SELS DE LA POTASSE
L'hydrate de potasse. Le suroxide de potassium es encore plus facilement décomposé par l'eau que ne l'es le suroxide de manganèse par l'acide sulfurique; lors qu'on l'en arrose, de l'oxigène se trouve expulsé et il s<
toi me une combinaison de potasse et d'eau, savoir l'hy- | tlrate de potasse , ce qui prouve lenergie de l'affinité entre la potasse et l'eau. On obtient toujours la potasse unie avec de l'eau en la séparant de ses combinaisons. LLe grand nombre des recherches dans lesquelles on emploie l'hydrate de potasse rend très importante la préparation de cet hydrate , tant à l'état solide qu'à celui de dissolution dans l'eau. On l'obtient dans le plus grand état de pureté et le plus facilement au moyen du carbonate de potasse dont je rapporterai incessamment la préparation et la dépuration. On fait dissoudre une [ partie de carbonate de potasse pur dans 10 parties d'eau; ■ si la dissolution n'est pas claire , on la laisse déposer. < On décante la liqueur claire , on en élève la tempéi rature jusqu'à l'ébullition dans une chaudière de I fer décapée , et l'on ajoute par petites portions i de l'hydrate de chaux à la dissolution bouillante. Après avoir ajouté peu à peu, et sans interrompre l'ébullition de la masse, à 10 parties de carbonate de potassium un peu plus de 4 parties de chaux pure (provenant du marbre calciné et ne faisant pas effervescence avec les acides) , sur laquelle on a versé assez d'eau pour la transformer en hydrate de chaux , on prend une petite quantité de la liqueur, qui ne tarde pas à se clarifier par le repos, et l'on y ajoute un acide : s'il se fait par là une effervescence, on continue à faire bouillir la lessive et à la mêler avec de la chaux jusqu'à ce que les acides ne produisent plus cet effet. Si l'on prend une moindre quantité d'eau, par exemple, trois ou quatre parties pour une de carbonate de potasse , la décomposition s'effectue encore *, mais incomplètement; si l'on
* On peut démontrer la présence de la potasse ou de la soude dans
ajoute trop de chaux, il reste trop de potasse avec lai chaux en excès. A la rigueur 866, 3o3 parties de carbonate de potasse ( h o = 489,916 + 100 -f 76,743 + 200 = 866,353) n'ont besoin que de 356,o 19 parties de chaux (ca= 256,019 + 100), ou 10 parties de carbonate de potasse n'exigent que 4,o3 parties de chaux pour se décomposer ; mais on a coutume de prendre 6 à 8 parties de chaux afin d'accélérer le travail. Veut-on conserver la potasse en dissolution dans l'eau , on verse d'abord une petite quantité de la liqueur chaude dans le flacon consacré à cet usage, et on le rince avec cette liqueur, afin qu'il s'échauffe et qu'il ne se fende pas quand, immédiatement après, on y introduit toute la masse ; on se sert d'un entonnoir pour cette opération afin que la dissolution n'entre nulle part en contact avec le goulot de flacon qu'on ferme au moyen d'un bouchon de verre. On place le vase sur une planche; si on le mettait sur une pierre, la promptitude du refroidissement pourrait le faire éclater. On ferme le flacon avec le bouchon , et on l'abandonne au repos pour que la dissolution dépose le carbonate calcaire et l'excès de chaux : le lendemain elle sera parfaitement claire. Elle renferme un peu de chaux, savoir, autant que l'eau peut en dissoudre; cette terre se combine de suite avec l'acide carbonique de l'air au moment où l'on ouvre le flacon , ou lorsque celui-ci n'est pas bouché hermétiquement. Si la présence de la chaux devait nuire dans certaines
une dissolution des carbonates de ces hases, au moyen du nitrate d'oxide d'argent : s'il existe de la potasse ou de la soude, il se précipite de l'oxide d'argent jusqu'à ce que ces alcalis soient saturés d'acide nitrique, et c'est seulement après qu'il se forme du carbonate d'oxide d'argent. Ces précipités se distinguent facilement à la couleur.
, expériences, on la précipiterait en ajoutant quelques gouttes de carbonate de potasse dissoute. Veut-on se : servir de cette dissolution de potasse qu'on conserve avec le sédiment, on la retire au moyen d'une pipette (fig. 10 ); on enduit le bouchon d'un peu de suif pour qu'il ferme d'une manière exacte. La dissolution de potasse n'attaque point la surface lisse du verre, mais bien celle qui a été usée par la taille.
Veut-on se procurer la potasse à l'état solide, quand \ la réduction s'est faite, on verse la masse dans un vais- : seau spacieux, avec les précautions employées pour le flacon , et on le couvre avec un couvercle qui s'y adapte hermétiquement. Dès que la liqueur s'est éclaircie, on y introduit avec circonspection un siphon, qu'on fait plonger jusqu'à une petite distance de la surface du sédiment d {fig. n), et l'on place une capsule en argent au-dessous de l'extrémité g du siphon. Après avoir bouché cette ouverture avec le doigt on aspire très lentement l'air par l'embouchure o. Aussitôt que lé liquide s'approche de l'extrémité g, on enlève le doigt; le liquide s'écoule alors dans la capsule sans se troubler, but qu'on atteint d'autant plus facilement qu'on a recourbé le bout c, puisque au moyen de cette disposition le sédiment n'est pas remué. On peut encore verser de l'eau sur le sédiment et employer la liqueur qui en résulte comme une dissolution étendue. On fait bouillir promptement le liquide dans la capsule en argent; les vapeurs d'eau qui se forment alors sans interruption empêchent l'accès de l'acide carbonique. On pousse l'évaporation jusqu'à siccité et la température jusqu'au rouge naissant ; la potasse fond alors comme de l'huile. S'il s'est formé du carbonate de potasse dans le cours de m. a
l'opération, ce sel nage à la surface de la potasse, et I comme il ne se fluidifie pas encore au point de fusion de \i la potasse, on peut l'en séparer au moyen d'une écu- 1 moire en argent. La potasse se prend , par le refroidis- i sèment, en une masse cristalline qu'on concasse pour la conserver dans des vaisseaux bien bouchés.
Le commerce nous offre de l'hydrate de potasse qu'il est facile de purifier pour un grand nombre d'usages : il contient ordinairement une quantité de carbonate de potasse trop considérable pour qu'on puisse l'en dépouiller en le faisant fondre et l'écumant. On l'arrose d'alcool anhydre, et on l'y laisse séjourner quelque temps. 11 se dépose alors un corps solide formé de chlorure de potassium, de sulfate de potasse et d'autres sels de la même base : le liquide superstagnant présente deux couches dont l'inférieure a une consistance oléagineuse et n'est autre chose qu'une dissolution de carbonate de potasse dans l'eau, et dont la supérieure consiste en potasse pure dissoute dans de l'alcool, qu'on peut expulser par l'évaporation. La dissolution alcoolique se prête à un grand nombre d'applications.
L'hydrate de potasse se fond au-dessous de la chaleur rouge ; exposé à une température plus haute , il se volatilise complètement à l'état d'hydrate de potasse. Le seul moyen d'en séparer l'eau consiste à y ajouter un acide plus fort : 100 parties d'hydrate de potasse abandonnent alors r6 parties d'eau. D'où il résulte que dans cette combinaison la potasse et l'eau contiennent la même quantité d'oxigène. Lorsqu'après avoir dissous de l'hydrate de potasse dans une très petite quantité d'eau chaude, on laisse refroidir la liqueur, il se cristallise une combinaison qui contient davantage d'eau. Par ce moyen,
comme aussi par l'évaporation d'une dissolution diluée sous la pompe pneumatique et avec le concours de l'acide sulfurique, on l'obtient en cristaux bien volumineux. C'est à cette deuxième combinaison dont la potasse est susceptible qu'il faut attribuer la chaleur qui se dégage au moment où l'on fait dissoudre dans l'eau de l'hydrate de potasse fondu, chaleur qui, lorsqu'on n'emploie que peu d'eau , peut élever la température de la liqueur jusqu'au point d'ébullition.
L'hydrate de potasse exposé à l'air se liquéfie promptement en attirant d'abord de l'eau et ensuite de l'acide carbonique.
