‹ Élemens de chimie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 106 sur 118 · IV. AMMONIUM · texte numérisé non relu

IV. AMMONIUM

La grande analogie qu'on remarque entre les sels ammoniacaux et ceux de la potasse conduit naturellement 1 1 chercher , dans les premiers, un oxide métallique d'une •composition analogue à celle de la potasse. Quand j'aurai arapporté les différentes combinaisons de l'ammoniaque, )»n conclura facilement qu'une combinaison de i vol. Il'azote et 4 vol. d'hydrogène joue, dans ces combinaicons, un rôle analogue à celui du potassium. Je retiendrai à la fin du présent chapitre sur cette combiuaison à laquelle on donne le nom d'ammonium et [\[u'on ne peut mettre en évidence.

Ammoniaque.

L'ammoniaque, qui est gazeuse et incolore à la tempéaature ordinaire, s'obtient à l'état de pureté, en mêlant i . parties de chaux pure ( marbre calciné ) avec i pariie de sel ammoniac pur, et en faisant chauffer le méaange dans une cornue (fîg. 2.4) adaptée à un récipient nnuni d'un tube qu'on a rempli d'hydrate de potasse aondu. Le sel ammoniac est de l'hydrochlorate d'ammoiiiaque , et la chaux expulse l'ammoniaque en se combi-

nant avec l'acide hydrochlorique; du chlorure de cal-f cium et de l'eau se forment, de sorte qu'en employant! l'action de la chaleur , il reste du chlorure de calcium dans la cornue, tandis qu'il se dégage de l'eau et de l'ammoniaque. L'eau se condense dans le récipient et l'ammoniaque humide est desséchée complètement par l'hydrate de potasse. On ne peut employer le chlorure de calcium pour opérer la dessiccation du gaz ammoniac , parce qu'il s'y combine; on le recueille sur le mercure. C< gaz agit sur les couleurs végétales à la manière des autre; alcalis ; il a une odeur particulière , irritante et piquante il suffoque les animaux et éteint les corps en combustion. Avant de s'éteindre, une lumière qu'on y introduii opère , aux points en contact avec l'air , une combustior partielle de l'ammoniaque en développant une grand< flamme jaunâtre. Conduit par un tube étroit dans di gaz oxigène, il brûle, quand on y met le feu, ave< une flamme jaunâtre et en produisant de la vapeu: aqueuse et un peu d'acide nitrique, tandis que du ga; azote se sépare.

Dirigée à travers un tube incandescent , l'ammoniaqu se décompose partiellement; la décomposition a liei avec facilité et d'une manière complète, lorsqu'on in troduit dans le tube certains métaux qu'il est avantageu: de réduire préalablement en fils. Comme le platine opèr cette décomposition d'une manière plus lente et moin complète que le fer, l'action des métaux ne résulte pa seulement de ce qu'ils augmentent la surface qui s'op pose au passage du gaz, mais encore de ce qu'ils jouen le rôle d'une substance de contact (t. t , p. 107); le métaux n'éprouvent aucune altération chimique dans c phénomène. On trouve la composition du mélange ob

aenu, en en ajoutant un volume connu à une quantité d'oxigène également déterminée, et y faisant passer l étincelle électrique ; 3 volumes , qui disparaissent en formant de l'eau , correspondent à 2 volumes d'hydrogène, l On peut aussi conduire le gaz ammoniac sur du deutloxide de cuivre échauffé au rouge. Ces expériences font 1 voir que l'ammoniaque est composée de 3 volumes d'hyddrogène et de 1 volume d'azote, et comme la pesanteur spécifique du gaz ammoniac déterminée par l'expérience oest comprise entre 0,590 et 0,5967, on a

/ r s ( î 1/2 v. eaz hydr. (11/2.0,0688 = 0,1032) nv.eaz amm. (o,5gi2) = l '. 0 ' . } ' „

6 \ 7 a j ( 1/2 m azote ( 1/3. 0,976 == o,488).

Sur 100 parties en poids, elle contient par conséquent 82,544 parties d'azote et iy,456 parties d'hydrogène.

J'ai déjà rapporté (t. i , p. 33 et 65) que le chlore ildéveloppe de l'acide hydrochlorique et de l'azote avec H'ammoniaque , et de l'acid'e hydrochlorique ainsi que ddu protochlorure d'azote avec les sels ammoniacaux.

