‹ Élemens de chimie [electronic resource]Chapitre 74 sur 83 · K ATT · texte numérisé non relu

K ATT

effet une vessie d’alcool étendu , qu’on la suspende à l’air libre après l’avoir close avec une ficelle, l’eau s’évaporera à travers les parois de la vessie, et l’alcool se concentrera; les parois de la vessie sont donc plus perméables à l’eau qu’à l’alcool. Cela posé, qu’on ficelle une vessie autour de l’un des bouts d’un tube de verre ouvert e {Jig^ 186), de manière à le fermer exactement; et après y avoir versé de l’alcool anhydre ( absolu), qu’on l’enfonce assez profondément dans un bocal contenant de l’eau, pour que le niveau des deux liquides soit le même dans le bocal et dans le tube ; au bout de quelques jours le liquide c sera plus élevé dans le tube qu’à l’extérieur, de sorte que par sa tendance à se mêler avec l’eau, l’alcool fait monter ce liquide à travers la vessie avec une force capable de balancer la pression d’une colonne déterminée de liquide. Si l’on verse de l’eau dans le tube de verre et de f alcool dans le bocal, après un certain laps de temps le niveau du liquide c {Jig. 187), sera plus bas dans le tube de verre que dans le bocal. Les dissolutions des corps solides dans l’eau présentent les mêmes phénomènes; si l’on verse, par exemple, dans le tube de verre a une dissolution concentrée de sulfate de cuivre, après quelque temps, le liquide du tube de verre sera élevé au-dessus de celui du bocal.

Plusieurs dissolutions concentrées présentent la propriété remarquable qu’étant mêlées ( considérons pour fixer les idées deux dissolutions aqueuses ) , l’attraction mutuelle de l’une et de l’eau qui contient l’autre substance, est tellement prépondérante que celleci se sépare. Lorsqu’on ajoute de f acide nitrique à une dissolution de nitrate de baryte, le corps dissous se précipite; la même chose arrive quand on traite par l’acide

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hyclrochlorlque une dissolution de chlorure de barium. Voilà pourquoi les dissolutions de beaucoup de sels dans l’eau sont pre'cipitées par l’alcool , et que celles des résinés, de l’iodure de carbone et d’autres substances dans l’alcool le sont par l’eau. Lorsque la solubilité dans l’eau diffère avec la température, les phénomènes varient en conséquence. Le sel de cuisine est plus soluble à chaud qu’à froid dans une dissolution d’hydrochlorate de chaux, parce que fhydrochlorate de chaux ayant besoin d’une plus grande quantité d’eau pour se dissoudre , lorsque la température est plus basse que lorsqu’elle est élevée, enlève au sel de cuisine l’eau dans laquelle il était dissous. Souvent une dissolution saturée peut encore dissoudre d’autres sels. Une dissolution saturée de salpêtre dissout encore du sulfate de soude, et une dissolution pareille encore un troisième et un quatrième sel; cela provient cependant quelquefois d’une décomposition. Des phénomènes aussi comphqués, quelque nombreuses que soient les modifications dont ils sont susceptibles, n’offrent aucun intérêt général; en conséquence, je ne les exposerai qu’en traitant de chaque substance.

Une température élevée, lorsque la substance solide y est plus soluble, favorise la dissolution; etil en est de même quant à l’agitation et à l’ébullition du liquide, ces opérations ayant pour effet d’amener constamment une autre partie du menstrue en contact avec la substance solide, et enfin quant à la pulvérisation de la matièi'e solide, d’où résulte un contact plus multiplié avec le liquide. C’est ce qu’on peut montrer le plus facilement avec le sulfate de cuivre qui jouit de l’avantage de donner une dissolution colorée.

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Pour extraire de nouveau le corps solide de sa dissolution, dans l’eau par exemple, on doit évaporer le liquide ; s’il est également soluble dans l’eau froide et dans l’eau chaude, il se sépare durant l’évaporation; s’il est plus soluble dans l’eau chaude, on continue l’évaporation, jusqu’à ce qu’il commence à se former des cristaux , qui apparaissent ordinairement sous forme de pellicule à la surface, et on laisse refroidir la dissolution ce qui n’est plus soluble à cette basse température se cristallise alors. Une dissolution saturée de sulfate de magnésie commençant à donner des cristaux à iio“, température à laquelle loo parties d’eau dissolvent 78 parties de sulfate de magnésie, une telle dissolution, dis-je, étant abandonnée au refroidissement jusqu’à ce que sa température ne soit plus que de 10°, alors loo parties d’eau ne dissolvent que 3i parties de sulfate de magnésie, 47 parties se prennent en cristaux. On nomme eau-mère le liquide qui reste. On l’évapore à plusieurs reprises en la laissant cristalliser chaque fois ; elle con tient ordinairement des substances étrangères en dissolution, lorsqu’on se propose de séparer par voie de ci'istallisation plusieurs substances les unes des autres. En laissant refroidir lentement une dissolution, on obtient de grands cristaux qui résultent de la juxta-position de plusieurs groupes renfermant ordinairement des cavités où se loge un peu d’eau-mère , de sorte que si l’on veut obtenir à l’état de pureté parfaite un corps qui cristallise, il faut prévenir la formation de grands cristaux, en brassant le liquide Jurant la cristallisation. On emploie ce moyen pour le sucre, le salpêtre et plusieurs autres substances.

La solubilité d’un corps solide dans un menstrue ,

étant fondée sur l’attraction réciproque des molécules du corps solide et de celles du menstrue, il s’en suit que, 5.i l’on met en contact avec la dissolution un corps solide, exerçant également une attraction sur le corps dissous, une partie de ce corps dissous se portera sur le premier, même avant que rien ne puisse se séparer spontanément de la dissolution. Un morceau ou un cristal du corps dissous, par exemple, un cristal de salpêtre qu’on trempe dans une dissolution de ce sel , peut exercer une attraction pareille, car la cohésion et la formation du cristal de salpêtre résultent d’une attraction qui a lieu entre les molécules du salpêtre. Un cristal étant plongé dans une dissolution saturée, qu’on laisse évapoter lentement , tout ce qui se sépare insensiblement se porte sur le cristal , pour en'augmenter les dimensions. Lorsqu’après avoir partagé en deux également une dissolution de 4 pj^rties de sulfate de soude cristallisé et 3 parties de salpêtre dans i5 parties d’eau chaude, on plonge dans une moitié des cristaux de salpêtre^ et dans l’autre des cristaux de sulfate de soude, les bocaux étant couverts pour empêcher l’évaporation de l’eau, il ne se cristallisera de l’une des moitiés que du salpêtre, et de l’autre, que du sel de Glauber, pour grossir les cristaux qu’elles contiennent. Des corps rudes introduits dans les liquides produisent un effet semblable. Les cristaux de sucre incrustent les fils qu’on plonge dans une dissolution de ce corps; le sulfate de fer ou de cuivre se cristallise sur des bâtons qu’on place dans les dissolutions de ces sels; de la même manière les cristaux se déposent particulièrement sur les parties rudes des vaisseaux. Une des maladies les plus douloureuses, la pierre, est engendrée ainsi, car elle consiste

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I en un calcul plus ou moins gros, forme de couches souvent très différentes les unes des autres, et résultant du dépôt des matières peu solubles, contenues dans 1 urine autour d’un noyau central sécrété préalablement.

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