L'hydrate de potasse dissout des combinaisons de nature animale, par exemple, la substance cornée. On l'emploie pour, cet usage en chirurgie, en lui donnant par la fusion la' forme de bâtons de la manière qui sera décrite à propos du nitrate d'argent ; dans cet état il porte le nom de kali causticum in baculis ou de lapis causticus chirurgorum. On a aussi coutume d'appeler sa dissolution lessive des savonniers, parce qu'elle décompose les huiles et les graisses et produit par là des savons. Une dissolution salie par des substances organiques acquiert, en décomposant celles-ci, une odeur désagréable et bien connue, la même qui caractérise la lessive ordinaire. Fondu avec de la silice, il s'y combine j voilà pourquoi l'on ne peut dépouiller d'eau ou fondre la potasse dans des vaisseaux de verre ou de porcelaine.
Carbonate de potasse. Ce sel important s'extrait de la cendre des plantes qui s'approprient la potasse du sol. En effet , nous verrons plus amplement dans le chapitre sur la composition de la surface terrestre , que l'argile
mêlée avec différens corps est un principe constituant essentiel du sol fertile et une condition nécessaire à la végétation de la plupart des plantes; toute argile, examinée pour potasse, a été trouvée en contenir, voire quelquefois jusqu'à 4 pour cent * Du suc exprimé des plantes, on peut, ainsi que je le rapporterai tantôt en traitant de l'oxalate et du tartrate acide de potasse, extraire des combinaisons de potasse avec différens acides dont la plupart consistent en carbone, hydrogène et oxigène. En incinérant ces combinaisons on obtient du carbonate de potasse mêlé avec plus ou moins de carbonate de soude, par ce qu'on rencontre aussi très souvent un peu de soude dans l'argile. Outre ces sels, les plantes contiennent encore du chlorure de potassium, de l'acide silicique, qui, par exemple, dans les graminées et dans le bambou, forme d'une manière distincte la couche supérieure de la tige, un peu de magnésie, de la chaux, du fer et du manganèse oxidés, de l'acide sulfurique et de l'acide phosphoiïque. Les substances qui, dans la combustion, ne se dégagent point à l'état gazeux, se retrouvent naturellement dans
* Lorsqu'après avoir versé de l'acide sulfurique sur de l'argile, on évapore le mélange à siccité dans un bain de sable, l'argile subiL déjà une décomposition suffisante pour qu'on obtienne des cristaux d'alun, en traitant la masse avec de l'eau, concentrant la liqueur séparée parla fillration , et l'abandonnant à la cristallisation. Non seulement l'argile qui présente encore la forme du feldspath décompose , mais encore celle des différens terrains de transition et d'alluvion ainsi que celle des formations récentes des environs de Berlin, contiennent assez de potasse pour qu'on puisse encore la mettre en évidence par ce moyen. Une détermination exacte du contenu en potasse n'est possible que par l'analyse à l'aide du carbonate de baryte, avec lequel on l'échauffé au rouge.
les cendres des plantes. Les arbrisseaux donnent trois fois et les herbes cinq fois plus de potasse en poids que les arbres , les branches en rendent davantage que le bois, les feuilles plus que les branches , les herbes mûres davantage que celles qui végètent encore ; ces phénomènes proviennent de ce que les substances des cendres ont été formées principalement de combinaisons existantes dans la sève.
Le chêne , le pin et le sapin donnent o,4 pour cent de cendre ; d'après d'autres expériences le chêne en fournit 1,2, le hêtre o,58 , le cep de raisin 3,4 , l'ortie commune io,6, le chardon commun 4j°j la fougère 5,o pour cent , et ainsi de suite. La cendre du chêne contient i5 pour cent de sels solubles dans l'eau, celle du hêtre 24 pour cent, celle du tilleul 11 pour cent , celle du bouleau 16 pour cent, celle du sapin 17 pour cent, et celle du pin 1 4 pour cent. On a trouvé que les principes constituans solubles de la cendre de ces bois contiennent sur 100 parties :
Chêne. Hêtre Tille-jl. Bouleau» Sapin. Pin. Cepdera-fin
Acide carbonique = a8,4 32,4 28,3 17,0 3o,a 3o,o 25,8
Acide sulfurique = 5,9 7,3 7,6 3,3 3,i 3,5 7,6
Acide hydrochlorique = 4,o 5,3 1,8 0,3 o,3 o,s i,5 Potasse avec plus ou
moins de soude = 60,7 64, 1 60,7 79,5 65,4 67,3 65,7
Acide silicique = 1,0 i,o 1,7 1,0 1,0
On obtient la potasse en évaporant la dissolution des principes constituans solubles de la plante; ce n'est que dans des pays où le bois et le fumier sont à bas prix qu'on peut l'exploiter avec avantage. Dans les États prussiens on en obtient la majeure partie de la Russie;
mais on y livre aussi différens matériaux à la combustion, suivant qu'on a abondance en bois ou en d'autres substances végétales. Pour donner un exemple de cette fabrication, je vais indiquer la méthode qu'on emploie dans les grandes fermes du voisinage de Kien. Pour l exploitation de la potasse on s'y sert des cendres obtenues dans les usines , telles que brasseries , distilleries , etc. , qui font partie de ces fermes ; mais la majeure partie en est fournie par les paysans qui sont obligés d'en livrer une quantité déterminée au propriétaire. Les cendres qu'on rassemble petit à petit en hiver et en été et qu'on conserve dans une fosse pratiquée sous un hangard , sont de mauvaise qualité ; celles qu'on se procure à la fois en automne et au printemps par la combustion des mauvaises herbes, sont au contraire très productives en potasse. On conserve ces cendres à l'abri de la pluie pour les exploiter vers la tin de mai. L'atelier consiste en une chaumière à trois compartimens ABC (fig. 12). Dans le compartiment A se trouvent les vaisseaux pour le lessivage, ce sont des tonneaux à goudron sciés en deux moitiés; on les remplit à demi de cendres sur lesquelles on fait arriver de l'eau d'une pompe au moyen de rigoles de conduite. Quand l'eau y a séjourné pendant 24 heures, on la transporte dans un bassin en maçonnerie a que présente l'un des coins du compartiment A, et l'on repasse sur les cendres de la nouvelle eau qu'on laisse agir plus long-temps pour la conduire à son tour dans le bassin; alors on verse une troisième fois de l'eau fraîche sur les cendres et on les y délaie bien. On repasse la liqueur provenant de ce lavage sur de nouvelles cendres. Après avoir rejeté le résidu dans les vaisseaux, on les remplit encore une fois de cendres non lavées. Pour
évaporer la dissolution, on la fait passer, au moyen d'une pompe, du grand réservoir a dans des chaudières en cuivre b b, de 8 à 10 pieds de diamètre et 2 à 3 pieds de profondeur. La caléfaction se fait au feu de paille qui brûle sous les chaudières et dont la fumée se rend dans une cheminée pratiquée au milieu des deux; au commencement on fait un feu vif qu'on diminue ensuite, en remuant la liqueur sans interruption. Quand la lessive est suffisamment concentrée on l'introduit dans des cuves de bois, où on la laisse refroidir en la brassant plusieurs fois par jour. Il s'y forme des cristaux qui ont une couleur brune et qu'on retire à l'aide d'un tamis pour les jeter dans des caisses. Ce qui ne cristallise pas est renvoyé dans le grand réservoir a. On calcine les cristaux dans un fourneau en maçonnerie semblable à un four à pain; ce fourneau se trouve dans le compartiment C. On allume du feu dans l'espace voûtée et au-dessous de cet espace, en d (Jig. i3). Dès que le fourneau est assez chaud on retire le feu de l'espace voûté c pour y introduire les cristaux ; on continue à entretenir la combustion au-dessous , en d. L'espace c estéchauffé par en bas et par en haut, et au-dessus de cet espace se trouve une cheminée qui reçoit la fumée. La potasse se colore d'abord en rouge, puis en bleuâtre et à la fin en blanc; alors on la laisse refroidir et on l'emballe dans des tonneaux pour la livrer au commerce. Tout imparfaite qu'est cette méthode, elle offre de grands avantages dans un pays où les chaudières de cuivre ont plus de valeur que tout le bâtiment et où les cendres compensent le prix de la paille et des branchages employés comme combustible. Le transport des cendres étant plus dispendieux que celui des vaisseaux,
on a coutume de transporter ceux-ci d'une ferme à l'autre.
Je rapporterai avec soin à la fin de cet ouvrage la manière dont on détermine exactement le contenu de la potasse en carbonate pur. A cet effet, on cherche combien il faut d'acide sulfurique pour en neutraliser une quantité pesée (866,35 parties de carbonate de potasse pur sont saturées par 6 1 3,65 parties, ou 142,2 parties exigent 100 parties d'acide sulfurique concentré) ; son contenu varie naturellement en raison du plus ou moins de soin qu'on a mis à sa préparation; la fausse potasse de Russie qui a été calcinée et qui provient des forêts de la couronne renferme 82 pour cent, et la potasse hydratée vénale contient ^3 pour cent de carbonate pur.
