CARBONE ET HYDROGENE. 1. LE GAZ DES MARAIS
Lorsqu’on fait subir la distillation à plusieurs substances I organiques, composées de carbone, d’hydrogène et d’oxi- : gène, on obtient un résidu de charbon, tandis quel’hydroi gène etl’oxigène se combinent entre euxet avec unepartie ' de chai'bon. Les combinaisons ainsi obtenues sont à la température ordinaire, ou liquides ou gazeusesj les composés gazeux sont l’acide carbonique, l’oxide de carbone, et diverses combinaisons de carbone et d’hy- ■ drogène. Si l’on chauffe de l’alcool dans une petite cornue a {fig. 26), et qu’on fasse passer par un tube incandescent c la vapeur de l’alcool , composée d’un volume de vapeur de carbone; de 3 volumes de gaz hy- ' drogène et de 1/2 volume de gaz oxigène, ce 1/2 volume
CARBONE
de gaz oxigène se combinera avec \l% volume de vapeur de carbone, pour former un volume de gaz oxide de carbone, et 1/2 volume de vapeur de carbone avec 2 volumes de gaz hydrogène pour former un volume de gaz hydrogène carbonné (le gaz des marais) et un volume de gaz hydrogène se séparera. On a donné aussi le nom de gaz des houillieres à cette combinaison de carbone et d’hydrogène, parce qu’elle se forme dans les mines de houille. On obtient de l’hydrogène carboné beaucoup plus pur , lorsqu’on fait passer par un tube incandescent le gaz qui se forme par la distillation du charbon de terre. L’hydrogène et le carbone ne se combinent directement, ni à la température ordinaire, ni à une température élevée ; lors même qu’on fait arriver de l’eau sur des charbons ardens, on n’obtient qu’une très petite quantité de ce gaz mêlé avec l’oxide de carbone et l’hydrogène, qui se forment par la décomposition de l’eau.
Il est facile d’analyser des mélanges de ces gaz dans un tube gradué sur le mercure. Si on introduit de la potasse dans le mélange, l’acide carbonique sera absorbé; si on retire le petit morceau de potasse etqu on le remplace par le potassium , celui-ci décomposera 1 oxide de carbone, il se formera de la potasse, le charbon sera séparé et ce qui restera sera un mélange de gaz hydrogène carboné et de gaz hydrogène. On peut calculer la composition du gaz hydrogène carboné et la quantité d’hydrogène qui s’y trouve melee par la quantité d’oxigène nécessaire pour sa combustion.
La décomposition de substances organiques dans les eaux stagnantes, à fond marécageux, fournit ce gaz dans sa plus grande pureté. Pour le recueillir on rem-
CARBONE. 123
i f plit un flacon d’eau, on le renverse sous l’eau en y adap- I liant un large entonnoir, on remue le fond avec un bà- I tton et on place le flacon de manière à faire monter dans (i 1 l’entonnoir et le flacon les bulles qui s’élèvent. On
Icdépouille le gaz de l’acide carbonique avec lequel il est rmêlé, en l’agitant avec de l’eau de chaux, qui forme I aavec l’acide du carbonate de chaux. La houille subit une cdécomposition semblable à celle des matières organiques cdans la vase des marais; car elle dégage souvent même Ihors des mines, dans les magasins et les navires, ce gaz qqui forme avec l’air atmosphérique un mélange détonnnant. Dans quelques mines de houille il se développe ^quelquefois insensiblement en grande quantité, quelqquefois aussi il s’y trouve condensé dans des cavités, dont ilil s’élance torrentueusement à l’approche des mineurs. (Ce gaz se mêle dans les mines avec l’air atmosphérique eet forme ce qu’on appelle le grisou. Lorsqu’il s’entiflamme, sa détonation est tellement forte, qu’il ren- \ verse et écrase les mineurs. En traitant de Fair atmosjsphérique, je parlerai de la lampe de sûreté, qui n’allume ppas un mélange détonnant. C’est sans doute le même gaz iijqui, à Baku, et dans d’autres parties de la Perse, s’é- Jechappe de la terre, et qui a été adoré par les Perses; à lERheine sur l’Ems il sort d’une manière semblable d’une iimine abandonnée un courant de gaz analogue dont on 's<se sert dans cet endroit pour le chauffage.
Un volume de gaz hydrogène carboné mêlé avec deux ‘wolumes d’oxigène et enflammé, dans un tube gradué, ppar l’étincelle électrique (Ji^. 22), produit un volume •Id acide carbonique et de l’eau liquide (i). Un volume
I (1) On peut se convaincre que ce volume de gaz ne conlienl que de
CARBONE-
(l’acicle carbonique est composé de i/a volume de carbone etd’un volume d’oxigènejl’autrevolumed’oxigèneest donc employé pour la combustion de l’hydrogène contenu dans l’hydrogène carboné, et celui-ci contient donc deux vol. d’hydrogène. Par conséquent, deux volumes d’hydrogène se trouvent combinés dans l’hydrogène carboné à un demi volume de carbone, et condensés en un seul volume. Lorsqu’on fait passer à plusieurs reprises l’étincelle électrique à travers l’hydrogène carboné, il se déposera du charbon et un volume du gaz produit 2 volumes d’hydrogène. Si l’on fait passer plusieurs fois ce gaz par un tube très incandescent, la même décomposition a lieu, il se dépose du charbon, et l’on obtient du gaz hydrogène. Ces décompositions nous mettent à même de déterminer la pesanteur spécifique du gaz : 2 volumes d’hydrogène = o,iüy6, 1/2 volume de carbone = o,42i9; donc la densité de l’hydrogène carboné est 0,5595, d’après cela on peut facilement supputer de la même manière la composition de 100 parties de gaz.
Ce gaz n’a pas d’action délétère, puisque dans les houillières d’Angleterre, les mineurs travaillent souvent, sans en être incommodés , dans un mélange gazeux dont les couches supérieures font détoner la lampe de sûreté.
Jusqu’à présent on n’a pas encore vu ce gaz se combiner ni avec les acides, ni avec les bases, ni enfin avec d’autres substances.
l’acide carl)oni()uc pur , en y inellanl un petit morceau de potasse caustique ; le gaz sera absorbé tout-à-fait , et il se formera du carbonate de polasse; de l’oxigene ajouté en excès ou de l’hydrogène carboné non décomposé ne seraient pas absorbés.
CARBONE