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II. LE GAZ OLÉFIANT

Lorsqu’on mêle 4 parties en poids d’acide sulfurique avec une partie d’alcool anhydre, et qu’on échauffe le mélange jusqu’au-delà de 200°, une partie de l’alcool (=3 vol. d’hydrogène x i vol. de carbone + 1/2 vol. d’oxigène) se décompose de manière qu’un volume d’hydrogène se combine avec 1/2 volume d’oxigène pour former de l’eau, et qu’un volume de carbone, en s’unissant avec 2 volumes d’hydrogène, produise une combinaison particulière, à laquelle on a donné le nom de gaz oUJiant, parce qu’elle forme un corps oléagineux en se combinant avec le chlore 5 l’autre partie de l’alcool est aussi décomposée en carbone, qui se dépose, et en hydrogène, qui se combine en partie avec l’oxigène de l’alcool, en partie avec une portion de l’oxigène de l’acide sulfurique, d’où il résulte de l’eau et de l’acide sulfureux. On peut étudier très bien la formation du gaz oléfiant, à l’aide d’un matras a {Jig. 56), qu’on échauffe avec une lampe à esprit-de-vin. Pendant que l’hydrogène carboné se dégage , il se condense continuellement dans le récipient b de l’eau , au fond de laquelle se dépose un corps oléagineux, l’huile de vin, composé d’hydrogène carboné, d’acide sulfurique et d’eau, sur lequel je reviendrai tout-à-l’heure. On recueille le gaz dans le cylindre; ordinairement il est déjà privé de l’acide sulfureux après avoir passé par l’eau, qui peut dissoudre une grande quantité de cet acide. L’hydrogène carboné et l’eau se dégagent continuellement en même temps, tout comme dans la formation de l’éther; ce n’est pas non plus l’affinité de l’acide sulfurique pour l’eau qui opère la décom-

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position de l'alcool j mais c’est ici également par son contact que l’acide sulfurique contribue à la décomposition de l’alcool en hydrogène carboné et en eau. Le procédé qui vient d’être décrit suffit pour obtenir de petites quantités de ce gaz; lorsqu’on veut se procurer de plus grandes quantités de cette substance, il faut employer un fourneau et un gazomètre (i).

Enflammé à l’air, ce gaz brûle avec une lumière très vive. Si on l’a recueilli dans des cylindres de verre et qu’on l’ait enflammé, il est nécessaire de verser de l’eau dans ces cylindres, pour l’en faire sortir {Jig. 5y); on l’enflamme à la manière ordinaire devant le gazomètre. En traitant de l’air atmosphérique, je ferai voir en détail, que ce gaz se forme dans les combustions qui nous fournissent de la lumière, et que le pouvoir éclairant de la lumière qu’on appelle^<z^//^/if, dépend en grande partie de la quantité de ce gaz.

Lorsqu’on fait passer ce gaz par des tubes incandescens, il se décompose en charbon qui se dépose et en gaz hydrogène. On peut opérer la même décomposition par l’étincelle électrique. Un volume d’hydrogène carboné donne du charbon et 2 volumes de gaz hydrogène. Lorsqu’après avoir mêlé 2 volumes de gaz chlore

(1) Outre l’hydrogène carbone et l’acide sulfureux, il se déreloppe en même temps de l’éther, particulièrement lorsqu’on a employé une quantité d’alcool plus grande que celle que j’ai indiquée. Lorsqu’on a consommé l’hydrogène carboné , l’éther reste en grande partie dissout dans l’eau du gazomètre. Avant de se servir du même gazomètre pour des expériences avec l’oxigénCjil est nécessaire de le rincer plusieurs fois avec de l’eau, car sans cette précaution, l’éther dissout se mêlerait avec l’oxigène, et produirait un mélange, dont la détonation pourrait devenir funeste.

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.' avec un volume de gaz hydrogène carboné, on enflamme 1 rapidement le mélange, le chlore et l’hydrogène se com- 1 binent, et le charbon se sépare sous forme d’une fumée t épaisse. La combustion d’un mélange de 3 mesures de ^gaz oxigène avec une mesure de gaz oléfiant, fournit de à 1 l’eau liquide et 2 mesures d’acide carbonique. Cette expé- II irience exige un appareil particulier, car, si le mélange l s se combine tout à la fois, l’explosion devient assez vio- I l lente pour fracasser les vases les plus solides, dont on se

i s sert ordinairement. Aussi, lorsqu’on veut faire détoner cce gaz, même dans les cas ordinaires, il faut envelopper c d’un linge le cylindre dans lequel on enflamme le méi 1 lange. Pour le faire détoner avec l’air atmosphérique, i (on emploie un volume de gaz et i5 volumes d’air. Il 1 résulte de ces décompositions que cet hydrogène car- Iboné est composé d’un volume de vapeur de carbone, (dont la densité est de o,8438 et de 2 volumes d’hydroj J gène, d’une densité de OjiSyô (2 X 0,0688), condensés f en un volume ; sa pesanteur spécifique est par consécquent de 0,98 14. La pesée directe a donné 0,9852 pour ( cette pesanteur spécifique.

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