Au moyen des potasses du commerce on peut se procurer du carbonate de potasse suffisamment pur pour différens usages , en versant une partie d eau sur une de potasse , laissant agir le mélange pendant quelques jours avec l'attention de le remuer de temps en temps , et décantant à la fin la dissolution de dessus le dépôt insoluble qui contient la majeure partie des matières étrangères; ou bien en dissolvant la potasse dans de l'eau, évaporant la liqueur filtrée jusqu'à apparition d'une pellicule cristalline, et la laissant alors refroidir. Les sels étrangers étant moins solubles que le carbonate de potasse, se cristallisent les premiers. On peut répéter plusieurs fois l'évaporation.
On obtient du carbonate de potasse parfaitement pur en incinérant à l'air du tartrate acide de potasse (tartre) pur avec la précaution d'éviter l'emploi des vaisseaux silicifères et de ne se servir que de vaisseaux en fer ou
t en platine ; ou bien, et ce procédé est infiniment plus t commode , en mêlant intimement deux parties de tartre pur avec une partie de salpêtre également pur et mettant le feu au mélange dans une capsule de fer au moyen c d'un fil de même métal incandescent. La masse se conr. sume alors : l'oxigène de l'acide nitrique se combine a avec l'hydrogène et le carbone de l'acide tartrique , de i manière que les acides se détruisent mutuellement et c qu'il reste du carbonate de potasse mêlé avec du char- Ibon. On fait dissoudre le carbonate de potasse, on filtre 1 la dissolution et on l'évaporé jusqu'à siccité dans des vvaisseaux en argent.
Le carbonate de potasse a une saveur acre, mais non c caustique; aussi l'appelait-on jadis alcali dulcifié. Exposé jà l'air, il se résout en un liquide de consistance oléagii neuse {oleum tartariper deliquium). En faisant évaporer s sa dissolution et la concentrant fortement, une partie c du sel se cristallise par le ref roidissement. La forme primitive de ces cristaux appartient à la même classe que t celle des cristaux du carbonate de soude; cependant i les angles diffèrent ; ils contiennent 20 pour cent d'eau.
Bicarbonate de potasse. On obtient cette combinaison t en dissolvant le carbonate de potasse neutre dans une [petite quantité d'eau et saturant cette dissolution avec c de l'acide carbonique. On peut le préparer d'une mat nière bien facile chez les fabricans d'eau-de-vie en ferrmant exactement la cuve de fermentation au moyen 1 d'un couvercle , et faisant passer l'acide carbonique qui se dégage, à travers la dissolution contenue dans un t tonneau ; on peut aussi verser la dissolution dans des capsules que l'on place dans la cuve au-dessus du liquide en fermentation.
Le carbonate acide de potasse qui n'est soluble que j dans 4 parties d'eau froide, se cristallise ; on fait dissou-jj dre les cristaux dans de l'eau bouillante, dont 6 par-là ties de sel exigent 5 parties. Par le refroidissement de lai dissolution on les obtient à l'état pur, si l'on a employé! du carbonate de potasse exempt de matières étrangères;! ils sont mêlés d'acide silicique dans le cas où le carbonate! en contenait. Les cristaux contiennent g pour cent d'eau! et ne s'altèrent point à l'air. La dissolution de ce sel ne! bleuit que faiblement le papier de tournesol.
L'ébullition , qui n'est pas trop prolongée, ne lui fait perdre que peu d'acide carbonique; la calcination au rouge le ramène à l'état de sel neutre. Il contient deux fois autant d'acide carbonique que le sel neutre. On peut démontrer ce rapport au moyen d'une expérience très facile à faire. On prend des poids égaux du bicarbonate, et l'on chauffe l'une des portions au rouge. Gela posé , qu'on les introduise toutes les deux respectivement dans un tube gradué, rempli de mercure et renversé sur ce métal et qu'on y fasse arriver de l'acide hydrochlorique, on trouvera que la masse non calcinée développera précisément deux fois la quantité d'acide carbonique abandonnée par celle qui a subi la chaleur rouge.
Nitrate de potasse, salpêtre. Le salpêtre se trouve tout formé dans la nature; on le fabrique aussi d'une manière artificielle. La production du nitre factice a lieu lors qu'on expose au contact de l'air atmosphérique un mélange de matières azotées avec des carbonates dont les bases soient du nombre des plus puissantes, par conséquent avec du carbonate de potasse ou de chaux. On débute par préparer une terre en mêlant ensemble d'une
imianière extrêmement intime de la terre meuble ordinaire et du fumier. On dispose ensuite ce mélange sur jun plancher d'argile bien battue, qu'on pourvoit d'un toit, afin que la pluie n'épuise pas la terre nitrifiable, et que le salpêtre ne puisse pas s'infiltrer dans le sol. De temps à autre on arrose le tas d'urine de cheval ou d'eau ide fumier; si le terrain ne contient point de carbonate ide chaux, on y ajoute du carbonate calcaire pur, joou de la marne ou de la cendre de bois lixiviée qui contitient un mélange de carbonate de chaux avec d'autres ^substances. En Prusse on formait de la terre à nitrifier . ddes murs dont l'une des faces était plane, tandis que l'autre était disposée en gradins sur lesquels se réunissaient dans des rigoles les liquides qui découlaient et qqui venaient enfin se rendre dans un puisard, pour serwir à arroser de nouveau les murs sur la face où l'on aavait taillé les gradins. On élevait les murs de manière (|que le vent habituel venait frapper la face plane. L'évaporation ayant eu lieu sur cette face, c'est de ce côté que le nitre formé se rassemblait petit à petit; dès que la nitrification était assez avancée , on grattait le mur en cet endroit jusqu'à une certaine profondeur pour lessiver les r matières provenant de ce travail; le résidu des lavages, mêlé de fumier et de nouvelle terre , fut rapporté sur la face en gradins et disposé convenablement. En France on exploite en outre le nitre de vieux décombres, de pierres a bâtir dans lesquelles ce sel s'est formé , ou bien de la t terre ramassée dans les étables de chevaux ; ces décom- 1 bres et la terre nitrifiée sont recherchés par des 1 hommes qui portent le nom de salpêtriers.
La majeure partie du salpêtre qu'on trouve dans la nature se forme probablement d'une manière semblable.
La méthode précitée étant trop coûteuse, on l'a aban donnée en Prusse et l'on y fait venir le salpêtre de Indes orientales où il se forme dans plusieurs contrées c'est ainsi que, par exemple, dans la province de Coim betore, depuis Coimbetore jusqu'aux limites de Malabar il s'effleurit du sol dans quelques endroits du sel d cuisine, dans d'autres du salpêtre. Le sol d'où on retin le salpêtre est rocheux; on le recueille dans la saisor sèche. La dissolution dont le sol est imprégnée s'éva porant à la surface, la capillarité amène d'autres li quides qui s'évaporent à leur tour, de sorte que le sal pêtre arrive à la superficie , tout comme les sels s'élèven d'une liqueur par la dentrification. On gratte la terri salée, on lessive les matières obtenues ainsi, et on fai cristalliser deux fois le salpêtre, sans ajouter de la po tasse. La roche d'une caverne de Ceylan, et la terr< nitreuse d'où on extrait le salpêtre au Bengale, ont ét<
analysées. On a
trouvé dans 100
parties
de la roche :
de la terre nllrraM
î r : V • fl*4
Nitrate de magnésie
Nitrate de chaux .
Sulfate de magnésie
Carbonate de chaux
Substances insolubles
dans l'acide
nitrique et dans l'eau . . . 6o,8 4o,o.
Au Bengale on délaie la terre salpêtrée dans l'eau , oi décante et on conduit la lessive dans des fosses pour lej abandonner à l'évaporation spontanée que le soleil y
Favorise : quand le liquide est suffisamment concentré on achève 1 evaporation dans des chaudières et on le
îorte dans des cristallisoirs. Le nitrate de chaux reste
lans les eaux-mères qu'on rejette.
