III. ACIDE HYDRIODIQUE
a vol. d'acide hydriodique = 1 vol. de vap. d'iode -|- 1 vol.de gaz hydrogène.
On ne peut préparer l'acide hydriodique ni en combinant directement l'iode avec lhydrogène, ni en distillant un mélange d'acide sulfurique et d'iodure de sodium; car l'acide hydriodique décompose l'acide sulfurique : de l'iode se sépare et de l'eau ainsi que de l'acide sulfureux se forment.
On obtient l'acide hydriodique à l'état gazeux en prenant de l'iodure de phosphore, préparé par la fusion de 9 parties d'iode avec une partie de phosphore , et y ajoutant seulement l'eau nécessaire pour le décomposer: il se forme alors de l'acide phosphoreux, et il se dégage du gaz acide hydriodique. Cette décomposition peut se faire d'une manière extrêmement facile dans une fiole contenant de petits morceaux de verre fortement humectés, afin que l'eau n'arrive que lentement en contact avec l'iodure de phosphore. On ne peut recueillir le gaz acide hydriodique ni sur l'eau, qui l'absorbe, ni sur le mercure, qui s'en approprie l'iode ; on doit le conduire, comme le chlore (p. 61 , t. 1), dans un matras sec.
Le gaz acide hydriodique ressemble beaucoup au gaz bydrochlorique ; il est incolore et d'une odeur acide et suffocante. Conduit à travers un tube incandescent , il
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Lse décompose partiellement en iode et en hydrogène ; mêlé avec de l'oxigène , il se décompose en entier : de l'eau se forme et de l'iode se sépare. Tous les corps oxi- «énés dans lesquels l'oxigène n'est pas retenu par une
.grande affinité, les acides nitrique, sulfurique, chlori-
tjque, iodique et les sels de deutoxide de fer, le décomposent de la même manière. Des métaux qu'on met en contact avec lui en attirent l'iode, et un volume de gaz iodure d'hydrogène laisse un demi volume de gaz
1 hydrogène. Au moyen du poids dont le métal s'accroît,
i on peut trouver la composition de l'acide. Les oxides métalliques formant avec lui desiodures métalliques et de l'eau , on peut également faire usage de cette propriété dans la détermination dont il s'agit. On trouve
( de cette manière qu'un volume de l'acide contient un demi volume de vapeur d'iode et un demi volume de
. gaz hydrogène. La pesanteur spécifique du gaz est par
' J / 5ù / /o,o688 -J-8,7ou\
conséquent de 4)ûo49 ( • J, et 100 parties en
| poids consistent en 98,22 parties d'iode et en 1,78 parr ties d'hydrogène. Ce rapport frappant est dû à ce que l'hydrogène est le plus léger des gaz et la vapeur d'iode le plus pesant.
On ohtient l'acide hydriodique dissous dans l'eau en délayant de l'acide avec de l'eau dans un cylindre et fai- : sant passer à travers la liqueur, qu'on agite sans interrup- • tion, un courant de gaz hydrogène sulfuré tant qu'elle paraît encore un peu brune. On peut concentrer la dissolution en l'évaporant jusqu'à ce qu'elle ait une pesanteur spécifique de 1,70; alors elle entre en ébullition à 1260. Elle est incolore, fume à l'air et ressemble à l'acide muriatiquo concentré quant à l'odeur et à la saveur. Elle dissout beaucoup d'iode en prenant une cou-
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leur brune intense; exposée à l'air, elle se décompose : de l'eau se forme et l'iode séparé se dissout dans la portion de l'acide hydriodique qui n'a pas été décomposée. Mais lorsque la quantité de l'iode mis en liberté s'accroît au point de ne plus pouvoir rester en dissolution, ce corps forme insensiblement de grands et beaux cristaux.
L'acide hydriodique est le seul acide capable de se combiner avec le gaz hydrogène phosphoré. On doit conduire le gaz acide hydriodique dans le gaz hydrogène phosphoré recueilli sur le mercure : il se forme alors de petits cristaux blancs, cubiques, d'où l'eau, l'alcool, les dissolutions aqueuses et les alcalis dégagent l'hydrogène phosphoré. Cette combinaison offre de l'intérêt en ce qu'elle fait voir non seulement que l'hydrogène phosphoré est dépourvu des qualités acides, mais encore qu'il se rapproche plutôt des bases, et que, comme composé d'hydrogène, il est comparable à l'ammoniaque.