On n'a pas encore pu combiner directement l'azote et l'hydrogène, cependant on parvient facilement à préparer l'ammoniaque à l'aide de substances tout-à-fait étrangères à la vie organique. La manière la plus simple de réaliser ce phénomène consiste à placer du zinc dans une dissolution i diluée d'acide nitrique contenant environ 2 pour ceDt d'acide sulfurique. On ajoute l'acide nitrique en quantité suffisante pour faire cesser le développement de bulles .gazeuses. L'eau et l'acide nitrique se décomposent alors > simultanément; l'oxigène se porte sur le zinc et l'hydrogène de l'eau produit de l'ammoniaque en se combinant

avec l'azote de l'acide nitrique. La liqueur contient par conséquent du sulfate d'oxide de zinc et du sulfate d'ammoniaque. On pp-it développer de l'ammoniaque en employant d'une manière semblable l'étain, le fer et d'autres métaux.

Refroidie jusqu'à — 4°°j l'ammoniaque se liquéfie; ce phénomène s'opère à + io° au moyen d'une pression de 6 Vf* atmosphères. La manière la plus facile de l'obtenir à l'état liquide consiste à faire arriver du gaz ammoniac sur du chlorure d'argent, qui s'y combine surle-champ, et à verser cette combinaison dans un tube (Jîg. a5) dont on scelle l'ouverture. Lorsqu'on vient à échauffer l'extrémité a où se trouve le chlorure double d'ammoniaque et d'argent, celui-ci entre en fusion à 38°, bout et abandonne l'ammoniaque, qui, en se condensant dans le bout b qu'on maintient froid, produit un corps incolore, très fluide et d'une pesanteur spécifique de o, j6. Si on laisse ensuite reposer l'appareil pendant quelque temps, le chlorure d'argent ne taixlerapas à absorber de nouveau l'ammoniaque, de sorte qu'on pourra répéter cette expérience aussi souvent qu'on voudra.

Lorsqu'on introduit un peu d'eau ou bien un petit morceau de glace dans du gaz ammoniac recueilli sur le mercure, le gaz est englouti à l'instant et en totalité et le mercure s'élève dans le vaisseau.

L'ammoniaque liquide (fluor) ordinaire est une dissolution de gaz ammoniac dans l'eau qui en absorbe d'autant plus que la température est plus basse. L'ammoniaque liquide d'une densité de

0,8726 contient 3a, 5 pour cent d'ammoniaque, 0,9054 » 25,07 i) »

Par la ealéfaction, le gaz ammoniac se dégage et le point d'ébullition de la liqueur s'élève. Si elle a été «saturée à o°, elle bout à fo°, et si sa pesanteur spécifique eest de 0,91 , elle entre en ébullition à 45°. Refroidie lentement jusqu'à — 4°°3 ^a liqueur saturée se congèle en mne masse formée d'aiguilles brillantes.

L'ammoniaque liquide s'obtient le plus facilement en rmêlant ensemble parties égales de sel ammoniac et de cchaux vive et en remplissant à moitié de ce mélange une t cornue ou un matras k (fig. 26), qu'on peut choisir [parmi les plus grands qui se trouvent dans le commerce. tOn coéffe le ballon au moyen d'une poire de caoutchouc a coupée transversalement par le milieu et au [bout de laquelle est adapté un bouchon muni d'un tube cde sûreté h et d'un tube de décharge s. Le tube de dé- (.charge s'engage dans le flacon t, où l'on veut conserver ll'ammoniaque et qui est rempli au tiers d'eau; il faut le tfaire descendre jusqu'au fond du flacon, parce que la Uiqueur saturée est plus légère que l'eau. Pour chaque llivre de sel ammoniac on prend une livre d'eau. Il faut (constamment tenir en réserve plusieurs flacons de rec charge pour qu'on puisse remplacer un flacon devenu ttrop chaud; car, quelque soin qu'on prenne pour rafraîtchir les flacons, la rapidité avec laquelle l'ammoniaque •se développe et se condense fait qu'on n'y parvient qu'in- < complètement. On introduit de temps à autre de l'eau ipar l'entonnoir du tube de sûreté. La chaux se combine . avec l'eau (s'éteint) et la chaleur produite par ce moyen 1 opère un dégagement rapide de gaz ammoniac qui (expulse d'abord l'air des vaisseaux. Quand l'eau ajoutée me développe plus de gaz ammoniac, on échauffe le I ballon jusqu'à ce que la liqueur pultacée entre en ébul-

lition, et l'on continue cette opération tant qu'il passe encore de l'ammoniaque. Par ce procédé la décomposition se fait d'une manière tout aussi complète et beaucoup plus facilement que lorsque, sans ajouter de l'eau, on échauffe de la chaux et du sel ammoniac jusqu'au point de fusion du chlorure de calcium; l'ammoniaque elle-même est plus pure, attendu que le 6el ammoniac contient toujours des substances empyreumatiques qui ne distillent pas dans cette méthode de préparation. La masse qui reste est facile à retirer du ballon , de sorte qu'on ne saurait briser ce vaisseau sans imprudence. Préparée d'après la méthode ordinaire, dans des appareils distillatoires , l'ammoniaque contient toujours un peu de deutoxide d'étain provenant des serpentins.

