CHAPITRE XI. 2l
étant prise dans la nature même de notre être. Or, ces préliminaires constituent ce que l'on appelle spécialement l'idéologie ; et toutes les conséquences qui en dérivent sont l'objet de la grammaire, de la logique, de l'enseignement, de la morale privée, de la morale publique (ou l'art social), de l'éducation et de la législation, qui n'est autre chose que l'éducation des hommes faits.
Nous ne pourrons donc nous égarer dans toutes ces sciences qu'autant que nous perdrons de vue les observations fondamentales sur lesquelles elles reposent.
Il paraîtrait, par ce résumé, que nous n'avons plus rien à dire sur l'Idéologie proprement dite : et effectivement, si je n'avais égard qu'à ma façon de voir, j'aurais bien peu de choses à ajouter à ce qui précède. Je me contenterais de vous rappeler que ma manière de décomposer la p ensée satisfaisant à l'explication de tous les phénomènes qui sont explicables, vous ne pouvez plus vous refuser à convenir qu'il n'y a dans toutes nos idées que des sensations , des souvenirs, des jugemens et des désirs; et après quelques observations générales sur les rapports de l'idéologie et de la physiologie, je vous
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proposerais de passer à Tétude de l'expression de nos idées.
Mais voiis ave^z pu remarquer que dans rétablissement de ma théorie idéologique, je ne me suis occupé que des faits sur lesquels elle est fondé, sans m'embarrasser des systèmes des auteurs qui ont écrit sur ces matières, et sans me mettre en peine d'en discuter presque aucuns. Or, avant d'aller plus loin,, il est bon que vous ayez une idée des opinions les plus accréditées : pour cela il suffira que nous examinions celle de Condillac, parce qu'elle est le fond commun dé toutes les autres, qui n'en sont guère que des variantes.
Vous saurez donc que ce philosophe justement célèbre, que l'on peut regarder comme le fondateur de la science que nous étudions, et qui jusqu'à présent en tient le sceptre (i), a jugé à propos, d'après Locke ,
(i) Avant Condillac, nous n'avions guère, sur les opérations de l'esprit humain , que des observations éparses plus ou moins fautives : le premier il les a téunies et en a fait un corps de doctrine -, ainsi ce n'est que depuis lui que l'idéolo§ié estvraiment une science. Il l'aurait encore bien plus avancée, si, au lieu de disséminer ses principes dans plusieurs omTages , il les