;,. ni ce qui ,s'y, oppose, ni si nous avons des jççmbjrçay nilce queic^esi;que leur mouvement. r ..^i, . ..^
Mais si à cette sensatioîi de nïouysoieftt iHQUâ;;ajou-. tons la condition qu'elle eoij: •y.^lonta.ire, ^itVI]Q;âoit accompagnée .du désir derrl'éprouver, encQr:@i,' ,no»s sommes sûrs.j lorsqu'elle .cesse , que . ce B'çst ;;pasi -de notre fait. Nous^ sommes iÇ^rtains en iJiême.tqjîips ^Q l'existence de nç^s qui voulons et d^s^eelle.dç qijj^lque chose qui résiste; , ou si nous n'apeycevons pas dès le premier instant cette seconde existejace, bientôt une foule d'expériences nous en assure, en nous montrant que beaucoup d'impressions de différens genres cessent constamment quand ce sentiment de résistance s'éya-
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40i ElCTRAlT RAISONNÉ
nouit, et reparaissent de même dès qu'il se reproduit ; caf alors nous jiigeôns avec sûreté que ces impressions Sont autant d'elFeta des qualités de cet être dont la principale propriété est toujours d'être résistant à notre désir d'éprouver la sensation de mouvement. . En un mot , quand un être organisé de manière à vouloipet à agir sent en lui une volonté et une action , et eîi même temps une résistance à cette action voulue et -sè!ntilei il est assuré dfe son existence et de l'existefic^^de quelque cliose qm li'est pas lui. Jctionvou- Me et sentie à' une part , ét résistance de l'autre , voilà le lien 'entre notre moi et les autres êtres; entre les êtres sentans et les êtres sentis. ^ - "
Il sùit'de là que si la matière avait été non résistante nous n'aurions- pu éprouver aucune sensation, et quand nous en àut-iond éprouvé, nous n'aurions pu connaître- que not^e-ptepre existence; et que même la matière étant douée dé résistance au mouvement, un être tîui ne fei-ait paint de mouvement , ou qui en ferait ^sans le sentir et té Vôuloir , ne connaîtrait encore rien hors de lui.
Enfe, il 'sutrde: là encore qu'un être totalement îttïmatériel et s à*]s organes ne pourrait rien connaître qm AnMme, '^t que nous , si nous' n'étions pas, a\i moins eh partie, ce^mposés de matière', noiis ne pourrions pas penser comme noùs faisons , et nous ne saurions l^ien de tout ce que abus- savons; - '^ ' '-'^ '