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III. OXAMIDE

En distillant l’oxalate d’ammoniaque (cristallisé), com- I posé d’acide oxalique (=2 mesures de vapeur de car- I bone + 3 mes. de gaz oxigène) i d’ammoniaque (= 2 me- ; sures de gaz azote +6 mes. de gaz hydrogène) et d’eau de cristallisation, on obtient, outre l’eau, le carbonate

CARDONE

d’anunoniaque, l’acide carbonique, l’oxide de carbone et le cyanogène, une substance d'un blanc sale,presqu’insoluble dans l’eau, surnageant en partie le liquide distillé, et formant en partie un sublimé dans le col de la cornue, constituant environ 4 à 5 pour cent du sel employé, et susceptible d’être épurée par des lavages à l’eau. Exposée à un courant d’air cbaud, l’oxamide se volatilise; si on la distille dans une cornue, une partie se sublime sans s’altérer et l’autre partie se décompose. On l’a trouvée composée de :

Q TU. de yap. de carb., i m, de gax oxîg,, a m. de gaz azote , 4 m. de gaz h3’drog.

Echauffée avec l’acide sulfurique en excès, elle se décompose en ammoniaque, qui s’unit à l’acide sulfurique et en un mélange de gaz , dont une moitié est de l’oxide de carbone (= un vol, de carbone un volume d’oxigène), et l’autre moitié de l’acide carbonique (=un vol, de carbone + 2 vol, d’oxigène). Si on la traite avec une dissolution de potasse, il se forme de l’acide oxalique (=2 mes, de vap, de carbone -p 3 mes, de gaz oxigène), qui se combine avec la potasse, et de l’ammoniaque se dégage. Il ne se forme pas d’autres corps outre l'ammoniaque et l’acide oxalique, qui, étant chauffé avec de l’acide sulfurique concentré, se décompose toujours en oxide de carbone et en acide carbonique; nous pouvons en conclure que, tout comme dans l’expérience avec l’urée, l’oxamide et l’eau se décomposent en même temps, et que l’oxamide s’empare d’une mesure d’oxigène et de 2 mesures d’hydrogène,

IV, DE l’aSPAUAJIIDE,

On trouve cette substance toute formée dans les as-

CARBONE

perges, les pommes de terre, les racines de réglisse et de guimauve; la racine de guimauve en contient la plus grande quantité, environ 0,7 pour cent de son poids. Après l’avoir coupée et écrasée on y verse quatre fois ( son volume d’eau froide, et au bout de 48 heures, on filtre et on évapore la dissolution jusqu’à la moitié ; on filtre de nouveau le dépôt et' on l’évapore dans un bain d’eau jusqu’à consistance sirupeuse. Après quelques jours on obtient de grands cristaux, qui deviennent parfaitement blancs par des dissolutions et cristallisations répétées.

Desséchée à 120°, elle perd i2,58 p. c. de son poids d’eau qu’elle contenait. L’asparamide privée d’eau , est composée de :

carbone = 3g, 060 = 8 volumes.

liydrogène= 6,38 =16 «

azote = 22,610 =4 “

oxigène = 3 1,95 = 5 «

Lorsqu’on fait bouillir quelque temps l’asparamide avec la dissolution d’une base énergique, elle se décompose tout-à-fait, il se dégage de l’ammoniaque et la dissolution contient un sel composé d’un acide particulier, l’acide asparmique, et de la base; à l’exception de cet acide et de l’ammoniaque, il ne se forme pas d’autre substance. Le sel de baryte, qui est soluble dans l’eau, est décomposé par l’acide sulfurique : la baryte s’en sépare et si on filtre la dissolution encore chaude, l’acide

peu soluble dans l’eau froide se sépare également en

de l’eau qu’il contient; mais en le combinant avec de l’oxide de plomb, on lui fait perdre 7,42 p. d’eau. L’acide anhydre est composé de :

SILICIUM

carbone = 4*57^ •= 8 volumes,

hydrogène = 5,ii = 12 «

azote = 1 2,09 =2 «

oxigène = 4ij02 =6 «

Dans les combinaisons de cet acide avec les bases et l'eau, l’oxigène de celles-ci est à l’oxigène de l’acide, dans le rapport de i : 6.

\ Âsparamide. = 8 m. de c. -p i6 m. d’hyd. 4 m. d’ai. -)- 5 m. d’ox.