L'ammoniaque liquide a l'odeur du gaz, qui, semblable à celle de l'esprit ammoniacal, est généralement connue; sa saveur est acre, pareille à celle d'une lessive faible de potasse; elle attaque peu les substances animales dont elle ne dissout que quelques-unes ; son action sur la peau et sur la langue est vésicante.

Ccmibinaisons de ï ammoniaque.

Lorsqu'on introduit du phosphore sec dans du gaz ammoniac également sec, celui-ci est absorbé. De même l'iode condense le gaz ammoniac et forme avec lui une liqueur foncée : on n'est pas encore d'accord sur la question de savoir si les corps produits résultent de l'union de corps simples ou de la combinaison d'un hydrure avec un azoture.

L'ammoniaque se combine avec les acides pour former des sels très semblables aux sels de potasse; elle produit

en outre une classe particulière de combinaisons en s'unissant avec les compose's haloïdes, notamment avec les chlorures, les bromures, les iodures, les fluorures et les cyanures.

On peut découvrir les moindres quantités d'ammoniaque, dans les combinaisons de ce corps, par une addition de potasse qui se combine avec l'acide; lorsqu'on approche de la liqueur une baguette de verre humectée d'acide muriatique , celle-ci s'entoure sur-lechamp d'une fumée blanche due à ce que l'acide muriatique se combine avec les vapeurs d'ammoniaque.

J'ai déjà mentionné une classe particulière de combinaisons, les amides, qui correspondent à un sel ammoniacal d'où il s'est séparé un volume d'hydrogène de l'ammoniaque uni à un demi volume d'oxigène de l'acide.

Ammoniaque et acides.

Hydrochlorate d ammoniaque , chlorure d'ammonium , sel ammoniac. Le sel ammoniac servant à préparer la majeure partie des sels ammoniacaux et l'ammoniaque elle-même, il est à propos d'en traiter déjà maintenant.

Le sel ammoniac est soluble dans 2, y parties d'eau froide et dans parties égales d'eau chaude. Il se sépare de la dissolution concentrée et chaude en cristaux octaédriques avec les faces du cube; les octaèdres se groupent ordinairement entre eux, comme ceux du soufre sublimé (t. 1 , p. 39), ce qui rend tellement flexible le sel ammoniac obtenu des dissolutions aqueuses ou par la sublimation , qu'on ne peut le pulvériser qu'avec peine. Soluble dans l'alcool. Inaltérable à l'air. Échauffé au

rouge naissant, il se sublime sans fondre préalablement. Sa pesanteur spécifique ,est de i,45. Il résulte de volumes égaux d'acide hydrochlorique et d'ammoniaque.

Il n'y a pas de substance pour la préparation de laquelle on se soit servi de méthodes aussi variées que pour celle du sel ammoniac; il n'y en a pas non plus qui ait si peu récompensé le fabricant en raison des faibles quantités qu'on en consomme. Ne pouvant rapporter ici que deux méthodes, je commencerai par celle qui se rattache à la préparation du cyanure double de fer et de potassium, sur laquelle je reviendrai à propos du fer. Dans cette préparation on ne peut employer que le charbon animal exempt de phosphate calcaire ; on prend par conséquent des cornes , des rognures de corne, des pattes, des poils et d'autres substances de même espèce, en particulier du cuir usé, de vieilles savattes, et ainsi de suite. On fait chauffer ces substances dans des cylindres de fer fixés dans la maçonnerie comme ceux qui servent à fabriquer l'acide nitrique (t. 2, p. 4^). Après l'introduction des substances animales , on ferme l'extremité béante du cylindre a avec le couvercle b {Jig. 27 ) et on lute les joints. La distillation étant achevée, on enlève le couvercle en faisant passer une lige à travers l'anneau qu'il porte, on verse les charbons dans un vaisseau en tôle , qu'on bouche également au moyen d'un couvercle pour les abriter contre l'accès de L'air, et on les y laisse refroidir. On recharge immédiatement les cylindres chauds et on applique de nouveau les couvercles b. Le cylindre a se termine à l'autre bout par un tube étroit c adapté hermétiquement au premier tonneau d , qui communique avec un second tonneau c réuni de même à un troisième tonneau f, et ainsi de suite. On

MÉTAUX. i) 1

i emploie de cette manière 6 à 8 tonneaux. Ils sont vides; pour empêcher qu'ils ne se dessèchent trop, on verse de l'eau sur leur fond supérieur. Dans le premier tonneau, il se condense de l'ammoniaque aqueuse et de l'huile, i et dans les suivans , il se dépose encore du carbonate d'ammoniaque solide ; le dernier tonneau qui reste presque vide, laisse échapper les gaz. On décante le liquide distillé et on retire le carbonate d'ammoniaque solide pour le faire dissoudre dans le liquide , quelquefois ; aussi pour le purifier.