On n'est pas encore tout-à-fait d'accord sur la manière dont se forme le salpêtre dans les nitrières naturelles. Il >oaraît assez certain que dans plusieurs endroits où l'on rrouve du salpêtre il n'y a point de matières animales; imais si l'on observe que sur une grande étendue l'eau du sol peut contenir du salpêtre, comme par exemple, uutant qu'on a pu le constater jusqu'ici, toutes les oources de Berlin en renferment, quoiqu'il n'existe pas de uubstances animales dans le voisinage de plusieurs d'enrre elles; si l'on fait attention que les roches, par exemple, le calcaire coquiller, la craie, etc., sont pleines de Uébris d'animaux *; si l'on considère enfin, que la formation de sel ammoniaque dans les volcans et dans les mines de houille embrasées ainsi que la production d'amnmoniaque par la distillation de toute espèce de houille iqous démontrent la présence de l'ammoniaque dans les eerrains où l'on ne soupçonnait pas jusqu'ici l'existence Ide matières azotées, si, dis-je, l'on prend en considéra-
* Le calcaire coquiller, la craie et d'autres roches qu'on a sounnis à la distillation, ont donné de l'ammoniaque. En ajoutant du deiito-chlorure de mercure au produit d'une pareille distillation , on '"obtient un précipi té blanc ; s'il y existaitde la potasse ou de la chaux, ee précipité serait brun ou jaune. Lorsque, après avoir dissous la ' )ierre calcaire dans l'acide hydrocliloriquc, on traite à la distillation le résidu soluble et charbonneux , il se dégagebeaucoup d'ammoniaque, Ide sorte que ce résidu, formé de carbonne, d'azote, d'hydrogène lît d'oxigène, est, par rapport aux substances animales d'où il résulte, ce que la houille est à l'égard des substances végétales qui l'ont produite en se décomposant.
tion tous ces faits , on est porté à admettre que la nitrifi cation s'opère dans les nitrières naturelles absolumen comme dans les nitrières factices. Néanmoins l'acide ni trique peut se former par la combinaison directe d( l'oxigène et de l'azote, ainsi que je l'ai déjà rapport* (p. 34, t. i ), et il n'est pas impossible que le résidu po reuxet potassifère de la décomposition du feldspath dé termine la combinaison de l'azote avec l'oxigène d'un< manière semblable à celle dont l'éponge de platine pro I voque l'union de l'oxigène avec l'hydrogène. Cependan | cette conjecture ne repose encore sur aucune expé rience.
La dissolution qu'on obtient en lessivant la terr nitreuse ou les pierres salpêtrées contient du nitre du nitrate de chaux, du nitrate de magnésie, du chlo rure de calcium, du chlorure de potassium, de l'hydrochlc rate de magnésie ainsi que des matières végétales e animales. On a trouvé, par l'analyse, que 100 partie d'un pareil mélange contiennent
Salpêtre et chlorure de potassium 1 o
Nitrate de chaux et de magnésie 70
Sel de cuisine i5
Chlorures de calcium et de magnésium. ... 5
On précipite d'abord la dissolution bouillante ai moyen de celle du carbonate de potasse; on sépare pa la filtration les carbonates de chaux et de magnésie qu en résultent et qui se déposent. On concentre alors la li queur ; pendant 1 ebullition il se forme sans cesse à 1 surface une écume qu'on enlève; il se sépare encor du carbonate de chaux et du carbonate de magnésie qui, si on les laissait se déposer au fond de la chau
, dière, nuiraient à la pureté du salpêtre et occasionei nient des soubresauts. Danscecas, comme dans plusieurs autres circonstances, on peut écarterde telles substances insolubles qui se séparent, en suspendant un petit chaudron dans le liquide bouillant. Le liquide y étant beaucoup moins agité que dans la grande chaudière, elles s'y précipitent, et on peut le retirer et le vider de temps à ,iautre. Le sel de cuisine n'étant qu'un peu plus soluble ddans une dissolution de salpêtre à la chaleur de l'ébullilition qu'à froid, se sépare pendant lebullition; on le iretire avec une écumoire. Lorsqu'une goutte de la dissolution se fige quand on la projette sur un corps froid , on fait cesser 1 ebullition , et après que les corps étrangers suspendus dans la liqueur se sont déposés, on déccante celle-ci avec précaution et on la laisse cristalliser. On nmélange l'eau-mère obtenue de cette manière avec d'auttres eaux de cuite. Afin de purifier tout-à-fait les cristaux con les arrose d'eait en quantité précisément suffisante ppour que le salpêtre se dissolve à l'ébullition. On retire 1 le sel de cuisine qui ne se dissout pas , on écume fréquemment la dissolution, et l'on y ajoute de la colle dissoute et lies a/5 de la quantité d'eau employée en premier lieu. Quand il ne se forme plus d'écume et que la liqueur est devenue claire, on la laisse refroidir à 88° pour la portter dans un cristallisoir très évasé, où, à l'aide d'un rrabot, on se hâte de la mettre en un mouvement qu'on ddoit entretenir pendant toute la durée de la cristallisation afin qu'il ne se forme que de petits cristaux ; à mesure que la précipitation du salpêtre cristallisé se fait, on le ramène avec des râteaux le long des bords du vase pour qu'il puisse s'égoutter. On dépose les cristaux ddans des caisses percées en bas d'un trou qu'on bouche
au moyen d'une cheville, et, avec un arrosoir, on verse sur eux une dissolution concentrée de salpêtre; quand celle-ci a séjourné deux ou trois heures sur le salpêtre, on la laisse couler en ôtant les chevilles. On répète cette ; opération, et pour la troisième fois l'arrosage se fait en i eau pure; on emploie pour laver une nouvelle quantité i de salpêtre la dissolution concentrée qu'on obtient alors < et les deux derniers tiers des eaux du second lavage. Car une dissolution concentrée de salpêtre n'enlève que les matières étrangères à ce sel. La formation de petits cris- S taux, qu'on appelle la cristallisation précipitée, est né- 11 cessaire non seulement pour la facilité du lavage, mais encore parce que les gros cristaux de salpêtre sont compo- : sés d'un grand nombre de petits , lesquels en s'appliquant les uns contre les autres produisent des cavités closes où il reste de l'eau-mère. 3oo parties de nitre brut en four- & nissent ijS à 180 de nitre raffiné. On cherche naturellement à réaliser autant que possible le salpêtre qui reste dans les eaux-mères et dans les produits accessoires. On dessèche complètement les cristaux de salpêtre, pour : la fabrication de la poudre, dans des chaudières que * l'on échauffe. Le bas prix des potasses et le prix élevé ■■ du carbonate de soude permettent aujourd'hui de préparer avec avantage, en Prusse, du salpêtre et du carbonate de soude par la décomposition réciproque du carbonate de potasse et du nitrate de soude. Lorsqu'on mêle les dissolutions concentrées de ces sels dans le rapport nécessaire pour que la décomposition ait lieu complètement, le salpêtre se sépare en cristaux et le carbonate de soude qui reste dissous, s'extrait le mieux en hiver par voie de cristallisation.
Le salpêtre est incolore; sa saveur est fraîche, pi- m
puante, et a un peu d'amertume. On peut l'obtenir facilement en grands cristaux transparens qui résultent iouvent de la réunion de deux autres. Sa pesanteur spécifique est de i,933. Il ne contient point d'eau. 100 parties d'eau dissolvent i3,32 parties de salpêtre à o°j 29 oarties à 180; 76,6 parties à 45°, et 236 parties à 97°. Il j'ond à 35o° ; échauffé plus fortement , il abandonne de l'oxigène et il se produit du nitrite de potasse qu'une ;empérature élevée transforme en potasse ou en deutoxide de potassium suivant qu'on opère sans ou nvec le contact de l'air.
L'oxigène n'étant retenu dans l'acide nitrique que par jne faible affinité, le salpêtre opère des combustions rès violentes. Projeté sur de la braise, il fuse ou déonne avec force, ce qui le fait reconnaître facilement, ai l'on fait un mélange de deux parties de nitre et d'une oartie de fleurs de soufre et qu'on le verse dans un creuset chauffé au rouge, il y a une combustion si vive que t'œil ne peut en supporter la lumière. Dans beaucoup de cas il est possible de produire par la fusion avec du ialpêtre des degrés d'oxigénation qu'aucun autre moyen ae permet de mettre en évidence, par exemple l'acide àéléniquej car alors l'affinité de la potasse pour l'acide jui se forme concourt à l'action.