Eau. = a m. » i ni. »

8 m. de c. + i8 m. d’hyd. -J- 4 m. d’az. -{-6 m. d’ox.

Acide asparmique. 8 m. » la m. » a m. u 6 m. «

Ammoniaque. = 6 m. d’hyd. a m. d’aï.

SILICIUM

De toutes lès matières qui forment la croûte de notre globe, la silice ou terre siliceuse est la plus répandue. Le quartz, le sable libre et celui que contient le grès dur, ne sont que de la silice mêlée avec un petit nombre de matières étrangères J elle est unie à l’alumine et à la potasse dans le feldpath, dans le mica et dans d’autres minéraux ; elle forme encore un grand nombre de minéraux par ses combinaisons avec d’autres substances. On peut décomposer la silice en la chauffant avec le potassium ; il se forme de la potasse (oxide de potassium) et le silicium se sépare, ce qui nous fait voir que la silice est composée d’oxigène et de silicium. Maison obtient plus facilement le silicium en grande quantité, en décomposant une combinaison de fluorure de silicium et de fluorure de potassium, qu’on se procure en saiuranl de

SILICIUM. 109

I potasse une dissolution de fluorure de silicium ou d’acide fluo-silicique. Cette nouvelle combinaison, qui n’est que peu soluble dans l’eau, sera séparée par le filtre et séchée à une température élevée, mais qui ne doit pas atteindre la chaleur rouge. On mêle une partie de cette combinaison avec 8/ lo à 9/10 de potassium dans un tube de verre fermé par un bout, qu’on chauffe doucement, en remuant le mélange avec un fil de fer, jusqu’à ce que le potassium soit fondu {Jig. 62). Placée au-dessus d’une lampe à esprit-de-vin , la masse s’échauffe au rouge avant que le verre, dans lequel elle est contenue, ait atteint celte température; le potassium se combine avec le fluor du silicium, et le silicium devenu libre, avec une portion du potassium. En mettant dans l’eau froide ce mélange, qui est composé de fluorure de potassium, de siliciure de potassium et d’un peu de fluorure de silicium et de potassium non réduit, il se dégage de l’hydrogène; le siliciure de potassium étant décomposé, du silicium se sépare, et par la décomposition de l’eau il se forme de la potasse qui se dissout. Si on met sur un filtre et qu’on lave à l’eau chaude ce qui est insoluble, l’affinité delà potasse libre pour la silice opère la décomposition de l’eau et l’oxidation du silicium; il est donc nécessaire de ne laver qu’à l’eau froide. Au bout de quelque temps, le liquide qui passe, réagit comme un acide, parce que le fluorure de silicium et de potassium non décomposé, qui est un acide, se dissout. On continue à laver jusqu’à ce que l’eau ne dissolve plus rien.

Le silicium qu’on obtient ainsi dans son état de pureté est une poudre brune sombre, qui salit fortement les objets qu’elle touche; enflammé à l’air, il brûle mais il rie s’cn consume qu’un tiers, dans l’oxigène lui-même il en

SILICIUM

leste au moins les 2/5, parce que la silice formée enveloppe le silicium qui reste, et qui d’ailleurs, une fois chauffé, ne brûle plus directement. On peut faire rougir le silicium sans une perte considérable, dans un petit creuset de platine , qu’on remplit plus d’à moitié, et qu’on couvi'e de son couvercle j la silice qui se forme sur la surface est enlevée facilement par un peu d’acide hydrofluorique, qui la dissout. Échauffé fortement, le silicium se contracte, gagne une couleur plus intense d’un brun chocolat , et devient assez dense pour se précipiter au fond de l’acide sulfurique.

Les acides nitrique, sulfurique et hydro-chloro-nitrique n’ont aucune action sur le silicium, ni avant ni après qu’il a été rougi par la chaleur. Avant la calcination , il se combine à chaud avec l’oxigène, et à froid il est dissous avec dégagement d’hydrogène par l’acide hydrofluo rique avec lequel il forme du fluorure de silicium, et par une dissolution concentrée de potasse, avec laquelle il donne du silicate de potasse. Après avoir été rougi par la chaleur, lorsqu’il s’est contracté et qu’il est devenu plus dense, il ne s’enflamme plus dans l’oxigène; échauffé fortement devant la flamme du chalumeau, il ne s’altère pas, et il n’est oxide ni par le nitre ni par le chlorate de potasse en fusion. Les dissolutions d’acide hydrofluorique et d’alcalis, lors même qu’on les fait bouillir avec le silicium, ne l’attaquent pas. La combustion des corps dans l’air atmosphérique offre des exemples analogues et propres à expliquer ces propriétés du silicium. Le charbon poreux, par exemple, s’oxide plus facilement que le charbon dense; plusieurs métaux, entre autres le fer, s’enflamment facilement lorsqu’ils sont très divisés, mais ils exigent une température très élevée, lorsqu’ils se trou-

