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CHAPITRE XI

Réflexions sur ce qui précède, et sur la manière dont Condillac a analysé la Pensée.

Voilà donc qu'au moyen des quatre facultés élémentaires que nous avons reconnues dans la faculté de penser, nous avons démêlé nettement, Comment nous connaissons notre existence. Comment se forment toutes nos idées composées , Comment nous sommes assurés de l'existence des êtres qui les causent,

Comment nous découvrons les propriétés de ces êtres ,

Comment nous mesurons leurs effets ,

Et pourquoi les uns sont plus difficiles à apprécier et à calculer que les autres.

Nous sommes donc en droit d'assurer que nous avons bien analysé la pensée et que nous l'avons décomposée dans ses véritables élémens. Cependant montrons encore, par quelques exemples, que certaines facultés qu'y ont reconnu d'autre? analystes, -ou ne

DE l'idéologie. 4ii

sont point des facultés , ou sont composées de celles que nous avons regardées comme élémens primitifs.

L'attention , par exemple , c'est l'état de l'homme qui veut sentir, juger ou agir; c'est un effet de la volonté ; mais ce n'est point une faculté ni une perception particulière.

Il en est de même de la comparaison. Comparer deux idées , c'est les sentir toutes deux ou sentir leur rapport ; c'est sentir ou juger.

La réflexion, c'est l'état de l'homme qui se sert de sa sensibilité et de sa mémoire pour arriver à porter un jugement.

Le raisonnement , c'est la répétition de l'action de juger.

U imagination ,àaxis le sens d'invention, c'est l'emploi de toutes nos facultés intellectuelles pour former de nouvelles combinaisons.

U imagination , dans le sens de mémoire vive qui prend ses souvenirs pour 4es impressions actuelles et réelles , c'est la mémoire unie à un jugement erroné.

La réminiscence , que l'on fait consister à avoîi: des souvenirs et à sentir que ce sont des souvenirs , c'est encore la mémoire unie à un jugement, mais à un jugement vrai.

Enfin , toutes les passions sont de pures affections , de simples sensations internes , ou ces sensations unies à un désir, et quelquefois à un jugement.

Sans multiplier davantage ces citations , concluons de nouveau que penser n'est rien que sentir, et se réduit à sentir des sensations proprement dites, des souvenirs , des rapports et des désirs.

Mais si c'est-là une vérilé; comme, j'ose le croire,

4l3 EXTRAIT RAISONNÉ

comment se fait-il qu'elle ait été méconnue jusqu'à présent et qu'elle ait été difficile à observer? C'est-Ià ce qu'il s'agit de trouver.

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