On verse le liquide dans un grand vaisseau et on ■ enlève avec une cuiller l'huile qui le surnage. On y ajoute ensuite de l'acide hydrochlorique qui s'empare ' de l'ammoniaque combinée avec de l'acide carbonique , i de l'acide acétique et de l'hydrogène sulfuré. Si l'on a i obtenu du chlorure de calcium en préparant du sulfate i de magnésie, de l'ammoniaque, etc., on l'emploie pour i opérer la décomposition. L'huile qui se sépare du liquide ] pendant qu'on le neutralise et qu'on l'évaporé étant en- 1 levée avec une cuiller, la dissolution concentrée par I l'évaporation donne en refroidissant du sel ammoniac en cristaux bruns qu'on fait chauffer dans un fourneau jusqu'à ce qu'ils commencent à se volatiliser; l'huile pyrogénée se dégage alors ou se décompose. On dissout le : sel ammoniac dans de l'eau, on le fait bouillir avec du i charbon animal , et on l'obtient en cristaux blancs après avoir filtré et évaporé la dissolution. Si la liqueur i contient une quantité de sulfate d'ammoniaque qui puisse nuire, on décompose ce sel avec du chlorure de barium avant de procéder à l'évaporation.

Le commerce nous offre le sel ammoniac tantôt en • cristaux, tantôt en pains; ou l'obtient sous la forme de

y 2 MÉTAUX.

petits pains en le faisant fondre et le versant dans des pots de terre, qu'on remplit à moitié et qui se trouvent placés dans des bains de sable sur un fourneau de galère (t. i , p. J\o). Lorsque le sel ammoniac commence à se sublimer, on débouche constamment l'ouverture du vaisseau avec un foret de fer, pour éviter qu'il ne se produise une explosion. En brisant ensuite les pots, on retrouve du sel ammoniac sous la forme de la partie supérieure de ces vaisseaux.

En prenant de l'urine qu'on a fait reposer pendant quelque temps, et la distillant dans un appareil particulier jusqu'à ce que 3 parties sur 10 aient passé, on obtiendra, par la décomposition de l'urée, une dissolution diluée de carbonate d'ammoniaque qu'on pourra facilement décomposer d'une manière complète, à froid, avec du gypse moulu. C'est là le procédé qu'on suit à Vienne. La dissolution du sulfate d'ammoniaque est concentrée par l'évaporation. Aux dissolutions de sulfate d'ammoniaque amenées à un degré de concentration déterminé, on ajoute assez de sel marin pour que l'un et l'autre sel soient complètement décomposés et transformés respectivement en sulfate de soude et en sel ammoniac. Le sel de Glauber se sépare pendant l'évaporation de la liqueur : on l'enlève sans cesse au moyen d'un râteau et l'on continue cette opération jusqu'à ce qu'une goutte de la dissolution se prenne en un réseau de cristaux en refroidissant. On abandonne la liqueur au repos dans un réservoir jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que tiède ; il ne se sépare point alors de sel de Glauber, quiest également soluble dans l'eau à ioo°et à 3o°;mais seulement du sel ammoniac qu'on met s'égoutlcr sur un linge tendu. L'eau-mère est ajoutée aux dissolutions concentrées qu on

évapore ensuite. On fait sécher le sel ammoniac sur des claies de manière qu'il conserve encore un peu d'adhérence aux doigts, puis on le verse dans des vaisseaux de terre cuite, on l'y presse fortement et on le couvre d'une couche de charbon. On introduit le vaisseau de terre b [fig. 28) dans la capsule de fer a et on l'y adapte exactement avec de l'argile 5 la capsule repose par le milieu sur une pierre et sur un bord surmonté d'une cloison en maçonnerie, ayant pour effet de déterminer des courans distincts à droite et à gauche de la capsule. Gomme la capsule resterait trop froide à l'endroit où se trouve la cloison , un courant passe directement par celle-ci dans la cheminée au moyen d'un canal étroit. Ce canal et les courans qui circulent à droite et à gauche de la capsule se rendent séparément dans la cheminée, et peuvent être gouvernés chacun par un registre particulier. On commence par échauffer assez la capsule pour que toute l'eau du sel ammoniac soit expulsée et on place ensuite sur son bord un anneau d'argile sur lequel on applique une calotte en plomb, de manière que la clôture soit parfaite 5 plus tard les crevasses sont réparées à mesure qu'elles se forment. On ferme incomplètement l'ouverture de la calotte c avec un bouchon qu'on enlève de temps à autre pour examiner, à l'aide d'une sonde, si l'opération marche d'une manière égale partout. La diminution uniforme de la masse intérieure indique ce fait. On pousse le feu , en ouvrant davantage le registre, là où la sublimation est en retard. Celle-ci doit s'opérer assez rapidement pour que le pain de sel ammoniac ait l'aspect vitreux qu'on veut avoir dans le commerce. Si l'ouverture vient à se boucher on la rouvre avec un foret. On laisse un résidu de cinq livres clans le vaisseau

