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IV. ACIDE HYDROFLTJORIQUE

100 fluor + 5,52 hydrogène.

On obtient l'acide hydrofluorique en distillant dans une cornue de plomb ou de platine des poids égaux d'acide sulfurique et de spath-fluor, substance généralement répandue dans le commerce des minéraux et composée de fluor et de calcium. Dans cette opération il ne faut élever que peu la température et on doit maintenir le récipient froid avec de la glace. On ne peut non plus conserver l'acide si ce n'est dans des vaisseaux de plomb

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ou de platine. L'acide est incolore. Il entre en éhullition à i5o°. 11 appartient aux acides les plus dangereux: ; mise sur la peau , une petite quantité de cet acide, I autant seulement qu'il en reste attaché à la pointe d'une i aiguille, détermine des douleurs violentes, quelquefois ( des accès de fièvre : qu'on laisse les doigts seulement i quelques secondes en contact avec l'acide, il en résulte ( des ulcères extrêmement douloureux qui ne guérissent . qu'après des semaines, d'où l'on peut facilement se faire i une idée du danger auquel on s'expose en respirant cet . acide. Il fume à l'air et il se combine avec l'eau tout ; aussi impétueusement que l'acide sulfurique anhydre. Dissous dans l'eau, il n'a plus d'action sur la peau. Pour les analyses et les expériences ordinaires on emploie un acide hydrofluorique aqueux préparé en conduisant l'acide gazeux immédiatement de la cornue dans un mélange d'eau et de glace contenu dans un vaisseau de platine. On place l'ouverture du col de la cornue de mamanière qu'elle ne s'engage que peu au-dessous de la surface de l'eau : par ce moyen , s'il se faisait un vide dans la cornue, le liquide s'élèverait à peine jusqu'à la moitié du col. Le spath-fluor, qu'on emploie, n'étant jamais exempt de silice , l'acide, qui passe, est toujours souillé de fluorure de silicium, dont on peut le débarrasser en y versant goutte à goutte de l'hydrate de potasse, tant qu'il s'opère encore un précipité gélatineux, de fluorure double de silicium et de patassium. Quand le précipité s'est déposé, on décante l'acide et on le distille encore une fois. L'acide ainsi purifié doit être conservé dans un flacon de platine ou d'or.

Mis en contact avec des métaux qui décomposent l'acide hydrochlorique, l'acide hydrofluorique développe

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du gaz hydrogène; conduit sur des oxides métalliques il produit de l'eau. En général dans toutes les décompositions qu'il éprouve , comme dans les combinaisons qui en résultent, il ressemble tellement aux hydracides que, malgré l'impossibilité où on a été jusqu'à ce jour de mettre le fluor en évidence , il n'y a pas le moindre doute que cet acide ne consiste en fluor et en hydrogène. La théorie de sa préparation est donc exactement la même que celle de la fabrication de l'acide hydrochlorique : l'oxigène de l'eau contenue dans l'acide sulfurique se porte sur le calcium pour le transformer en chaux, qui, en se combinant avec l'acide sulfurique, produit du sulfate de chaux; l'hydrogène de l'eau s'unit au fluor et donne de l'acide hydrofluorique.

On a déterminé la composition de l'acide hydrofluo- ' rique en décomposant par l'acide sulfurique une quantité pesée de fluorure de calcium et prenant le poids du sulfate de chaux dont on connaît la composition par d'autres expériences. L'excès du poids du fluorure de calcium sur celui du calcium du sulfate de chaux représente le poids du fluor, avec lequel se combine autant d'hydrogène que le calcium en développe en décomposant l'eau. D'après cela 100 parties d'acide hydrofluorique contiennent g4,9% parties de fluor et 5,o5 parties d'hydrogène.

Par l'affinité prépondérante du fluor pour les métaux l'acide hydrofluorique ne décompose pas seulement beaucoup de corps métalliques oxidés que d'autres acides n'attaquent point, comme les acides silicique, titanique, tantalique, molybdique, tungstique, mais il est encore décomposé par differens corps simples qui sont sans action sur les autres acides, par exemple, par le

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silicium non rougi, le zirconium et le titane; mêlé avec Jde l'acide nitrique, il est même décomposé par le sili ccium calciné au rouge en dégageant du gaz deutoxide Jd'azote.

L'acide hydrofluorique se combine avec plusieurs tlfluorures, par exemple, avec les fluorures de bore et de -silicium sur lesquels je reviendrai incessamment d'une nmanière plus détaillée.

L'emploi de l'acide hydrofluorique à graver le verre repose sur sa propriété de former avec l'acide silicique de l'eau et du fluorure de silicium. On couvre le verre d'une cire ou d'un vernis propre à cette opération, et aau moyen d'une aiguille pointue on dessine sur cet enduit, de manière que là, où le dessin doit paraître, le v verre soit à nu. On fait usage de l'acide hydrofluorique dissous ou gazeux. On verse l'acide hydrofluorique dissous sur le verre après avoir entouré celui-ci de toutes ; parts d'un rebord de cire pour retenir le liquide. Veutl on se servir de l'acide gazeux , on mêle le spath-fluor i avec de l'acide sulfurique dans une capsule de platine ou de plomb qu'on couvre ensuite avec le verre à graver, et ( on chauffe la capsule assez doucement pour que la cire i ne puisse fondre. Celte action sur le verre permet de ( découvrir même de faibles traces d'acide hydrofluorique : mis en liberté , par exemple , lorsqu'on traite des os avec de l'acide sulfurique. L'acide hydrofluorique anhy- ( dre agit d'une manière si violente sur le verre , qu'une . goutte qu'on laisse tomber par-dessus, s'échauffe, entre i en ébullition et s'évapore en une fumée épaisse en corrodant fortement le verre à l'endroit où elle gisait. Je i ferai voir tantôt comment les substances qui se forment

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dans ce phénomène, savoir le fluorure de silicium et l'eau, se comportent entre elles.

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