La poudre à canon. Les différens usages de la poudre , uuivant le but dans lequel on l'emploie et la manière de 1a fabriquer, résultent non seulement d'expériences sans nombre, mais encore de la théorie basée sur l'observa- ;ion des faits. En effet la poudre tire sa puissance de ce que la décomposition d'un mélange solide produit des gaz d'un volume plus de mille fois plus grand que celui du corps solide. Lorsque la réaction s'opère instantanéiii. 3
ment , tous les obstacles qui ne peuvent résister à cette force doivent céder. Par exemple, un canon de fusil, chargé , non pas de poudre ordinaire , mais d'un mélange i capable de se décomposer très rapidement, éclate si la force est d'une certaine intensité. Cet effet s'observe le mieux sur les combinaisons qui détonnent facilement , telles que le chlorure d'azote dont une goutte, en se décomposant, brise le support et n'agit que peu à une certaine distance dans l'air ; la même chose arrive avec l'argent fulminant. On peut déterminer la vitesse avec laquelle différentes substances se décomposent, en en opérant la combustion dans de longues rigoles qui serpentent ça et là. Au moyen d'une pareille expérience on trouve que l'argent fulminant se décompose avec beaucoup plus de rapidité que la poudre ordinaire. Dans la préparation de la poudre on doit par conséquent avoir égard a deux choses, savoir à l'espace qu'occupent les gaz produits et au temps dans lequel ils se forment.
Si l'on veut obtenir beaucoup de gaz au moyen d'une petite quantité de poudre, on peut mêler le soufre, le charbon et le salpêtre de telle sorte qu'il se produise du sulfure de potassium, de l'azote et du gaz oxide de carbone , ou bien que ce dernier soit remplacé par de l'acide carbonique. Dans le premier cas on doit prendre 20i,i65 de soufre (s) et 458,622 (6 0 = 6.76,43-) de charbon sur 1266,952 de salpêtre [ri1 (= 177,086) + 5c (= 5oo) + o (= 100) +k(= 489,916)], et dans le se cond cas moitié moins de charbon (229,311); le pre mier dosage produirait 691,081 de sulfure de potassium (k + s), 177,036 d'azote (rc2 ) et 958,622 de gaz oxidc de carbone (6 0+ 6 c), et le deuxième, outre les même; quantités de sulfure de potassium et d'azote. 829,311
d'acide carbonique (60 + 3 c). D'après ce dosage 100 parties de poudre devraient contenir
G5,8 salpêtre } ■j3,8 charbon > io,4 soufre *
ou
Le premier dosage a toujours été trouvé inconvenable. ]La poudre militaire de Prusse, composée de de salipêtre, n,5 de soufre et i3,5 de charbon, est la plus (. conforme au deuxième dosage ; celles d'Angleterre et de {France contenant j5 de salpêtre, 12, 5 de soufre et 12, 5 1 de charbon, en approchent beaucoup. D'après le deuxième tdosage 100 parties de poudre devraient donner 10, i3 c d'azote et 48,8 d'acide carbonique, ou bien 1 mesure i.de poudre, en supposant que son poids soit à celui d'un ivolume d'eau égal au sien comme g : 10, fournirait y4 1 mesures d'azote et 226 mesures d'acide carbonique à o° ( et sous om,j6. Dans ce calcul il faut en outre faire entrer i en ligne de compte une petite quantité d'eau dont on 1 ne peut entièrement débarrasser la poudre. Du reste il .■s'en faut de beaucoup que la poudre employée produise 1 toute la quantité de gaz que le calcul indique, comme
• on le voit déjà , en tirant contre une feuille de papier , ] par les nombreux grains de poudre qui échappent à la
• combustion et qu'on peut recueillir de nouveau. En cal-
• culant la quantité des gaz , il faut avoir égard à ce que leur température est de plus de 10000 et que par conséquent une mesure de poudre donne environ i5oo mesures de gaz. Ces sortes de calculs ne sauraient être exacts ; cependant , bien qu'ils puissent conduire à des résultats
| plus d'à moitié faux, ils servent à expliquer la cause des
effets de la poudre. Pour la poudre employée dans les mines on prend 65 parties de salpêtre, 20 parties de soufre et id parties de charbon. Dans cette poudre on n'a pas besoin d'éviter un excès de soufre qui attaque les armes.
En mêlant 4 parties de carbonate de potasse et une partie de soufre, à 3 parties de salpêtre, on obtient une poudre qui, par la caléfaction, se décompose instantanément et avec une violente détonation; lorsqu'on échauffe le mélange dans une cuiller mince il se forme une dépression à l'endroit où la poudre était. En mêlant trois parties de salpêtre avec une partie de charbon de bois , on peut obtenir, suivant le plus ou moins de perfection du mélange et le plus ou moins de combustibilité du charbon , une masse qui ne fait que se consumer avec rapidité ou presque à l'instar de la poudre à canon , sans toutefois jamais détoner avec la même force. Le soufre détermine par conséquent la rapidité de la combustion et le charbon fournit les gaz et le calorique. Les charbons qui rendent peu de cendre et prennent aisément feu méritent la préférence. Le mode de carbonisation influe aussi sur la facilité avec laquelle les charbons s'enflamment. Le mieux est de distiller des branches d'environ 3/4 pouce d'épaisseur dont on remplit des étuis de tôle qu'on glisse dans des cylindres semblables à ceux qui sont en usage pour la fabrication du gaz de l'éclairage; dans ces appareils la température doit à peine s'élever au rouge. On laisse refroidir le charbon dans les étuis. En conduisant l'opération très lentement et interrompant la carbonisation à une certaine époque, on obtient un charbon brun dont la poudre se décompose avec beaucoup de vitesse.
Les trois substances peuvent être triturées et incorporées ensemble au moyen du battage , en laissant d'abord Ibattre le charbon et ajoutant ensuite le salpêtre et le soufre. La pulvérisation se fait très souvent dans des ■(tonneaux à l'aide de gobilles. On commence par broyer ensemble le charbon et le soufre avec des gobilles en Ibbronze dans un tonneau que l'on fait tourner autour llde son axe ; ensuite on ajoute le salpêtre et 2 pour cent dd'eau et l'on emploie des gobilles en étain; puis on étend ta masse avec 4 pour cent d'eau sur une plaque ronde eet horizontale en marbre , sur laquelle circulent des ccurseurs très lourds en fonte qui opèrent le mélange de Ida masse et la compriment en' même temps. On porte ;ialors la pâte solide dans un vaisseau carré , dont le fond^ een parchemin ou en cuivre laminé , est criblé de trous ; oon met un curseur ou des billes sur la masse, et on agite Ida caisse çà et là pour que le gâteau soit forcé de passer à ttravers les trous par l'objet pesant qu'il supporte et qui eentre également en mouvement. On assortit les grains oobtenus de cette manière au moyen de deux tamis , dont .'un livre passage aux grains trop petits et dont l'autre rcetient ceux qui sont trop gros ; les uns et les autres ppassent dans de nouveaux mélanges. On fait sécher à ll'air ou dans une chambre échauffée à la vapeur la pouddre dont les grains ont la grosseur requise. La poudre dde chasse exige en outre l'opération du lissage qui consiste à la verser dans des tonnes agitées d'un mouvement dde rotation autour de leur axe; par ce moyen les grains use polissent et acquièrent un lustre mat. On doit préserver la poudre avec soin de l'humidité qu'elle attire (facilement comme font tous les corps poreux. L'inflamnmation de la poudre a lieu environ au rouge, par con-
38 MKTADX.
séquent à la température nécessaire pour que le soufre prenne feu (p. 44 > 0° obtient l'effet le plus complet de la poudre quand il s'en décompose autant que possible à l'intérieur de l'arme ; voilà pourquoi, lorsqu'on emploie les amorces de mercure fulminant, la charge n'a pas besoin d'être aussi forte que quand on opère l'inflammation par les moyens ordinaires.
Oxalate de potasse. On obtient l'acide oxalique combiné en trois proportions avec la potasse. Le bioxalate de potasse, appelé sel d'oseille, se rencontre dans diverses plantes dont le suc a une saveur aigre. On l'extrait de Xoxalis oscetosella et du rumex acetosa , plantes connues toutes deux et croissant spontanément dans la plupart des contrées d'Allemagne. On les récolte peu après la floraison et on en exprime le suc qu'on fait bouillir pour coaguler l'albumine végétale. On laisse celle-ci se déposer, on décante et on évapore la liqueur ; par le refroidissement le sel se sépare en cristaux. On le purifie en le faisant cristalliser de nouveau. 100 livres d'oseille fournissent environ 20 livres de suc dont le rendement en sel est de 3/4 livre. Il est soluble dans 6 parties d'eau bouillante et dans 4o parties d'eau froide. Ce sel dissout le deutoxide de fer avec lequel il produit un sel double soluble d'oxalate de potasse et d'oxalate de deutoxide de fer; c'est pourquoi on l'emploie pour enlever les taches d'encre et dérouille.