de terre pour l'employer dans une opération subséquente. Sans cette précaution il se sublimerait en même temps du deutochlorure de fer. Quand la calotte est retirée , le pain de sel ammoniac s'en détache spontanément; on en enlève, au moyen d'un rabot', la surface extérieure qui est un peu noire. Il pèse 43 livres. L'opération s'achevant quelquefois 5 à 6 heures plus tôt dans une capsule que dans une autre, on ne peut se servir de fourneaux de galère pour l'exécuter.

En Egypte, où la fiente du chameau est employée comme combustible, on obtient le sel ammoniac en sublimant la suie dans de grands matras de verre qu'on échauffe au moyen d'un fourneau de galère. Comme on le retirait autrefois de ce pays, on lui a donné le nom de sel ammoniacum (sel ammoniac, salmiac), qui est dérivé de ùpfcwtoLS lybien. Le sel ammoniac ( Gl H + N 3 H ) est composé de volumes égaux d'acide hydrochlorique et d'ammoniaque. En traitant du barium, je rapporterai en peu de mots encore une autre méthode de le préparer.

Carbonate a" ammoniaque. Le carbonate d'ammoniaque neutre s'obtient en faisant arriver du gaz acide carbonique dans de l'ammoniaque également gazeuse ; l'eau décompose cette combinaison en la dépouillant d'une portion d'ammoniaque. La combinaison qui se produit alors est vraisemblablement du sesquicarbonate d'ammoniaque; elle résulte de la distillation des substances animales et elle se dépose , ainsi que je l'ai déjà rapporté, sous la forme de croûtes dans les tonneaux. Pour purifier le sel, on le mêle avec i l/a fois son poids de charbon animal , on verse le mélange dans un matras de fer a. (/ig, 29) muni de deux tubulures mn

, dans lesquelles on fixe respectivement un matras et une i cornue de verre ( les vaisseaux de verre qu'on consacre

à cet usage, étant d'ordinaire déjà fêlés, on colle du I papier sur les fentes). Le matras c lui-même doit être I percé à sa partie supérieure d'un trou rond qu'on y I pratique en brisant une bulle dans le verre à l'aide d'un i marteau pointu.

La sublimation doit' se faire à une température très I basse. Le trou rond, ouvert d'abord, doit être fermé

avec un bouchon , aussitôt que le carbonate d'ammoi niaque commence à se sublimer. Le sel s'obtient blanc

< et pur en le sublimant de nouveau et à une température [plus basse encore que la première fois. Il se produit i également en chauffant ensemble deux parties de carbonate calcaire avec de l'hydrochlorate d'ammoniaque.

ILe sel qui se sublime alors affecte la forme de croûtes ;à texture cristalline.

Si on expose ce sel à l'air, ou si on le dissout dans i l'eau et qu'on laisse la dissolution s'évaporer à l'air, il •se dégagera de l'ammoniaque et il restera du bicarbomate d'ammoniaque qui se séparera en beaux cristaux de lia dissolution concentrée.

Le carbonate d'ammoniaque se forme dans la fermen- Itation putride des substances animales. On connaît le i mieux les phénomènes que l'urée développe alors dans 1 l'urine ( t. i , p. 162 ).

Le sel solide est connu sous le nom de sal volatile

< cornu cervi siccum, et la liqueur qu'on obtient par la (distillation des substances animales (particulièrement (des os, auxquels appartient aussi la corne de cerf, en 1 vertu de sa composition chimique ) s'appelle spiri-

tus cornu cervi. Le sel solide sert principalement à

rendre la pâtisserie plus légère; en se volatilisant il forme de grosses bulles dans la pâte.

