LE CHALUMEAU ET LE FOURNEAU A RÉVERBÈRE
Dans beaucoup de recherches il est très Important de concentrer promptement sur de petites masses un haut degré de chaleurj à cet effet on se sert du chalumeau, à l’aide duquel on souffle un courant d’air à travers une flamme. Avec cet instrument il est facile de faire les diverses expériences qui servent à dévoiler la nature chimique des différentes substances; la température qu’il procure, peut s’élever jusqu’au rouge blanc. On examine de cette manière, si les substances sont volatiles ou non, si elles se décomposent ou si elles ne s’altèrent pas, quels sont les produits de la décomposition, si elles sont fusibles et quels phénomènes engendre leur fusion avec d’autres substances; on peut les oxider ou désoxider avec le chalumeau. La désoxidation dépend de l’endroit de la flamme où on les tient. En effet une double combustion a Heu dans la flamme du chalumeau, l’une à l’intérieur de la flamme est alimentée par l’air provenant de l’insuflation , l’autre à l’extérieur est due à l’air atmosphérique ambiant. Entre ces deux lieux de la combustion se trouvent les gaz combustibles dont la température est très élevée, si l’on y plonge entre a et ^ i aS) un oxide, par exemple, de l’oxide de plomb ou de l’oxide de cuivre, l’oxigène de ces corps se combine avec I les matière’s combustibles , le métal se fond et apparaît i avec ses propriétés connues; les substances tenues à
AIR
l’extérieur de b s’échauffent fortement et se combinent, si elles en sont capables, avec l’oxigène de l’air, qui y a accès.
Ce qui s’observe en petit dans la flamme du chalumeau, a lieu en grand dans le fourneau à réverbère. Suivant que la flamme du combustible, qui passe par le fourneau à réverbère contient encore des substances inflammables ou renferme déjà un excès de gaz oxigène, elle est désoxidante ou oxldante. Le fourneau à réverbère permettant de traiter de grandes masses est indispensable pour plusieurs opérations chimiques qu’on exécute en grand. Par l’ouverture k on place sur la grille a {Jig. 126) le combustible, auquel l’air afflüe par l’ouverture b; les gaz , qui se développent durant la combustion, ne peuvent s’échapper que par la cheminée/;, et sont forcés de lécher la sole dd du fourneau à réverbère. Une rangée de pierres c qu’on nomme le pont, sépare le foyer de la sole dd ; la coulisse h permet de fermer plus ou moins la cheminée et sert à régler le tirage. Par l’ouverture i on introduit sur la sole les substances qu’on se propose d’exposer au feu. En g est une ouverture qui livre passage à une tige mobile sur un rouleau et servant à brasser la masse dans le fourneau et à l’en reth’er à la fin de l’opération. La masse enfournée, on ferme les ouvertures i, A-, g, exactement pour ne les ouvi’ir que lorsqu’on doit ajouter du combustible ou qu’on veut activer la combustion; afin d’atteindre promptement ce but, on ajuste dans les trous des tampons en tôle {^fig> 12/ J doublées Intérieurement de terre réfractaire, et armés chacun extérieurement, presqu’au milieu, d’un cône creux en tôle recevant un manche en bois. Lorsque les dimensions du fourneau sont
égales à celles qu’indiquela figure, on peut l’employer pour chauffer au rouge des mélanges qu’on veut faire réagir chimiquement, pour fabriquer par exemple le carbonate de soude (la soude) et principalement pour griller des minerais ( opération qui a pour but la combinaison du soufre et de l’arsenic avec l’oxigène de l’air). Veut- on se servir d’un fourneau à réverbère pour la désoxidation , il faut augmenter considérablement la grille, et. diminuer le foyer, afin que beaucoup plus de matière combustible soit entraînée. On peut même modifier ces proportions au point de faire sortir d’une haute cheminée une flamme fuligineuse très riche en substances combustibles. J’indiquerai cà et là, lorsque l’occasion se présentera, les changemens particuliers que les opérations chimiques les plus importantes nécessitent dans la construction du fourneau à réverbère, dont je viens de mentionner simplement la théorie générale.