CHAPITRE Vril
Comment nos Facultés intellectuelies commencent:-
elles à agir?
Ce chapitre est destiné à réfuter une opinion que l'ai émise autrefois. Je àisa,\3 , tant que nous ne con-
Di2 L'idéologie. 4o5
^naissons que l'existence de notre iuoi sentant, toutes nos perceptions se confondent nécessairemeait les unes dans les autres à mesure qu'elles nous arrivent. Plusieurs simultanées ne nous paraissent qu'une ; nous n'avons aucun moyen d'en distinguer nettement deux en même temps. Donc nous ne pouvons porter aucun jugement, encore moins former des désirs, encore moins exécuter des mouvemens en vertu de ces désirs. Tout cela supposé vrai , il s'ensuivrait que si des mouveniens volon-taires étaient nécessaires pour nous apprendre l'existence d'êtres autres que notre moi, nous ne l'apprendrions jamais. Aussi , quand je pensais ■ainsi je croyais en même temps que des mouvemens fortuits étaient suffisans pour nous faire découvrir l'existence des corps.
Aujourd'hui je crois que des mouvemens voulus peuvent seuls nous conduire à cette connai5sarice'; mais en même temps il me paraît prouvé par la thé&rie «tpar les faits, que, par cela seul que nous percevons une sensation, nous pouvons porter au moins le jugement qu'elle est agréable ou désagréable d'une cer^ îaine manière, et^ par conséquent former le désir de l'éprouver ou de l'éviter; et qu'ainsi, sans connaître d'autre existence que celle de notre moi sentant nous pouvons concevdik-^'le désir d'éprouver la sensatidn de mouvement.
Donc aussi la simple sensation, le seul sentiment de notre moi sentant d'une certaine manière, la seule conscience de notre existence sentante , suffit pour faire naître souvenirs , jugemens et désirs , pour mettre en action la mémoire, le jugement et la volonté.
Ce 2
4o4 EXTRAIT RAISONNÉ