DISTILLATION
L’opération dans laquelle on réduit par la chaleur un corps liquide ou solide en vapeur qu’on condense ensuite par le froid, se nomme une distillation lorsqu’on obtient un corps liquide, et une sublimation lorsque le produit est un corps solide. Quelques substances ne passent pas par l’état liquide, tel est l’arsenic qui se transforme en vapeur avant de se liquéfier j le deuto-chlorure de mercure se fonda la vérité avant d’entrer en ébullition, mais s’obtient sous forme de dépôt solide en refroidissant la vapeur au-dessous du point de fusion. En traitant du soufre (p. 4i)j j’ai fléjà pu mentionner les principaux phénomènes queprésentela sublimation. Quelques substances n’étant pas du tout volatiles, d’autres se réduisant en vapeur à des températures très différentes, la sublimation et la distillation offrent un moyen important pour séparer les unes des autres diverses substances, et
KA.tI.
les obtenirà Pétat de pureté. Je ne décrirai ici que la distillation de l’eau et celle des substances qu’on peut distiller avec l’eau : pour ce qui regarde la sublimation ou la distillation d’autres substances j’y reviendrai plus tard, et je ferai connaître les appareils et les dispositions à employer pour chacune déliés en particulier, en traitant de ces substances.
L’eau de fontaine, de rivière ou de pluie (cette dernière, lorsqu’elle n’a pas été recueillie immédiatement) , tiennent en dissolution diverses substances, en particulier des sels, qui, n’étant pas volatils, s’en séparent par la distillation; on peut se servir à cet effet de la chaudière à vapeur que j’ai décrite ci-dessus (p. 3oi). Dans cette description j’ai fait connaître une méthode assez raredechauffage; la consommation du conabustible y est très complète, mais elle présente ce désavantage que la maçonnerie, qui entoure le foyer et qui en raison de son rétrécisement vers le haut s’échauffe fortement, fait perdre une quantité considérable de chaleur. J’ajoute ici la description d’un autre appareil de combustion, que l’on a reconnu comme le meilleur pour les distillations en général, et pour celles de l’eau-de-vie en particulier.
La conduite du feu se fait absolument de la même manière que dans la méthode exposée précédemment. Les deux figures lyi présentent des coupes de la chaudière par le milieu, l’une transversale l’autre longitudinale. En e il y a un enfoncement dans lequel se déposent ordinairement des cendres que l'on retire de temps en temps. L’échelle du dessin est telle que le diamètre de la chaudière représente une longueur de 3 pieds. On peut pourvoir la chaudière des mêmes dispositions que j’ai déjà décrites ci-dessus (/?. 3oi) pour s’en servir en
l'AU.
guise de chaudière à vapeur. Veut-on l’employer pour la distillation de l’eau ou d’autres liquides, on dévisse le couvercle et on le remplace par un chapiteau c {fig 172), dont on rend la jonction avec les bords de la chaudière parfaitement hermétique par l’interposition de disques de carton ou de feutre évidés en forme d’anneau. Si le chapiteau n’a pas les dimensions indiquées par la figure, la foi'ce de l’ébullition peut projeter une partie du liquide dans le tube de décharge d qui conduit la vapeur hors du chapiteau, et souiller la pureté du produit. Le tube de décharge est formé de deux parties dont l’une se trouve fixée au chapiteau et l’autre au couvercle du réfrigérant, et qui s’assemblent intimement en d soit à vis soit d’une autre manière. Le réfrigérant e consiste en un cylindre creux placé dans un grand vase rempli d’eau ; ce cylindre porte en bas un tube i qui traverse la paroi du réservoir d’eau et qui est muni d’un robinet. Dans le réservoir d’eau peuvent se ti’ouver deux ou plusieurs cylindres pareils communiquant avec différens appareils. A mesure que l’eau s’échauffe, elle est remplacée par l’eau froide, qui afflue au moyen d’un tube communiquant avec le fond du réservoir d’eau ^ et avec un autre réservoir d’eau situé au-dessus du premier; nu robinet permet d’ouvrir plus ou moins ce tube^ selon la force du courant dont on a besoin. De la partie supérieure du réservoir d’eau ^sort un autre tube destiné à l’écoulement de l’eau chaude. On obtient ainsi un courant ascendant, lent et continu d’eau froide tel que la température étant au fond de 10 à i5“elle s’élève à la surface jusqu’à yo'' à 80°. Lorsqu’on opère en grand, on doit faire en sorte que le contact dc;S vapeurs avec la surface refroidissante soit aussi multiplié que possible ; c’est à