Sulfate d'ammoniaque. On se procure ce sel en neutralisant avec de l'acide suif uri que la liqueur qu'on obtient par la distillation des substances animales. Il se cristallise facilement de la dissolution concentrée; on fait chauffer les cristaux pour décomposer ou volatiliser l'huile qui s'y trouve mêlée et on les redissout dans l'eau. C'est en évaporant cette dissolution qu'on obtient le sel à l'état pur. On peut l'employer au lieu du sel ammoniac pour la préparation de l'ammoniaque et du carbonate d'ammoniaque. Les cristaux se dissolvent dans deux parties d'eau froide et dans une partie d'eau bouillante. Ils contiennent i3,58 pour cent d'eau dont on ne peut les débarrasser par la caléfaction. Echauffé fortement, le sel se décompose.

En conduisant du gaz ammoniac sec dans de l'acide sulfurique anhydre, on produit une combinaison qui ne précipite pas les sels de baryte. Elle s'obtient assez pure en la dissolvant dans l'eau, précipitant la dissolution avec du chlorure de calcium, séparant le sulfate de chaux par la filtration, évaporant la liqueur jusqu'à siccité et traitant le résidu par l'alcool qui laisse la combinaison sur laquelle il est sans action.

Si l'on ajoute au sel neutre une quantité d'acide sulfurique égale à celle qu'il contient déjà, et qu'après avoir évaporé la dissolution on la laisse refroidir, il se formera des cristaux d'un seul acide contenant moins d'acide qu'il n'en faut pour produire le bisulfate, et la dissolution retiendra de l'acide libre.

Nitrate d'ammoniaque. Comme on l'emploie ordinairement pour préparer le protoxide d'azote (t. 2, p. 5i)

et que par conséquent il doit être exempt de sel amrmoniac, on le forme en saturant du carbonate d'ammoniaque avec de l'acide nitrique. La dissolution évaporée et refroidie donne le sel en cristaux; lorsqu'on ne veut ppas l'avoir sous cette forme on n'a qu'à évaporer la Jdissolution jusqu'à siccité au bain marie.

Phosphate de soude et d' ammoniaque. Ce sel important pour les essais au chalumeau s'obtient en faisant dissoudre 6 à 7 parties de phosphate de soude cristallisé ddans 2 parties d'eau chaude et en ajoutant une partie iide sel ammoniac à la liqueur. La dissolution étant filtrée (fournit le sel double sous la forme de cristaux. Ce sel tldouble se rencontre en grande quantité dans l'urine [s al microcosmicum, sal Jusibile urinœ).

Acétate d ammoniaque. On l'obtient à l'état solide en -soumettant à la distillation un mélange d'acétate de ppotasse, de soude ou de chaux avec du sel ammoniac. IPour l'usage médicinal on le prépare en neutralisant de ll'ammoniaque fluor pure avec de l'acide acétique; la iJdensité de l'un et l'autre liquide est prescrite, afin que lia dissolution renferme toujours la même quantité de -sel ; car on ne peut concentrer la dissolution à l'effet ild'en retirer des cristaux , puisque pendant l'évaporation une partie du sel se volatilise et qu'une autre parttie abandonne de l'ammoniaque. La dissolution du sel eest connue sous le nom despiritus Mindereri. Conservée [pendant long-temps , elle se décompose en produisant ddu carbonate d'ammoniaque.

Succinate d'ammoniaque. La combinaison neutre sert ià isoler le j>rotoxide de fer d'autres oxides métalliques ; on l'obtient en neutralisant une dissolution d'acide succinique avec de l'ammoniaque. Le liquor cornu cervi

succinatus des médecins n'est autre chose qu'une dissolution de sel de corne de cerf, c'est-à-dire, de carbonate d'ammoniaque brut, saturée d'acide succinique impur (t. 3, p. 95). Les substances étrangères contenues dans ce composé, influant sur ses vertus médicinales, on ne peut lui substituer le sel pur.

Hydrosulfate et ammoniaque. En faisant arriver 1/a volume d'hydrogène sulfuré à 1 volume d'ammoniaque, on obtient une combinaison, dans laquelle l'hydrogène de la base est à celui de l'acide comme 3 : 1 , et qui a par conséquent une composition semblable à celle du sel ammoniac. Lorsqu'on distille du sel ammoniac avec les différens degrés de sulfuration du potassium, il se forme du chlorure de potassium , le soufre se combine avec l'hydrogène de l'acide hydrochlorique , et cette combinaison se porte sur l'ammoniaque ; 1 hydrosulfate produit correspond au degré de sulfuration du potassium. Il faut employer un excès de sel ammoniac, sans quoi le sulfure de potassium ne serait pas décomposé en totalité, et les degrés inférieurs de sulfuration du potassium resteraient , après s'être élevés à un degré supérieur ou au plus haut degré de sulfuration. Je reviendrai incessamment sur la manière dont il faut envisager ces combinaisons.