SILICIUM

vent en massé compacte. Mêlé et échauffé avec le carbonate de potasse, le silicium s’oxide complètement; lorsqu’on n’a pris qu’une petite portion de ce sel, l’ignition est vive avant que la chaleur ne soit au rouge , il se forme de la silice et le charlion se sépare. Si l’on prend beaucoup de carbonate de potasse, il se produit aussi de l’oxide de carbone. Fondu avec la potasse ou la soude, le silicium s’oxide en décomposant l’eau de ces alcalis, qui en retiennent toujours une petite portion, même après avoir été portes jusqu’au rouge; il se forme des silicates, de même que dans la décomposition des carbonates alcalins. Dans cette expérience, loo parties de silicium se combinent avec io8 parties d’oxigène* Hormis la silice, on ne connaît pas d’autre combinaison du silicium avec l’oxigène.

Le silicium chauffé dans de la vapeur de soufre, s’y combine avec ignition et forme, si la combinaison est complète, une masse qui, mise en contact avec l’eau , s’y < dissout sans résidu; l’eau est décomposée en hydrogène I qui se combine avec le soufre pour former de l’hydro- I gène sulfuré, lequel se dégage à l’état de gaz, et en oxigène dont la quantité est justement suffisante pour chan- , ger le silicium en acide silicique , qui , malgré son I insolubilité ordinaire, se dissout dans l’eau. On peut cal- I culer d’après cette décomposition, la composition du : sulfure de silicium, comme nous le dirons en traitant de I 1 hydrogène sulfuré; il contient 70 p. c. de soufre.

Lorsqu’on dirige un courant de gaz chlore dans une I petite boule (semblable à celle qui a été décrite p. 69, ] pour la préparation du chlorure de phosphore) conte- I nant du silicium, celui-ci s’enflamme, se combine au chlore et se convertit en un corps volatil , qu’on peut

SILICIUM

obtenir à l’etat liquide en, faisant communiquer la pre- a mière boule avec une seconde convenablement refroidie. I On peut se procurer de plus grandes quantités de ce chlorure de .silicium , en chauffant fortement dans un | tube de porcelaine un mélange intime de silice et de charbon, y amenant un courant de chlore et faisant pas- \ ser les gaz développés à travers un vase maintenu à une température très basse. Le chlore n’a pas assez d’affinité ! pour le silicium pour chasser l’oxigène de la terre sili- ^ ceuse; mais si l’on y ajoute du charbon, l’affinité de ce corps pour l’oxigène concourt à l’action, et il se forme de I l’oxide de carbone et du chlorure de silicium. Cette me- i thode est particulièrement importante pour l’extraction ■ du métal de la terre alumineuse, à propos de laquelle j’en traiterai avec plüs de détail. La couleur jaunâtre du chlorure de silicium est due à un peu de chlore absorbé j pour la lui enlever on n’a qu’à l’agiter avec du mercure jl qui se combine avec le chlore libre. En contact avec I l’eau il se décompose à l’instant et se transformeen acide 1 hydrochlorique et en silice. Le chlorure de silicium con- I tient donc (p. ya) 82,7 p. c. de chlore, La silice se sépare en gelée. La pesanteur spécifique du chlorure de sili- i cium gazeux est de 5, g , et un volume de ce gaz contient 1 2 volumes de chlore. *

On peut combiner facilement le fluor avec le silicium; ! il en résulte un corps gazeux; comme il a les propriétés ^ d’un acide, nous n’en traiterons qu’en parlant des aci- 1 des. La pesanteur spécifique du fluorure de silicium ga~ | zeux est de 3,6, et un volume de ce corps contient I autant de silicium qu’un volume de chlorure de sili- il <ium.

Le silicium s’unit avec plusieurs métaux, notamment <

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