En faisant réagir deux parties de sel d'oseille sur une partie d'acide nitrique étendu de deux parties d'eau , on obtient une dissolution d'où l'on retire du quadroxalate de potasse sous forme de beaux cristaux. On se procure le même sel en saturant une partie d'acide oxalique avec du carbonate dépotasse et ajoutant à la dissolution trois
e Luutrcs parties d'acide oxalique. Ce sel se rencontre fré- Lquemment en mélange avec le sel d'oseille ordinaire; il c à est remarquable en ce qu'il contient quatre fois autant lld'acide que le sel neutre. En général la potasse, en sa î» jqqualité de base la plus énergique , donne plus souvent 1 jqque les autres bases des sels contenant le plus grand eexcès d'acide; c'est ainsi que, par exemple, la dissolution !• ddu chromate de potasse dans l'acide nitrique fournit, i een beaux cristaux, un sel qui est du trichromate de
• [potasse.
L'oxalate de potasse neutre s'obtient sous la forme de
• ecristaux, en saturant de l'oxalate acide de potasse ou de
• ll'acide oxalique avec du carbonate de potasse, évaporant S eet laissant refroidir la dissolution. Il est soluble dans t 33 parties d'eau froide.
Sulfate de potasse. Dans la préparation de l'acide ni- ' ttrique au moyen du salpêtre et dans celle de l'acide sullfurique on obtient comme produit secondaire une com- Ibinaison de potasse avec un excès d'acide; une forte (chaleur rouge ou la saturation avec de la potasse le i t transforme en sel neutre dont ioo parties d'eau dissol- : 'vent io parties à 120 et 26 parties à ioo°. On le retire 1 1 de la dissolution en cristaux bien déterminables, exempts i d'eau, décrépitant fortement par la chaleur , fusibles à une température élevée, et se distinguant parmi les sels par une grande dureté. Ce sel est insoluble dans l'alcool.
Le sulfate acide de potasse s'obtient en ajoutant au sel neutre une quantité d'acide égale à celle qu'il renferme déjà; il est très soluble dans l'eau froide, et plus soluble encore dans l'eau chaude. Arrosé d'alcool , il se décompose en sel neutre qui reste indissous et en acide ,
qui se dissout. 11 contient 6,6 pour cent d'eau de cris- ( tallisation qu'il n'abandonne point par la caléf'action. Il fond à 200° ; une température plus élevée le décompose avec dégagement d'acide sulfurique. Au moyen de la dissolution aqueuse on l'obtient quelquefois en aiguilles d'un éclatsoyeux;cependantilseprenddordinaireen cristaux volumineux dont la forme égale sous tous les rapports celle du soufre. En laissant refroidir le sel fondu on l'obtient également en gros cristaux qui correspondent à ceux du feldspath. Ce sel est donc une substance dimorphe. Les aiguilles n'ont pas encore été examinées. Lorsqu'on n'ajoute au sel neutre qu'environ moitié autant d'acide qu'il en contient, il se cristallise un sel qui tient le milieu entre les deux, quant au contenu en acide sulfurique. L'addition d'un peu plus d'eau qu'il n'en faut pour le dissoudre le transforme en sel neutre qui ne se dissout pas, et en sel acide.
Silicate de potasse. Je reviendrai sur cette combinaison dans une division à part , en traitant du verre.
Chlorate de potasse. Veut-on préparer quelques livres de chlorate de potasse, on développe le chlore dans un matras et on le conduit dans une dissolution de carbonate de potasse au moyen d'un large tube évasé inférieurement en entonnoir ou soudé par cette extrémité à un entonnoir. Veut-on le préparer en quantité plus grande , on emploie un vaisseau de plomb pareil à celui que je décrirai incessamment en traitant de la fabrication du chlorure de chaux, et on conduit le chlore clans la dissolution par un large tube de même métal. Le tube qui descend perpendiculairement dans le liquide est percé à sa partie supérieure d'un trou dans lequel s'adapte hermétiquement un bouchon traversé par
un bâton au moyen duquel on peut dégorger le tube.
Dans la première moitié de l'opération il se produit liiu bicarbonate dépotasse, du chlorure de potassium, iilu chlorite de potasse , sur la formation duquel je revieniHrai à propos du chlorure de chaux, et du chlorate de lootasse. Le chlorure de potassium se sépare en majeure partie ; c'est pourquoi , lorsque l'acide carbonique comninence à se dégager avec force, on fait bien de décanter la dissolution qui surnage cette substance saline. On continue alors l'opération jusqu'à ce que la liqueur exiale une forte odeur de chlore, ou bien jusqu'à ce que la. couleur rouge , produite au commencement dans la liqueur par une combinaison de manganèse, soit devenue jaune. On décante la liqueur refroidie de dessus les nistaux qu'on dissout dans 2 */4 à 3 parties d'eau bouil- .ianteet qu'on abandonne au refroidissement; 100 parties il'eau à io4° dissolvant 58 parties de chlorure de petassÉium et 60 parties de chlorate de potasse, et 100 parties Jd'eau à o° pouvant dissoudre 20^2 parties de chlorure die potassium et 3 */3 parties de chlorate de potasse, le l ohlorure de potassium restera en dissolution et le chloirate de potasse se cristallisera. On répète la cristallisatition pour obtenir le sel à l'état de pureté parfaite. Le cchlorate de potasse détonant fortement lorsqu'on vient à le projeter sur des charbons ardens, on peut enreconîinaître sans difficulté quelques traces qui restent avec le chlorure de potassium obtenu au commencement de : l'opération; on les extrait facilement- à l'aide d'un peu il eau bouillante. On fait évaporer à moitié l'eau-mère du chlorate de potasse ; par le refroidissement il s'en sépare alors du bicarbonate de potasse, du chlorate de potasse cet du chlorure de potassium. On redissout ces corps et
on laisse cristalliser la liqueur pour obtenir le chlorate de potasse.
Ce sel , ainsi que je l'ai déjà rapporté, abandonne très facilement son oxigène. Lorsqu'après avoir enveloppe ensemble du chlorate de potasse et du phosphore dan: un papier , on y applique un coup de marteau, il se faii une détonation très violente. Les huiles volatiles, le sucre, le soufre et plusieurs autres corps se comporteni avec lui comme le phosphore. On a essayé de le substi tuer au salpêtre dans la fabrication de la poudre; mai; le grand danger qu'on court en préparant une poudre pareille rend impossible cette manière d'utiliser le sel
On peut le mêler intimement avec du soufre en gâchant les deux corps avec une quantité suffisante d'eau pour les mettre en bouillie. Lorsqu'après avoir fait sé cher le mélange on le verse sur de l'acide sulfurique concentré dont on a mis quelques gouttes sur une plaque de verre, le soufre s'enflamme en se combinant avec les principes constituans de l'acide chloreux (pag. ii5,t. i qui se décompose.
C'est sur cette expérience qu'est fondée la construction des briquets chimiques ordinaires. Les allumettes, pour ces briquets, se font avec du bois de sapin, qu'on divise d'ordinaire à l'aide d'une machine. On trempe l'un de leurs bouts d'abord dans du soufre et ensuite dans une bouillie préparée en broyant ensemble 3o parties de chlorate de potasse en poudre fine, 8 parties de soufre et 5 parties de gomme arabique, ajoutant de l'eau au mélange et finissant par y introduire du soufre atténué par lalévigation. On pétrit la masse avec assez de cinabre pour la colorer en rouge et afin qu'on voie très distinctement que le soufre de l'allumette est couvert
une couche mince du mélange. Bien entendu qu'on lnoit dessécher entièrement les allumettes. Vient-on alors s en plonger l'extrémité dans de l'acide sulfurique con- 6 eentré, l'enveloppe rouge s'allume et met le feu au sou- « rce, qui à son tour enflamme le bois. On conserve l'acide t uulfurique dans un petit flacon contenant de l'amiante, e ))n y verse seulement assez d'acide pour imbiber l'at naiante : en y enfonçant alors l'alumette on exprime la • quantité d'acide nécessaire pour que l'inflammation > Vopère. L'emploi de l'amiante a pour but d'empêcher ! j|ue l'acide ne s'éparpille et de prévenir les dégâts qu'il :a userait s'il en tombait une goutte sur les vêtemens et ;uur d'autres objets. Il se fait actuellement , à Berlin , une :onsommation tellement grande de ces allumettes que, Idans une seule fabrique, on emploie par jour plus de 5o livres de chlorate de potasse pour en confectionner. FPendant quelque temps on préparait des allumettes en introduisant de l'acide sulfurique dans un petit tube de vverre, scellant celui-ci et le collant dans un papier avec Lie mélange rapporté ci-dessus; dès lors, pour obtenir du feu, on n'avait plus qu'à briser le verre au moyen id'un coup ou avec les dents. Une disposition semblable :a été employée avec succès pour amorcer les armes.
