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DIVISIBILITÉ DE LA MATIERE

On peut se figurer un pouce cube de matière divisé en looo, en loooooo parties et ainsi de suite; la divisibilité imaginable de la matière n’a donc pas de limite. Or la question de savoir si les phénomènes soit physiques soit chimiques que présente la matière doivent être attribués à l’action réciproque de particules divisées

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i ainsi à l’infini, ou bien, si ces phénomènes peuvent ! s’expliquer en admettant des molécules déterminées de forme, de grandeur et de propriétés; cette question,

I dis-je, est d’une grande importance en ce qu’elle sert à nous donner une idée nette de la manière dont ces phénomènes ont lieu. En partant en effet d’une idée pareille on peut être conduit par les phénomènes à des lois générales, et par celles-ci de nouveau à l’explication et à la production d’autres phénomènes; c’est là la marche I qu’il faut suivre pour faire des découvertes à l’aide de 'Considérations spéculatives. Si dans l’un et l’autre de* I ces deux modes d’envisager la matière , le physicien • et le chimiste ne veulent pas se perdre dans le dédale I de la métaphysique, il faut qu’ils considèrent les phéno- I mènes de la matière, qu’ils connaissent, comme l’astronome se rend compte des changemens que présente cette matière répandue dans l’univers ; alors ils doivent se figurer les corps solides, liquides et gazeux . comme formés de molécules infiniment grandes par l'apport à l’infiniment petit. Aucun fait basé sur l’observation ne milite en faveur de l'hypothèse en vertu de laquelle les phénomènes physiques et chimiques seraient le résultat de l’action réciproque de particules infiniment petites; cette hypothèse n’est en outre d’aucun prix pour le scrutateur en ce qu’elle part d’un postulatum aussi peu intelligible pour l’esprit humain que l’infinité du temps ou de 1 espace. Au contraire beaucoup de faits appuyés sur des expériences exactes, et que j’indiquerai à une autre occasion, corroborent l’autre hypothèse. Dans 1 espace qui appartient à notre système planétaire la matière s’est agglomérée en pelotons isolés, qui sont le soleil, les planètes et leurs satellites. Nous pouvons com-

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parer avec ce système un petit morceau de spath calcaire tellement divisé qu’il ne soit plus possible d’en enlever rien sans désunir 1 acide carbonique et la chaux ou sans séparer l’oxigène du charbon et du calcium. Les molécules de l’oxigène, du charbon et du calcium représentent alors les globes respectifs de notre système solaire, et celles du carbonate calcaire, dont l’ensemble constitue un grand cristal , peuvent être comparées avec les groupes de diffèrens systèmes solaires. Quoique les mêmes forces qui régissent les corps célestes, s’exercent également dans les phénomènes que présente la matière sur notre planète , nous remarquons cependant en outre un grand nombre de phénomènes dûs à des forces particulières dont la mise enjeu, ainsi que je le ferai voir tantôt par des expériences, exige un très grand rapprochement des molécules matérielles les unes des autres; de ce nombre sont l’affinité chimique et les attractions à de petites distances, d’où résulte la liquidité ou la solidité des corps. Nos instrumens ne nous permettant pas d’apercevoir les parties qui composent les corps tels que nous les supposons formés, il nous est impossible de faire aucune observation d’une manière dilecte sur la dimension, le poids, la forme et les rapports mutuels de ses parties; nous ne le pouvons qu’indirectement. La grande divisibilité de la matière se démontre de bien des manières. Des matières colorantes, par exemple, une dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique, étant ajoutées en petite quantité à beaucoup d’eau, chaque goutte de celle-ci paraîtra colorée. Dans chaque goutte d’une dissolution très étendue de baryte ou de ses composés l’acide sulfurique démontre la présence de ce corps avec lequel il forme une combinaison inso-

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I lubie ; la même chose s’observe encore sur une plus ‘grande échelle en versant de l’acide hydrochlorique (dans une dissolution d’argent. Le musc ou d’autres subsstances odoriférantes remplissent chaque partie d’un iappartement de l’odeur qui leur est particulière, sans (qu’il en résulte pour ses corps une perte appréciable. IL’or battu n’a qu’une épaisseur de — ' — -pouce. Lors-

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(qu’après avoir trempé un bout de tuyau de pipe dans (de l'eau de savon, on forme une boule mince par une I insufflation ménagée, l’on y voit jouer de belles cou- 1 leurs, qui permettent de trouver que la distance de la j paroi extérieure à la paroi intérieure de la boule, là où (elle a le moins d’épaisseur, est environ de ■ — - — pouce,

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lie diamètre d’une molécule d’eau qui, divisée ultérieureiment, se résoudrait en oxigène et hydrogène doit donc (être moindre que — - — ■ pouce. A l’aide de nos meilleurs I microscopes nous pouvons apercevoir tout au plus (des corps de — ^ pouce de diamètre. On a nommé im- ) proprement atomes ces dernières particules matérielles, i auxquelles l’observation des phénomènes a conduit les ] physiciens et les chimistes; mais cette expression étant I usitée par toute l’Europe, la changer serait encore plus imal à propos. Seulement il ne faut pas perdre de vue ce ique l’on y sous-entend; on parle de cette manière d’atomes simples et d’atomes composés, je ne développerai I ici cette hypothèse que pour autant qu’elle peut nous donner une idée claire de la manière dont nous devons nous représenter la matière à l’état solide et à l’état liquide; et, à l’exception de cette fois-ci, je ne reviendrai plus sur ce sujet avant d’avoir exposé dans une division à part la philosophie de la physique et de la chimie.

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PROPRIÉTÉS DES CORPS A EETAT LIQUIDE ET A l’ÉTAT

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