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quoi l’on parvient le plus facilement en plaçant deux vases bb et d {fig- 17^) l’un dans l’autre de manière que celui-ci s’appuie exactement sur les bords supérieurs du premier, et qu’il y ait entre les deux un intervalle large en haut, mais assez rétréci en bas pour livrer seulement aux vapeurs condensées un passage commode. Le vase bb se trouve au milieu d’un grand réservoir ee rempli d’eau. Les tuyaux^ et y^vont l'un jusqu’au fond de ce réservoir, et l’autre jusqu’à celui du vase intérieur d; ils sont terminés supérieurement en entonnoirs dans lesquels afflue continuellement l’eau réfrigérante par des tuyaux communiquant avec un grand réservoir. En /, à la partie supérieure du vase intérieur, et en P, à celle du réservoir, se trouvent des tuyaux pour l’écoulement de l’eau chaude, qu’on peut conduire dans la chaudière à vapeur pour remplacer le liquide distillé ou bien qu’on emploie à d’autres usages. Le tuyau u communique avec la chaudière à vapeur. Les vapeurs qui entrent en b se refroidissent si complètement par le contact de la surface intérieure du vase b d’une part, et de la surface extérieure du vase d d’autre part, qu’en sortant par le tuyau c elles ne sont presque plus chaudes. Pour les distillations ordinaires on peut également se servir de ce réfrigérant qui présente le grand avantage de pouvoir être nettoyé d’une manière aussi facile que complète. Le réfrigérant ainsi que le chapiteau doivent être en étain 5 les autres métaux s’oxident trop facilement. La chaudière à vapeur est en cuivre étamé intérieurement. On rejette les premières portions d’eau qui distillent, et l’on termine l’opération lorsque les trois quarts de la quantité d’eau employée ont passé. L’eau purifiée complètement par la distillation est incolore et
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inodore; elle s’évapore sans laisser de tache sur une feuille de platine, et ne doit surtout présenter aucune trace de matière étrangère.
Au-delà du point d’ébullition de l’eau, ainsi que je l’ai déjà dit, la vapeur d’eau se comporte comme tout autre gaz, quant à ses propriétés physiques. Mise en contact avec d’autres substances volatiles , telles que l’huile de térébenthine, l’huile de rose et d’autres huiles de cette espèce, la vapeur d’eau en absorbera autant qu’un autre gaz quelconque à la même température. L’huile de térébenthine entre en ébullition à i55°;à loo* on peut sans erreur notable estimer la tension de la vapeur de l’huile de térébenthine à o“, 068 V4 (p. 334), et déduire de là facilement combien il passe d’huile. de térébenthine avec l’eau , lorsqu’on distille un mélange de ces deux liquides, en procédant dans ce calcul comme pour l’air et la vapeur d’eau (p, 336), et déterminant par la densité de la vapeur d’huile de térébenthine (5,oi) et celle de la vapeur d’eau (0,62) le rapport des deux en poids. Beaucoup de substances se décomposent avant d’entrer en ébullition, d’autres sont mêlées avec des substances qui ne supportent pas cette température. Dans ces cas on y ajoute de l’eau pour que la distillation ait lieu au point d’ébullition de ce liquide; cette précaution est surtout nécessaire pour la distillation de la plupart des huiles volatiles. On arrose d’eau les substances végétales dont on veut extraire l’huile ou bien l’on fait passer un courant de vapeur d’eau à travers ces substances. A cet effet on fait arriver le tuyau à vapeur de la chaudière par en bas dans un vase cylindrique, qu’il est avantageux de choisir en étain, et au-dessus d’un fond troué pratiqué à quelque distance de celui du vase
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même, et sur lequel se trouvent les herbes. Le vase est fermé hermétiquenfient par un couvercle muni d’un tube qu’on visse à celui du réfrigérant; en donnant au vase peu de largeur et beaucoup de longueur on peut multiplier considérablement les points de contact de la vapeur avec les herbes. Afin de n’avoir aucune difficulté à séparer l'huile et l’eau l’une de l’auti-e, on fait communiquer le tube d’où elles s’écoulent toutes les deux avec un tube d {Jîg. 174) adapté au col d’un flacon a muni en bas d’une tubulure dans laquelle s’adapte un tube recourbé ^ d’une hauteur égale seulement aux deux tiers de celle du flacon. Du moment que le flacon est rempli jusqu’à la hauteur du tube l’eau plus lourde s’écoule sans cesse par ce tube dans le vase c, d’où on la fait retourner de temps en temps dans la chaudière à vapeur; l’huile plus légère reste au contraire dans le flacon jusqu’à ce qu’elle en ait atteint la tubulure. Pour des expériences de cette espèce , qu’on veut faire en petit, on peut suspendre dans la chaudière à vapeur (alambic) un vaisseau cylindrique a {fîg. lyS), dans lequel se trouve à quélque distance du fond un tamis avec les herbes. On réunit le chapiteau par des boulons avec les bords du vaisseau qui s’appuie sur ceux de la chaudière à vapeur, de manière que celle-ci, le chapiteau et le vaisseau soient assemblés hermétiquement. La chaudière à vapeur et le chapiteau sont percés chacun d’un trou , dans lequel se vissent les deux branches d’un tube recourbé b, dont un bout descend jusqu’au dessous du tamis c. L’eau étant en ébullition dans la chaudière, les vapeurs se rendent par conséquent d’abord sous le tamis et n’arrivent au chapiteau qu'après avoir traversé les herbes.