On a aussi appliqué le chlorate de potasse à la préparation d'une poudre à percussion; je traiterai de cet i usage du chlorate de potasse à propos du fulminate de i mercure auquel on donne généralement la préférence i dans ce moment.
Acétate de potasse. Ce sel s'obtient en saturant du vinaigre distillé avec du carbonate de potasse et évaporant la liqueur jusqu'à la consistance sirupeuse; refroidie lentement, cette liqueur donne des cristaux lamelleux , de
là l'ancien nom terra foliatd tartari; refroidie rapidement elle se prend en un sel pailleté. Le sel est très soluble dans l'eau et dans l'alcool et se résout en liquide à l'an*. On ne peut le purifier par la cristallisation; on ne l'obtient à l'état pur qu'en le préparant avec des substances exemptes de matières étrangères. Comme il devient alcalin pendant l'évaporation, il faut y ajouter un peu de vinaigre; si la dissolution prend une couleur jaune on la fait bouillir avec du charbon.
Tartrate acide de potasse , tartre. Le tartre se trouve tout formé dans la sève des tamarins et des ceps de vigne ; on l'obtient aisément en cristaux du suc des diverses parties des vignes, des raisins, des pampres, des feuilles, en l'évaporant un peu. Le tartre qu'on rencontre dans le commerce résulte du dépôt qui se forme dans les tonneaux contenant des vins acidulés. Les vins acidulés ne sont notamment que des dissolutions concentrées de tartre, lequel étant insoluble dans l'alcool, se sépare à mesure que le contenu des vins en alcool augmente soit par la fermentation lente, soit parce qu'à travers les parois des tonneaux comme à travers la vessie (p. 3^3, t. i), il ne s'évapore que de l'eau et point d'alcool. Le sel se dépose contre les parois intérieures des tonneaux sous la forme d'une croûte qu'on abat lorsqu'elle est devenue assez épaisse et que les tonneliers démontent les tonneaux. Cette croûte, qui offre sur l'une de ses faces des cristaux distincts et achevés, se compose de tartre, de tartrate de chaux neutre, de lie*, et en général des substances qui se séparent du vin pendant
* La lie s'y trouve quelquefois en telle abondance que le larlre cru peut ôtre employé en place de levure debierre.
ijjia clarification. Si le vin était rouge, le tartre en con- J?erve le principe colorant qui lui donne la môme teinte.
Pour le purifier on le fait d'abord moudre finement , tt on le verse ensuite dans de l'eau bouillante. Une s aartie de tartre exige, pour être dissoute, j4 parties Veau bouillante et 180 parties d'eau froide. On laisse , eeposer quelques momens la dissolution chaude jusqu'à { ee qu'elle soit devenue claire; on la verse alors dans des iristallisoirs.On redissout dans l'eau bouillante la croûte rristalline et un peu colorée qui se forme par le refroidissement de cette liqueur, et l'on ajoute à la dissolucon 4 à 5 pour cent d'argile maigre (de l'argile mêlée ee sable) qui produit un composé insoluble en se combinant avec la matière colorante. Dès que la dissolution est clarifiée, on la décante et on la fait évaporer jusqu'à ce qu'il y apparaisse une peau cristalline; on la porte rnsuite dans les cristallisoirs. Quand la cristallisation se trouve achevée, on expose les cristaux à la lumière du oleil; cette lumière les blanchit davantage en détruisant l'une manière plus complète le principe qui les colore, jes eaux-mères servent à opérer de nouvelles dissoluions. Le tartre contient toujours du tartrate de chaux Mont la quantité varie entre 2 et 5 pour cent, mais peut élever jusqu'à i4 pour cent; cette impureté est d'orlilinaire sans inconvénient. Le tartre pur ne s'obtient jiju'en combinant l'acide tartrique avec la potasse. Le artre contient 4 3/4 pour cent d'eau de cristallisation jrpie la chaleur ne lui fait point abandonner. Soumis à la i listillation, il donne des produits qui diffèrent en raison le la température; indépendamment de l'acide acétique Me l'eau et de l'huile pyrogénée, on obtient un acide >articulier. La liqueur qui passe à la distillation du
tartre cru contient de l'ammoniaque provenant de la dé composition de la lie.
On obtient plusieurs sels importans en combinant de; bases avec l'excès d'acide que contient le tartre. Car le tartrate de potasse fournit un grand nombre de sel doubles dont je décrirai les plus saillans à propos de bases qui y existent avec la potasse , telles que le deut oxide de fer, l'alumine, l'oxide d'antimoine, etc. D( même que l'oxide d'antimoine, qui joue le rôle d'acidJ à l'égard des bases énergiques, s'unit avec l'acide tari trique et avec le tartrate de potasse, de même l'acidJ arsénieux et l'acide borique s'y combinent. La combi naison du tartrate de potasse avec le tartrate d'acide bo riqué ne se cristallise pas , et il paraît que l'acide borique peut s'unir en différentes proportions avec l'acide tartrique. Le sel double se distingue par sa grande solubi lité dans l'eau. En prenant 4 parties de tartre pour une d'acide borique et laissant la combinaison se desséche] à l'air, on obtient seulement 4 Va parties de sel, parce que l'acide borique et le tartre laissent tous les deux échapper leur eau. La combinaison ainsi obtenue se dissout dans */4 de son poids d'eau bouillante et dam 3/4 d'eau froide. Une combinaison qui doit être rangée ici s'obtient en faisant dissoudre 3 parties de tartre et une de borax (borate de soude) dans 10 parties d'eau et évaporant la liqueur jusqu'à siccité. On obtient par là 3, G parties de sel sec. Ce résidu forme une masse visqueuse et gluante, qui s'humecte à l'air et se dissout dans parties! égales d'eau. Il consiste en un mélange de tartrate potassico-borique et de tartrate sodico borique, l'excès d'acide du tartre y étant combiné en même temps avec la soude et avec l'acide borique. Car le tartrate de soude forme
, également avec le tartrate d'acide borique une combiuaison qu'on obtient en ajoutant de l'acide borique à du i tartrate acide de soude.
e Tartrate neutre de soude. On peut se procurer ce sel comme produit secondaire dans la préparation de l'acide aartrique. On n'a pour cela qu'à filtrer et à évaporer la dissolution qui surnage le précipité obtenu en saturant t'excès d'acide du tartre avec du carbonate de chaux. Dn l'obtient d'ordinaire en neutralisant le tartre par le jarbonate de potasse. On filtre la dissolution pour la éparer du sel de chaux indissous, et on l'évaporé ordinairement jusqu'à siccité; cependant il est aisé d'en retirer debeaux et volumineux cristaux qui ne s'altèrent point il l'air si celui-ci n'est pas très humide. Il se dissout facilement dans l'eau. Sur la même quantité dépotasse, le martre contient une quantité d'acide double de celle qui ntre dans la composition du tartrate neutre de soude.
Potassium et soufre.
Le potassium et le soufre se combinent en cinq proportions différentes: le premier sulfure correspond à ll'oxide et le troisième au deutoxide. On peut obtenir ices combinaisons d'une manière directe, en échauffant ^ensemble du potassium et du soufre, ou bien en réduisant du sulfate de potasse au moyen de l'hydrogène, dans une boule de verre, et faisant fondre le protosulfure qui résulte de là avec différentes proportions de soufre. Indépendamment de ces méthodes, il en existe j plusieurs autres. Trois de ces combinaisons sont d'une ■ importance particulière.
Protosulfure de potassium. Ce sel ne s'obtient pas
seulement au moyen de l'hydrogène, mais encore pa la calcination du sulfate de potasse avec du charbon! dans des vaisseaux clos. Il fond à une température un peu élevée et forme en refroidissant une masse cristallina et rouge de cinabre. Lorsqu 'après avoir mêlé intime-J ment 2 parties de sulfate de potasse avec 1 partie da noir de fumée on élève le mélange à une forte tempé-| rature rouge, l'excès de charbon dont on s'est servi faitf que le sulfure de potassium obtenu se trouve dans un éta de division extrême et qu'un atome de la masse exposé à| l'air prend feu : c'est donc un pyrophore (p. 23o, t. i).| Les acides décomposent le protosulfure de potassium de telle sorte qu'il en résulte du gaz hydrogène sulfuré et un sel de potasse , sans que du soufre se dépose. Comme cependant , lors de sa préparation, une petite quantité de la silice des vaisseaux produit, avec la potasse du sulfate de potasse, un peu de silicate de même base et un degré supérieur de sulfuration, celui-ci donne lieu à une séparation de soufre lorsqu'on vient à ajouter un acide.