Le gaz ammoniac est sans action sur le soufre , à froid ; mais lorsqu'on conduit ces corps ensemble à travers un tube échauffé et muni d'un récipient maintenu froid , une partie d'ammoniaque se décompose et abandonne de l'azote, et il se forme de gros cristaux jaunes composés d'ammoniaque, de soufre et d hydrogène. En distillant de la chaux non éteinte (vive), du soufre et du sel ammoniac, on obtient une liqueur fumante, jaune,

i connue sous le nom d'esprit fumant de Béguin. Par la icaléfaction du mélange il se forme notamment du suli fate de chaux et du sulfure de calcium, dernier composé i qui agit sur le sel ammoniac à la manière du sulfure de {potassium. La liqueur ne fume que dans les gaz capables i de lui céder de Voxigène, de sorte que la fumée provient dd'une oxidation en vertu de laquelle il se produit des ccorps non gazeux.

Hydrosulfate d'ammoniaque avec excès d'acide. On ppeut obtenir cette combinaison à l'état solide et anhydre een faisant arriver ensemble des volumes égaux d'hydrogène sulfuré et de gaz ammoniac. Pour se le procurer een dissolution dans l'eau, on n'a qu'à diriger , jusqu'à rrefus, un courant d'hydrogène sulfuré à travers de l'amnmoniaque liquide. Cette dissolution est d'une grande îàmportance pour reconnaître les différens métaux.

^uand on l'emploie pour cet usage, il faut qu'elle soit eexempte de tout excès d'ammoniaque. Elle précipite le sulfate de magnésie, si elle contient de l'ammoniaque ibre, qui décompose une partie de ce sel ; autrement t-elle ne produit pas cet effet, puisqu'alors il se forme du sulfate d'ammoniaque et de l'hydrosulfate de magnésie qui sont solubles dans l'eau. Exposé à l'air, ce réacttif laisse déposer du soufre mis à nu par l'oxidation de l'hydrogène.

Hydrosulfate d ammoniaque et sulfure de carbone, ï Hydro sulfate d ammoniaque et acide hydrosuif ocyanique. Ces combinaisons ont déjà été décrites précédemment (t. 2 , p. 24° et 240-

Hydrosulfate d'ammoniaque et sulfures métalliques. On obtient ces combinaisons en faisant agir la dissolution du sel ammoniacal sur des sulfures métalliques

jouant le rôle d'acides, tels que les sulfures d'arsenic et d'antimoine. Lorsqu'on fait digérer ces sulfures dans l'hydrosulfate d'ammoniaque , l'hydrogène sulfuré se dégage.

Ammoniaque et combinaisons haloïdes.

Lorsqu'on fait arriver du gaz ammoniac sur du fluorure de silicium, sur du chlorure de bore, sur du fluorure de bore et sur du gaz acide chloroxicarbonique, il se forme des combinaisons solides ou liquides, qui sont faciles à réduire en vapeur. Le fluorure de bore se combine dans trois proportions avec l'ammoniaque. Mises en contact avec l'eau, ces combinaisons se décomposent en même temps que l'eau : il en résulte des oxacides et des hydracides qui se portent sur l'ammoniaque.

L'ammoniaque se combine très fréquemment avec des chlorures métalliques, par exemple avec le chlorure de calcium, dans un rapport tel, que la combinaison renferme 4 fois plus d'ammoniaque qu'il n'en faut pour former du sel ammoniac avec l'acide hydrochlorique provenant de la décomposition du chlorure de calcium.

L'ammoniaque se combine en outre avec le sulfure d'arsenic, qu'elle dissout facilement, et avec le sulfure de carbone, quand on met ce corps en contact avec le gaz ammoniac sec. Cette dernière combinaison est jaune, solide et volatile.

Considérations générales sur V ammoniaque.

Les combinaisons de l'ammoniaque ayant la plus

: grande ressemblance avec celles de la potasse, cette cirt constance, ainsi que je l'ai déjà rapporté , a conduit nai turellement à examiner s'il existe de môme quelque ana- I logie entre la composition de ces deux alcalis.

