FOURNEAU DE FORGE
Pour obtenir une température très élevée on injecte l’air au moyen de machines particulières ( soufflets) au milieu des substances en combustion. Les machines soufflantes diffèrent selon les substances qu’on veut faire fondre. En traitant du plomb, du cuivre, du zinc et du fer, je décrirai, les soufflets et les fourneaux, à l’aide desquels on produit la haute température qu’exige l’extraction de ces métaux. Dans les forges , par exemple, on se sert de soufflets, dont la différence avec ceux qu’on emploie dans les laboratoires de chimie n’est qu’insignifiante; ces derniers sont en outre confectionnés plus soigneusement et avec de
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meilleurs matériaux. Ils consistent en trois panneaux dont la grandeur, qui est égale, détei’mine en même temps celle de chaque soufflet. Le soufflet qu’on emploie à la lampe d’émailleur, a une longueur de deux pieds et une largeur d’un pied; destiné à l’entretien d’un grand feu de forge il doit être long de cinq à six pieds et large de deux pieds et demi. Le panneau supérieur c {üg. 128) est réuni avec celui du milieu è, et celui-ci avec l’inférieur a par six planchettes minces, et au dessus des endroits où celles-ci sont en contact entre elles et avec les panneaux est collé du cuir très fin. Quatre de ces planchettes sont parfaitement égales entre elles et forment des triangles hig-^ deux autres sont pareillement égales et forment des rectangles giso. Le coin en /, aussi bien dans les triangles que dans les rectangles, est assez mousse, pour queles planchettes triangulaires et l’ectangulaires puissent s’appliquer en même temps aux panneaux sans se toucher. Le panneau du milieu' b et l’inférieur a ont des clapets n et 77Î, qui s’ouvrent très facilement, et qui ferment bien moyennant une doublure en drap, qu’ils portent en bas ; le panneau mitoyen est enfermé dans un châssis, et fixé par les deux extrémités à deux traverses, que l’on assujettit , suivant l’usage du soufflet, au dessous d’une table , ou dans une châsse particulière , lorsque le soufflet est plus grand. On charge le panneau supérieur d’un poids proportionnel à la force du vent qu’on veut produire ; au panneau inférieur est suspendu un poids qui le tire vers le bas. On peut élever ce panneau à l’aide d’une corde passant sur une poulie et communiquant dans les petits soufflets, avec une pédale, et dans les grands soufflets avec une anse, qu’on saisit par la main, ou avec un étrier, dans lequel on met
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He pied pour faire monter le panneau au moyen de tout I le poids du corps. Le panneau a étant soulevé , l’air coin. I pris entre ce panneau et le panneau h se trouve dans I un état de compression , le clapet m se lève, l’air se préicipite entre les panneaux mitoyen et supérieur et j pousse ce dernier en haut. En laissant redescendre le pan- I neau inférieur on détermine cà l’instant la chute du clapet J m en vertu de son poids et l’ouverture du clapet «; ce qui ! fait rentrer l’air atmosphérique dans l’espace compris I entre les panneaux inférieur et mitoyen. Le panneau I étant relevé derechef, de nouvelles quantités d’air :sont refoulées entre les deux panneaux supérieurs. Le ■ châssis du panneau du milieu est percé d’un trou u dans lequel on ajuste la tuyère, tube ordinairement en cuivre. Par cette ouverture, qu’on peut également pratiquer à l’extrémité opposée rt^ si c’est plus commode, l’air afflue dans la tuyère et peut être conduit partout où l’on veut par la prolongation de celle-ci; dans ce cas il faut cependant se garder de courber la tuyère à angle droit pour éviter la répercussion de l’air. Le vent, qui doit parcourir un canal trop long, perd toujours en intensité.
On obtient la plus haute température dans un fourneau en dirigeant l’air de différens points vers le centre. On atteint le plus facilement ce but avec deux cylindres en toleccc et ddd, (Jîg. 129 et i3i),ferniés l’un et l’autre en bas par un fond, emboîtés de manière que le cylindre intérieur soit à égale distance du cylindre extérieur en bas et aux côtés, et réunis hermétiquement. Par le cylindre intérieur qui doit être revêtu d’une couche épaisse d argile réfractaire ggg j comme aussi par la doublure d argile, passent huit trous, qui doivent être pratiqués
à la même hauteur du fond. Au milieu repose, sur un fromage, un grand creuset ou plusieurs petits creusets qu’on veut échauffer. On introduit dans le tuyau a un un autre tuyau communiquant avec un soufflet. Dans l’espace h on fait entrer l’air qui pénètre par les trous o dans le foyer et y produit une chaleur telle, que si le fourneau a été construit d’après l’échelle de la figure i3o, on y peut liquéfier complètement une demi-livre de feldspath en vingt minutes de temps. On y fait fondre aisément du fer et d’autres substances difficilementfusibles.il est important que les charbons soient tous delà même grandeur, par exemple, d’un pouce cube. On opère facilement ce triage après les avoir concassés et réduits à peu près à une grandeur déterminée, en les faisant passer à travers deux cribles, dont l’un, à mailles d’un pouce quarré, arrête les morceaux trop gros, et dont l’autre , percé de trous plus petits, ne livre passage qu’aux charbons trop peu volumineux et ' retient ceux qui ont les dimensions voulues. Lorsqu’on veut substituer du coak aux charbons de bois, il ne faut employer que celui qui donne peu de cendre. Les creusets de Hesse sont ceux dont on se sert ordinairement; mais ils se ramollissent et commencent à fondre dans des expériences qui exigent une très-haute température. Les creusets de graphite ou d’autres masses difficilement fusibles ne résistent pas davantage à la chaleur la plus intense de ce fourneau; de sorte qu’on y obtient une température supérieure à celle que peuvent supporter les creusets confectionnés avec toutes les terres argileuses connues jusqu’à ce jour.