‹ Élémens d'idéologie. [electronic resource]Chapitre 88 sur 192 · JN · texte numérisé non relu

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taines limites, et en ayant égard à une foule de considérations.

Prenons pour exemple la lumière. Sa vitesse, sa direction, ses réfractions, ses réflexions, la divergence et la coïncidence de ses rayons, tout cela peut se mesurer rigoureusement, et l'on en peut conclure avec certitude les points où ces rayons doivent se rencontrer, les effets qu'ils doivent produire, la grandeur et la position des images qu'ils doivent former, etc.; mais on ne peut pas de même apprécier les rapports des couleurs entr'elles. On peut bien dire que l'une est plus vive que l'autre; que le bleu et le jaune réunis font du vert; mais comment apprécier leurs nuances? comment évaluer la quantité qu'il faut de deux d'entr'elles pour en faire une troisième? Les mesures manquent ; il y a du vague.

11 en est de même des sons ; la vitesse de - leur propagation, leur direction, leur réflexion, la dispersion ou la concentration de leur force qui en résulte , se déterminent avec facilité et sûreté : cela se rapporte aux propriétés de l'étendue ; mais les rapports harmoniques de ces sons entr'eux, nous ne pourrions pas plus les préciser que ceux des

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couleurs, si nous n'avions pas découvert qu'ils sont proportionnels à la longueur des cordes qui les produisent, à la durée de leurs vibrations. Par là les voilà ramenés à des mesures d'étendue, et ils se calculent rigoureusement.

La même chose se remarque dans toutes les parties de la physique. Toutes les fois que nous pouvons peser ou mesurer, estimer en poids ou en volume un être ou un effet quelconque, nous avons l'expression précise de leur quantité, parce qu'elle est rapportée à l'étendue j quand nous ne le pouvons pas directement , nous y arrivons encore si, par un artifice quelconque, nous faisons que leur existence se manifeste par quelques mouvemens opérés dans l'étendue. C'est ainsi que nous évaluons l'électricité d'un corps par les degrés de l'électromètre; sa chaleur , par ceux du thermomètre ou du pyromètre ; son humidité, par ceux de l'hygromètre. En effet, les parties des mouvemens de ces machines sontbien comparables entr'elles ; il n'y a pas là d'ambiguité ; la seule incertitude qui nous reste est de savoir si ces portions de mouvemens sont bien proportionnelles à la quantité des matières me-

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s^rées (l'électricité, le calorique et î'ean), et à leurs autres effets. Prenons un autre exemple qui rendra ceci encore plus clair.

L'activité d'un médicament ne se manifeste que par des mouvemens opérés dans l'individu vivant qui l'a pris ; mais personne n'a de mesure juste pour apprécier la vertu purgative de ce médicament ni son rapport avec celle d'im autre médicament ; cependant nous avons une échelle approximative pour y parvenir, c'est la quantité de volume ou de poids de chacun d'eux nécessaire pour produire les mêmes effets; et cette mesure serait complètement satisfaisante, si les effets purgatifs, bienfaisans, malfaisans, etc., étaient constamment proportionnels aux quantités relatives à l'étendue auxquelles on lés compare ; alors il en arriverait comme 4es valeurs des différentes marchandises, qui, par elles-mêmes , ne sont pas susceptibles de mesure précise, mais qui, étant toutes réduites en' poids d'un même métal, sont appréciées aVecla plus grande justesse. :': Il en est de même dans les objets dont itraîtent les sciences morales et politiques. INonsn'aVtfns'point de mesures précises pour év^iluer directetneiit les degrés de l'énergie

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