Trito sulfure de potassium. Lorsqu'après avoir mêlé 100 parties de carbonate de potasse anhydre avec 58,22 parties de soufre , on maintient le tout à une faible température rouge jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique et que la masse entre en fusion tranquille, les 3/4 de la potasse cèdent leur oxigène à l/10 du soufre pour former de l'acide sulfurique, qui en se portant sur l'autre quart de la potasse produit du sulfate de cette base, et les trois parties de potassium se combinent avec les 9/10 du soufre et développent du tritosulfure de potassium. Si l'on emploie une plus grande quantité de carbonate de potasse, il se forme toujours le même
legré de sulfuration, et l'excès du carbonate de potasse lirais en jeu reste indécomposé. Le tritosulfure de potasium fond non seulement avec le carbonate, mais encore
ntvee le sulfate de potasse , de manière que ces combinaisons se dissolvent réciproquement. Lorsqu'on échauffe
ce mélange jusqu'au rouge, il laisse dégager de l'acide \irbonique et donne naissance à un degré inférieur de
uulfuration.
Quintisulfure de potassium. Ce corps s'obtient par la fu - •i.ion de 100 parties de carbonate de potasse avec 0,4 Par~ lies de soufre. La combinaison s'opère déjà au point de Lusion du soufre ; si l'on a employé un excès de soufre , Dn peut le séparer par voie de sublimation. La décomposition est la même que pour la combinaison précéidente , si ce n'est qu'il se forme un degré supérieur de combinaison. Lorsqu'après avoir mêlé le protosulfure de potassium avec du soufre en excès, on échauffe le méaange, il se sublime assez de soufre pour qu'on obtienne ccette combinaison pour résidu ; lorsqu'on fond ensuite :ce résidu avec une plus grande quantité de soufre, 11 se forme, par le refroidissement, deux couches, dont 'inférieure est du quintisulfure de potassium et la supérieure du soufre pur.
La couleur hépatique que présente ce mélange de
sulfate de potasse et de sulfure de potassium , lorsqu'il
•i'est figé, lui a valu le nom de foie de soufre (Jiepar sul-
oohuris)] le foie de soufre de la pharmacopée prussienne,
ipour lequel on prend 2 parties de carbonate de potasse
;et une partie de soufre, consiste en tritosulfure de po-
utassium , en sulfate de potasse et en un peu de carbonate
iide cette base.
Lorsqu'on échauffe de l'hydrate de potasse avec du in. 4
soufre , il se forme de l'hyposulfite de potasse et du sul-J fure de potassium. Le même phénomène s'opère en fai-I sant bouillir une dissolution concentrée de potasse avec! du soufre. Les deux tiers de la potasse abandonnent leur) oxigène au soufre, et cette réaction produit du sulfure de potassium et de l'hyposulfite de potasse (p. 83, t. 2).
51 l'on prend un excès de soufre, le degré supérieur de sulfuration se produit. On emploie cette dissolution pour préparer le soufre précipité. Lorsqu'on y ajoute de l'acide sulfurique dilué, le sulfure de potassium se décompose le premier : du gaz hydrogène sulfuré devient libre, du soufre se précipite et du sulfite de potasse reste; ensuite l'hyposulfite de potasse, décomposé à son tour , laisse dégager de l'acide sulfureux et produit pareillement du sulfate de potasse et du soufre, dont l'un reste et l'autre se dépose. L'acide sulfureux développe de l'eau et du soufre en réagissant sur l'hydrogène sulfuré qui existe encore dans la dissolution. Si l'hyposulfite de potasse et le sulfure de potassium se décomposaient en même temps, il ne se précipiterait que du soufre et il ne se formerait que du sulfate de potasse, parce que l'hydrogène sulfuré trouverait la quantité d'acide sulfureux nécessaire pour se changer en eau et en soufre. J'ai déjà rapporté précédemment (p. 223, t. 2) les autres phénomènes qu'opère la décomposition du sulfure de potassium.
Toutes les combinaisons du soufre avec le potassium étant solubles dans l'eau, il est extrêmement probable que les sulfures, les chlorures, les bromures et d'autres composés de même espèce se dissolvent dans l'eau sans éprouver de décomposition. Car si cette dissolution s'opérait avec formation de potasse on devrait admettre
lautant de combinaisons de soufre et d'hydrogène qu'il iy a de degrés de sulfuration ; or , l'existence de ces .combinaisons n'a pas encore pu se démontrer jusqu'ici.
Les sels du sulfure de potassium.
Hydrosulfate de sulfure de potassium. Cette combiîmaison se produit en versant une dissolution de potasse Jdans une cornue tubulée et y faisant passer un courant dd'hydrogène sulfuré jusqu'à refus. Après qu'on a évarporé la liqueur jusqu'à la consistance de sirop, le sel >s'en sépare en cristaux par le refroidissement. Exposé à ITair, il tombe en déliquescence.
Le sulfure de potassium se combine en outre avec le -sulfure de carbone et avec un grand nombre de sulfures ■ métalliques. Je ne décrirai ces combinaisons qu'à propos des sulfures métalliques eux-mêmes.
Potassium et chlore.
Chlorure de potassium. On l'extrait des eaux-mères de différentes sources salées, comme je le rapporterai plus ! loin. De plus , le sel qui reste dans l'eau mère obtenue en i raffinant le salpêtre consiste principalement en chlouure de potassium; les potasses du commerce en ren- I ferment aussi. On l'obtient encore en décomposant les : savons de potasse avec du chlorure de sodium pour les convertir en savons de soude. On consomme ce chlorure de potassium impur dans la fabrication de I l'alun ; j'y reviendrai à propos de ce dernier sel. L'addition d'une partie de chlorure de potassium pulvérisé à quatre parties d'eau abaissant la température de 1 1°,4 , tandis qu'une égale quantité de sel marin ne produit
qu'un abaissement de i0,9, on a employé le thermomètre comme moyen d'essai pour le contenu en chlorure de I potassium. Cette méthode est applicable lorsque le sel sert à faire des glaces. Dans les fabriques d'alun il vaut mieux déterminer la quantité d'alun que produit un poids déterminé du mélange salin , quand on l'ajoute à un extrait concentré de la terre d'alun grillée.
Iodure de potassium. Cette combinaison s'obtient en ajoutant de l'iode à une dissolution de potasse (tom. i7 p. 1 10). On fait rougir l'iodate de potasse qui se sépare, afin de le transformer en iodure de potassium , on évapore la dissolution de ce dernier composé, et on chauffe également le résidu au rouge, pour décomposer l'iodate de potasse qui peut y exister. On dissout dans l'eau l'iodure de potassium obtenu de cette manière et on évapore la liqueur. Il est facile de l'obtenir en cristaux cubiques avec les faces secondaires de cette forme. L'iodure de potassium, de même que plusieurs autres combinaisons de l'iode, dissout aisément de l'iode en produisant une dissolution colorée en brun.
Cyanure de potassium. La manière la plus facile de le préparer consiste à dépouiller le cyanure double de potassium et de fer (lessive du sang) de son eau de cristallisation au moyen d'une douce chaleur, et à le faire rougir dans une cornue en fer, semblable à celle qu'on emploie pour la distillation du potassium (t. 3 , p. 12). Le cyanure de fer se décompose et on continue la caléfaction , sans augmenter la température , tant qu'il se développe des gaz; le gaz azote se dégage, le cyanure de potassium, qui reste, entre en fusion et se sépare en majeure partie du carbure de fer, et l'on cherche à dissocier autant que possible les petits cristaux d'avec la
ninasse noire qu'on pulvérise pour 1 épuiser avec de l'eau. P)n fait évaporer la dissolution filtrée, dans une cornue, juusqua apparition d une peau cristalline; par le refroillissement, il s'en sépare du cyanure de potassium en Inristaux cubiques avec les faces secondaires de cette [corme. On peut l'employer très bien pour préparer hl'autres cyanures métalliques en précipitant les dissomitions des métaux avec celle du cyanure de potassium.