‹ Élemens de chimie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 30 sur 118 · I. ACIDE PERCHLORIQUE · texte numérisé non relu

I. ACIDE PERCHLORIQUE

Lorsqu'on ajoute du chlorate de potasse à de l'acide sulfurique, le sel ainsi que l acide chlorique se décomsent; une moitié de cet acide abandonne de l'oxigène à l'autre, en formant un degré d'oxigénalion inférieure un degré d'oxigénalion supérieur , savoir : l'acide chloreux qui se dégage à l'état de gaz , et l'acide perchlori

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crue qui se combine avec La potasse et reste. Dans cetttï décomposition l'acide chlorcux se réduit très facilement i en chlore et en oxigène, avec une explosion tellement violente, que les vases dans lesquels on opère sont très . souvent fracassés. On produit cette décomposition sans , aucun danger en ajoutant peu à peu du chlorate depo- ; tasse fondu et réduit en poudre à deux onces d'acide : sulfurique concentré et faisant l'expérience dans une i capsule évasée et en plein air, de manière que le courant d'air entraîne l'acide chloreux formé; le chlorate de po- : tasse étant introduit, on fait chauffer la capsule graduel- : lement jusqu'à environ ioo°. On dissout la masse saline i dans de l'eau bouillante; le perchlorate de potasse n'é- ; tant que très peu solubledans l'eau froide, se cristallise i de ladissolution, et le sulfate acide de potasse très soluble y reste. On se procurele perchlorate de potasse d'une manière plus simple, en faisant dégager de l'oxigène du chlorate de potasse jusqu'à ce que la masse échauffée commence à devenir visqueuse et épaisse, et qu'on soit forcé i d'élever la température pour que le développement de gaz oxigène continue; la masse consiste alors en un mélange de chlorure de potassium et de perchlorate de potasse, qu'on isole facilement l'un de l'autre par voie de dissolution et de cristallisation, le dernier n'étant soluble que dans 65 parties d'eau froide. Le perchlorate de potasse se forme par ce qu'une portion du chlorate de potasse cède de l'oxigène à une autre; on en obtient un peu moins que la moitié du chlorate de potasse employé. Pour extraire l'acide perchlorique du perchlorate de potasse, on ajoute à une dissolution de ce sel de l'acide hydrofluosilicique, dont je décrirai la préparation en I traitant des hydracides, jusqu'à ce qu'une nouvelle ad-

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dition de cet acide ne produise plus de trouble dans la liqueur. Dans cette expérience l'acide hydrolluosilieique se combine avec la potasse et forme un corps insoluble, qu'on sépare d'avec l'acide perchlorique dissous au moyen de la filtration. On obtient cet acide parfaitement exempt d'acide hydrofluosilicique en le saturant avec de la baryte, et en faisant évaporer la dissolution du perchlorate de baryte, jusqu'à ce qu'elle soit très concentrée; par ce moyen toute trace de fluosilicate de baryte ou de fluosilicate de potasse se dépose. Au sel de baryte dissous dans une petite quantité d'eau , on ajoute précisément assez d'acide sulfurique pour qu'une petite portion du liquide, essayée à part, ne soit précipitée ni par l acide sulfurique ni par une dissolution de baryte.

Sans qu'il en résulte de décomposition, on peut amener l'acide perchlorique dissous, en le faisant évaporer, jusqu'à une densité de i,65, et distiller l'acide qui entre en ébullition vers 2000. Il forme un liquide clair et incolore, qui rougit le papier de tournesol sans le blanchir; il dissout le zinc et le fer avec dégagement d'hydrogène , et n'est décomposé ni par l'acide sulfureux ni par l'acide hydrosulfurique; ce qui prouve que le chlore et l'oxigène y sont liés par une grande affinité. Distillé avec cinq fois son poids d'acide sulfurique, il se décompose en majeure partie, tandis qu'il s'en condense une petite quantité sous forme d'une masse solide et fusible à 45° j dans cet état il contient moins d'eau qu'à l'état liquide et y montre une grande affinité.

L'acide perchlorique a une si grande affinité pour les bases, que l'acide sulfurique lui-même ne décompose pas le perchlorate de potasse à la température ordinaire. Les perchlorates de potasse et d'ammoniaque ne sont

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i que peu solubles dans l'eau, les autres perchlorates, à l'exception d'un petit nombre seulement, se liquéfient à l'air, comme par exemple les perchlorates de soude, i de chaux, de magnésie et de deutoxide de cuivre. L'acide perchlorique ne forme que des sels neutres, qui n'alt tèrent pas les couleurs végétales. Les sels dans lesquels I le radical de la base a plus d'affinité pour le chlore que [. pour l'oxigène, comme c'est le cas, par exemple, pour le potassium et le sodium, ces sels, dis-je, étant chauffés au rouge, laissent dégager de l'oxigène et se transforment en un chlorure métallique qui reste.

On peut également obtenir l'acide perchlorique en faisant évaporer de l'acide chlorique jusqu'à un certain point, savoir, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide chloreux; dans cette opération l'acide chlorique se décompose comme le chlorate de potasse au moyen de l'acide sulfuiïque.

a. Acide chlorique.

On prépare l'acide chlorique avec le chlorate de potasse de la même manière qu'on se procure l'acide perchlorique au moyen du perchlorate de potasse, seulement il faut évaporer la liqueur séparée de la baryte, soit à la température ordinaire sous une cloche par l'acide sulfurique (p. 299, 1. 1), soit à une chaleur très douce j on peut l'obtenir finalement sous la forme d'un liquide de consistance sirupeuse et dont une goutte projetée sur du papier ou sur du linge, le blanchit à l'instant et lui fait prendre feu immédiatement après. Dans l'état dilué il rougit d'abord le papier de tournesol et ne le blanchit qu'après ; 1 dissout le zinc avec dégagement d'hydrogène. Arrosé

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d'un excès d'acide hydrochlorique, il se décompose intégralement : du chlore se sépare et il se forme de l'eau ; l'acide sulfureux, l'hydrogène sulfuré et d'autres corps combustibles le décomposent en s'oxidant à ses dépens.

L'acide chlorique a une grande affinité pour les bases et ne forme avec elles que des combinaisons neutres qui n'altèrent pas les couleurs végétales ; le sel à base de potasse est le plus difficile à dissoudre, les autres sels sont très solubles. On peut obtenir en beaux cristaux les chlorates de baryte, de strontiane et d'oxide de plomb, de même que les chlorates de soude et d'ammoniaque ; les autres sels sont presque tousdéliquescens, par exemple, les chlorates de chaux, de magnésie, de deutoxide de cuivre et d'oxide de zinc. On obtient ces sels soit en décomposant le chlorate de potasse au moyen des hydrofluosilicates solubles dans l'eau, soit en ajoutant les bases à l'acide chlorique. Les chlorates de potasse et de soude, sur lesquels je reviendrai en traitant du potassium et du sodium, sont les seuls chlorates qui intéressent par leurs applications; les autres ne présentent d'autre intérêt que celui de contenir l'acide chlorique.

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