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Beaucoup plus compliqués sont les phénomènes que présente la distillation des liquides combinés chimiquement entr’eux ou dissous les uns dans les autres, comme par exemple celle de l’eau et de l’alcool, celle de l’acide sulfurique et de l’eau et celle d’autres liquides analogues. Les phénomènes se modifient en raison des substances que l’on traite j j’y reviendrai en m’occupant de chaque substance en particulier.
De même que la vapeur d'huile de térébenthine passe avec la vapeur d’eau, de même lorsqu’on distille de l’eau dans une cornue contenant un peu de mercure il se dégage des vapeurs de mercure avec celles de l’eau; le mercure peut donc déjà se volatiliser à ioo°, par conséquent à 260° au-dessous de son point d’ébullition, et par suite exercer encore une pression déterminée ; la même chose a encore lieu à la température ordinaire de l’air ainsi que je le ferai voir à propos du mercure. Des substances fixes au feu et plusieurs corps qui ne s’évaporent qu’à une température rouge très intense paraissent se distiller avec les vapeurs d’eau ou avec d’autres gaz qui se développent. Dans ce phénomène les substances ne s’élèvent cependant pas à l’état gazeux, elles ne sont entraînées que mécaniquement; c’est surtout ce qui a lieu lorsqu’elles sont dissoutes dans les liquides qui se réduisent en vapeur. En effet l'eau en ébullition lance des vésicules qui éclatent, et le liquide dont elles sont formées se convertit en vapeur avant de retomber dans le reste du bain, la petite portion de matière solide qu’elle tient en dissolution nage dès lors dans la vapeur d’eau qui se forme incessamment, et suit le courant de la même manière que des' atomes, de la poussière fine ou d’autres corps légers en
general voltigent clans l’air. C’est ainsi que dans le voisinage de la mer, où la falaise projette de l’eau en i écume, c’est-à-dire dans un état de division extrême, qui en s évaporant met à nu de petites parcelles de sel marin , qu’elle tenait en dissolution ; c’est ainsi, dis-je, que ce sel peut être emporté mécaniquement par l’air agité. En distillant du soufre on remarque qu’au commencement de l’opération l’air chassé de la cornue dans le récipient charrie de la fleur de soufre. Lorsqu’on extrait promptement le gaz oxigène du chlorate de potasse, la température qui règne dans le réforte est telle que des vapeurs de chlorure de potassium peuvent se mêler au gaz oxigène. Mais à peine arrivé dans le col de la cornue, où la température est plus basse, le chlorure de potassium se sépare sous forme solide, et ce, comme il est mêlé de toute part avec beaucoup de gaz oxigène, dans un très grand état de ténuité; le gaz oxigène, qui ne discontinue pas de se développer, l’entraîne ensuite, et même en recueillant le gaz dans des cloches sur l’eau on peut y observer pendant quelque temps le brouillard i)lanc dû au corps solide dont il s’agit. Un phénomène semblable a lieu quand l’oxidule d’azote se développe rapidement du nitrate d’ammoniaque.