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CHAPITRE XII

De la Faculté de nous mouvoir , et de ses rapports avec la Faculté de sentir.

Ici commence un nouvel ordre de choses. Jusqu'à présent nous avons examiné la pensée en elle-même, séparée des autres propriétés de nos individus, et pour ainsi dire abstraitement. Maintenant il faut la considérer dans ses relations avec notre organisation, et sur-tout comme unie à la faculté de nous mouvoir.

C'est par le moyen de nos nerfs que nous sentons, c'est par celui de nos muscles que nous nous mouvons. Comment s'opèrent ces deux effets? Nous l'ignorons.

Nous savons bien qu'il ne se produit en nous aucune force nouvelle, c'est-à-dire que quand nous faisons un effort quelconque , nous n'agissons contre l'obstacle que comme poids , ou comme ressort, ou comme levier , à la manière des êtres inanimés ; mais il n'en est pas moins vrai que , tant que nous vivons , nos muscles sont capables de soulever des poids dont une portion suffirait à les faire rompre dans l'état de mort, et que notre corps assimile à sa substance les corps avec lesquels il est en contact, tandis qu'après la mort ce sont tous les élémens qui le composent qui se dissolvent et se séparent, et vont former de nouveaux mixtes avec les corps environnans.

C'est donc quelque chose que la force vitale. Nous pouvons nous la représenter comme le résultat d'attractions et de combinaisons chimiques qui , pendant

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«n temps, donnent naissance à un ordre de faits particuliers , et bientôt, par des circonstances inconnues, rentrent sous l'empire de lois plus générales, qui sont celles de la matière inorganisée. Tant qu'elle subsiste, nous vivons , c'est-à-dire que nous nous mouvons et que nous sentons.

Il s'opère beaucoup de mouvemens en nous san« que nous en ayons la conscience, sans qu'ils nous causent la' moindre perception ; mais nous ne pouvons avoir aucune perception sans qu'il s'exécute quelques mouvemens dans nos organes. Ainsi, l'action de sentir est un effet particulier de l'action de nous mouvoir.

Nous en devons conclure que , quoique nous ne puissions pas déterminer la différence de chacun de nos mouvemens nerveux , quoique nous ne puissiofls en voir aucun , cependant toutes les fois que le même •nerf nous procure une sensation différente , il faut quil ait éprouvé un ébranlement différent, et qu'il se passe en lui et dans l'organe cérébral un mouvement particulier ; et aussi que chacun ^e nos nerfs a une manière d' être nm et d'agir sur le cerveau qui lui est propre , puisque toutes les impressions produites -diffèrent etitr'elles plus oU moins. On voit quelle quantité prodigieu8;e de mouvemens divers s'opèrent en nous j sans compter même tous ceux, très-nombreux aussi /qui ne sont la source d'aucune perception, ; ■u-.Ci;> CHAPITRE XIII.

Ùe f influence de notre Faculté de vouloir sur celle de nous mouvoir et sur chacune de celles qui com-^ posent la Faculté de penser.

Tous ces mouvemens sont soumis à notre voïoiité à. des 'degrés différens , c'est-à-dire sont plus ou moia»

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dépendans de ceux qui produisent en nous la percep». tion d'un désir.

Ceux qui ne sont la source d'aucune perception , qui sont absolument inaperçus , sont par cela même totalement indépendans de notre volonté, c'est-à-dire de notre désir de les eiFectuer.

Ceux dont il résulte des sensations internes ou externes , nous ne pouvons pas faire qu'ils existent en nous indépendamment de leurs causes , ni que l'impression que nous font ces causes soit autre qu'elle n'est ; seulement nous pouvons faire des actions qui nous mettent dans le cas d'éprouver ou d'éviter cette impression, et qui la fortifient ou l'atténuent. ;

Il en est de même de ceux dont résultent des souvenirs , à la différence près que souvent, par l'effet de notre désir, les souvenirs nous viennent.

Ceux dont résultent des jugemens sont dans le même. cas. Un jugement naît nécessairement des .impressions qui en sont l'objet ; mais ces impressions, il est jusqu'à un certain point des moyéns- de les éprouver ou de les éviter à volonté. ■

Quant aux mouvemens dont l'effet est je déplace-^ ment de quelques-uns de nos membres , ils sont souvent dépendans de nos désirs, quoique les riioyens .par lesquels ils s'opèrent nous soient inconnus.

Enfin, les mouyemens internes dont résultent nos désirs, ne sont pas soumis à nos désirs eux-mêmes* Ceux-ci ne peuvent ni faire ni empêcher ^ que ces mouvemens naissent, ni changer leur effet; mais comme ils sont le produit d'impressions antérieures sur lesquelles notre volonté a l'espèce d'action que nous venons d'observer, il e'en.suit que des désirs pré-

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cédens influeut médiatement sur des désirs subséquens. C'est pour cela que nous avons raison d'attacher à la volonté de nos semblables l'importance que nous lui accordons, et d'employer les moyens dont nous nous servons pour agir sur elle.

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