Lorsqu'après avoir introduit du potassium ou du soi dium dans du gaz ammoniac , on soumet ces métaux

à l'action de la chaleur, il se forme un corps cristallin • et vert olivâtre foncé, et il reste une quantité d'hydro- : gène, à peu près égale à celle que les métaux développeraient en décomposant l'eau. Lorsqu'on échauffe ce < corps, il laisse dégager de l'ammoniaque ainsi que du •gaz azote et du gaz hydrogène en proportions conveinables pour former de l'ammoniaque, et il se convertit t en une substance qui ressemble au graphite et qui ne ! fond pas. Mise en contact avec l'eau , cette nouvelle sub- : stance ne se transforme qu'en ammoniaque et en potasse t ou en soude, de sorte qu'elle est composée d'azote et de ] potassium ou de sodium dans un rapport tel , qu'un

volume d'oxigène, qui produit de la potasse en s'unissant ; avec le potassium , dégage de la combinaison 2/3 volume i de gaz azote qui se porte sur 2 volumes de gaz hydro- :gène pour former de l'ammoniaque. Le corps olivâtre 1 est par conséquent une combinaison d'ammoniaque et 1 d'azoture de potassium ou d'azoture de sodium. Quel-

que intéressantes que soient les combinaisons qui ré- ! sultent de la décomposition de l'ammoniaque par le ] potassium ou le sodium , elles ne fournissent aucun 1 éclaircissement ultérieur sur la connexion qu'il y a dans I la composition des alcalis. Les expériences au moyen de lia pile électrique nous mènent un peu plus loin : lors- 1 qu'on introduit le pôle négatif de la pile dans du mer- 1 cure, sur lequel on a versé de l'ammoniaque liquide , et

qu'on fait plonger le fil du pôle positif dans cette dernière, de sorte qu'il se trouve encore à une ligne de distance de la surface du mercure, il n'y a d'abord que le pôle négatif qui donne du gaz, 5 mais bientôt des bulles commencent aussi à se dégager du pôle positif, et en même temps le mercure se gonfle et prend la consistance du beurre. Si l'on creuse un trou dans un petit morceau de sel ammoniac, qu'on humecte cette cavité avec un peu d'eau, et qu'on y dépose une goutte d'amalgame de potassium , obtenu avec déflagratior^en jetant de petites quantités de potassium dans du mercure et les y échauffant, cette masse butyreuse se produit également et elle se gonfle dans ce cas au point qu'elle finit par dépasser les bords de la cavité.

Qu'on prenne un fil de platine pour rhéophore négatif de la pile électrique, qu'on en plonge l'extrémité dans l'amalgame pour y en faire adhérer une couche, et qu'on fasse agir les deux pôles sur de l'ammoniaque, il se produiravau pôle négatif des ramifications cristallines et d'un aspect plombeux, que leur légèreté ne tardera pas à détacher du pôle et qui se transformeront alors surle-champ et avec effervescence en ammoniaque , en hydrogène et en mercure, dernier corps dont le volume s'élève souvent à peine au 555 de celui de la masse.

Les combinaisons mercurielles obtenues de cette manière se détruisent souvent avec une telle promptitude , qu'il a été jusqu'ici impossible de les étudier à fond; mises en contact avec l'eau, elles se décomposent en même temps que ce liquide , avec dégagement de calorique. La quantité de matière qu'on y a trouvée combinée avec le mercure était comprise entre 5^55 et ^ du poids total de la masse. Cet amalgame renferme une

( combinaison de i volume d'azote et 4 volumes d'hy- ( drogène , puisqu'en se décomposant il développe i vo- I lume de gaz hydrogène sur 2 volumes d'ammoniaque (3 H 1 N). Il porte à présumer qu'une substance formée i de 1 volume de gaz azote et de 4 volumes de gaz hydrogène joue dans ses combinaisons le rôle d'un métal, i absolument comme le cyanogène, composé de carbone et ( d'azote, prend la même tenue que plusieurs corps simples, ttels que le chlore, le soufre, etc. ; on trouve en particu- : lier que les combinaisons de la substance dont il s'agit 1 ressemblent à celles du potassium. Dans cette manière de ivoir, la potasse correspondrait à une combinaison de 1 O 8 H 2 N ; et en effet l'expérience démontre que pres- 1 que tous les oxacides combinés avec l'ammoniaque (6 H 2 N) contiennent une proportion d'eau (2 H 1 O). I Ces combinaisons , ce qui est très important, ont la même I forme cristalline que les composés analogues de la po- 1 tasse. Le chlorure, l'iodure, etc. de 8 H 2 N correspon- 1 dent au chlorure , à l'iodure , etc. de potassium , et ils 1 ont également la même forme que ceux-ci. Les différens : sulfures du potassium correspondent aux sulfures de 8 H 2 N. De même qu'on a donné un nom particulier . au cyanogène, de même on a été en droit d'assigner à . la combinaison qui fait l'objet de cet article , le nom propre et univoque d'ammonium. L'existence de l'ammonium, très probable d'ailleurs, n'étant encore qu'hypothétique, et maint phénomène devenant plus clair lorsqu'on considère l'ammoniaque , j'ai rarement employé, dans ces Elémens, l'expression chlorure d'ammonium en place d'hydrochlorate d'ammoniaque, ainsi que d'autres appellations analogues.

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