CHLORE, BROME, IODE ET CARBONE
I. Chlorure de carbone. Le chlore et le carbone ne se ^ combinent pas directement; on peut mettre un charbon M incandescent dans le chlore gazeux, ou y maintenir un M cliarbon au rouge par un courant électrique pendant D
CARBONE
long temps, sans que la combinaison ait lieu. Lorsqu’on opère en présence de l’eau, celle-ci se décompose, et il . se forme de l’acide hydrocldorique et de l’acide carbo- • flique. La voie indirecte fournit trois combinaisons de I ces corps, dont une solide et les deux autres liquides.
a. Chlorure de carbone solide. Lorsqu’on expose à 1 la lumière du soleil le chlorure d’hydrogène carboné ,
( obtenu par la combinaison du dilore avec l’hydrogène i carbqné, et renfermé dans un grand flacon rempli de t chlore gazeux , le chlore se combine en partie avec l’hy- I drogène et forme de l’acide hydrocldorique, qu’on fait : absorber par un peu d’eau, et en partie avec le charbon,
I d’où il résulte une masse solide et cristalline, le chlorure < de carbone. La même décomposition aura lieu , si on I ■ dirige un courant de chlore à travers le chlorure d’hy- I drogène carboné en ébullition. En dissolvant dans l’é- I ther cette combinaison lavée à l’eau , et soumettant la dissolution à une évaporation lente, on obtient des cristaux incolores et transparens, qui se fondent à 160" et ■ entrent en ébullition à 180°. Le chlorure de carbone est : insipide, il a une odeur aromatique, il est insoluble I dans l’eau et soluble dans l’alcool; un volume d’hydrogène carboné (= un volume de vapeur de carbone et 2 volumes de gaz hydrogène) condense 5 volumes de I chlore pour former 4 volumes de gaz d’acide hydro- I chlorique (=2 volumes de chlore et 2 volumes de gaz I hydrogène); par conséquent, le chlorure de carbone est I composé d’un volume de vapeur de carbone et de 3 volumes de chlore.
b. Premier chlorure de carbone liquide. Celle combinaison s’obtient par la distillation de 3 livres d’eau avec* 2 onces d’alcool et une livre de chlorure de chaux dans
CAUnONE.
un alambic très spacieux, qu’on fait communiquer par un tube droit avec l’appareil réfrigérant, que nous avons décrit (p. loi). Le chlorure de chaux, composé d'un mélange de chaux, de chlorure de calcium et de chlorite de chaux, opère par cette dernière combinaison la décomposition de l’alcool. Lorsque 2 onces de liquide se trouvent distillées, on a obtenu toute la quantité du chlorure de carbone qui s’est formée; on l’agite plusieurs fois avec de l’eau, et après en avoir séparé celle-ci, autant que possible, on le distille avec huit fois son volume d’acide sulfurique dans un bain d’eau (p. 102).. On obtient également cette combinaison, en faisant passer du chlore dans une dissolution de potasse et d’alcool, ou en distillant de l’esprit acétique avec du chlorure de chaux; elle se forme encore dans d’autres opérations, comme nous le verrons tout-à-l’heure. Ce chlorure de carbone liquide entre en ébullition à 6o°,8, sa pesanteur spécifique est 1,2201 , et il est composé de 2 volumes de carbone et de 5 volumes de chlore.
c. Second chlorure de carbone liquide. Lorsqu'on fait passer le chlorure de carbone solide en vapeur à travers un tube de porcelaine, rempli de morceaux de porcelaine pour multiplier les points de contact, une portion de chlore se séparera de la combinaison et on obtiendra le chlorure de carbone liquide. Ce corps entre en ébullition à 71® — 77°, il est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool et l’éther. Si on le met dans un vase contenant du chlore gazeux et qu’on l’expose h la lumière du soleil , il se combine au chlore et reproduit la combinaison solide. Ainsi, la lumière opère une combinaison du chlore avec le chlorure de carbone liquide, que la chaleur détruit, ce qui est très remarquable. I.ie
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premier clilorure de carbone liquide, au contraire, ne subit aucun changement par le contact du chlore et de la lumière du soleil. Cette combinaison consiste en un volume de vapeur de carbone et 2 volumes de chlore.
Une quatrième combinaison solide à la température ordinaire, ne s’est formée qu’une seule fois par hasard, pendant une distillation d’acide nitrique, et depuis on n’a plus pu parvenir à la reproduire; elle était composée d’un volume de chlore et d’un volume de carbone.
2. Bromure de carbone. Le bromure d’hydrogène carboné avec excès de brome ne fournit pas de bromure de carbone par l’exposition à la lumière du soleil. On obtient une combinaison liquide à la température ordinaire, en ajoutant du brome en excès à l’iodure de carbone dont nous parlerons tout-à-l’heure , il se forme de l’iodure de brome et du bromure de carbone, qu’on peut séparer du premier en agitant le mélange avec une dissolution de soude (oxide de sodium) dans laquelle l’iodure de brome se dissout. Il forme un liquide clair et blanc, se solidifiant à une température peu élevée et ne fondant pas encore à 6“ et y°. Il est encore incertain si ce bromure de carbone est identiqne avec l’autre bromure liquide, qui se forme par la décomposition du brômal, dont nous traiterons tantôt et dont la pesanteur spécifique est 2,1 3. On obtient une combinaison solide lorsqu’on fait agir long-temps le brome sur l’éther et qu’on distille le liquide à un tiers près. Si l’on ajoute au résidu d’abord une dissolution de potasse et puis de l’eau, il s’en sépare une masse blanche , qu’on doit fil-
I tver et laver; cette masse se fond à 5o° et se sublime à loo”.