II. ACIDE PHOSPHOREUX
L'acide phosphoreux s'obtient à l étal anhydre en
prenant un tube de 10 pouces de long, recourbé et effilé à l'un des bouts et y introduisant près de l'ouverture effilée un petit morceau de pbosphore qu'on échauffe jusqu'à ce qu'il prenne feu ; comme il y a un excès de phosphore relativement à la petite quantité d'air qui peut affluer par l'ouverture étroite, il se forme de l'acide phosphoreux , qui, entraîné par un courant d'air un peu rapide, se dépose sous forme farineuse contre les parties supérieures du tube. On doit échauffer le phosphore de temps à autre quand il cesse de brûler. L'acide phosphoreux anhydre se laisse sublimer d'un endroit à l'autre et se dissout facilement dans l'eau; il s'enflamme à l'air et se convertit en acide phosphorique.
On obtient l'acide phosphoreux combiné avec l'eau en versant par petites portions clu chlorure de phosphore dans ce liquide; il se forme en même temps de l'acide hydrochlorique dont la majeure partie se dégage à l'état de gaz et dont le reste s'échappe quand on concentre la dissolution aqueuse d'acide phosphoreux jusqu'à la consistance de sirop. En soumettant cet acide concentré à une évaporation ultérieure, mais très lente, on obtient des cristaux formés d'acide phospboreux et d'eau; par la caléfaction ce corps se décompose dételle sorte qu'il se dégage du gaz hydrogène phosphoré, et qu'il se forme de l'acide phosphorique , lequel résulte tant de ce qu'une portion d'acide phosphoreux se combine avec l'oxigène de l'eau décomposée, que de ce qu'une autre portion d'acide phosphoreux abandonne du phosphore.
L'acide phosphoreux , surtout celui qui est dilué, attire facilement l'oxigène de l'air et se convertit en
acide pliosphorique ; de même il dépouille de leur oxioène un grand nombre d'oxides métalliques et réduit facilement les oxides de mercure et d'argent tant libres (pie combinés avec des acides. L'acide phosphoreux ramène une dissolution de deutocblorure de mercure à l'état de protochlorure de mercure ou à celui de mercure réguliforme suivant qu'il est en petite quantité ou en excès. Dans ce phénomène l'eau est décomposée en oxigène qui se combine avec l'acide phosphoreux et en hydrogène qui se convertit en acide hydrochlorique au moyen du chlore enlevé au cleutochlorure de mercure.
J'ai déjà rapporté précédemment (p. 52 , t. i) que le phosphore exposé à l'air devient lumineux en produisant de l'acide phosphoreux. Pour oxider de cette manière de plus grandes quantités de phosphore on introduit chaque bâton de phospore dans un tube de verre effilé par le bout inférieur (Jig. 12). Les tubes de verre se placent clans un entonnoir (fig- i3) qui entre clans l'ouverture d'un flacon; pour écarter la poussière on recouvre le tout d'une cloclie sans cependant empêcher l'accès libre de l'air atmosphérique. Si l'on voulait introduire les bâtons de phosphore dans l'entonnoir sans l'intermédiaire de ces tubes de verre, ils ne tarderaient jias à s'échauffer assez pour s'enflammer. Dans cette combinaison du phosphore avec l'oxigène de l'air il se forme à la vérité toujours de l'acide phosphoreux au commencement, mais par le contact prolongé avec l'air, celui-ci finit par se convertir entièrement en acide phosphorique, au point que sa dissolution ne précipite plus celle du deutocblorure de mercure. C'est donc à tort qu'on a admis qu'il se forme de cette manière un acide particulier nommé acide pbosphatique.
IV 4 OXACIDES ET OXIDES DES METALLOÏDES.
L'acide phosphoreux produit avec les bases des sels dont je ne parlerai que peu, attendu qu'ils ne sont importans ni en théorie ni en pratique. Les phosphites alcalins sont solubles et déliquescens. 11 forme des sels peu solubles avec les terres alcalines et avec la plupart des autres bases. Échauffés au rouge les phosphites donnent du gaz hydrogène phosphore qui se dégage et des phosphates qui restent.