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LA PRÉCIPITATION , LA FILTRATION ET L EXTRACTION

En outre de la cristallisation, on peut séparer partiellement ou intégralement les substances dissoutes de leur menstrue, par diverses autres opérations dans lesquelles il y a tantôt formation de nouveaux composés, tantôt décomposition de la matière dissoute. Les substances ainsi séparées par suite de leur insolubilité, se rassemblent au fond du bocal en raison de leur pesanteur spéciBque plus grande que celle du liquide et revê tent la forme pulvérulente, floconneuse ou spongieuse. A l’état de poudre, elles consistent en cristaux tellement petits , que pour l’ordinaire ils ne sont pas reconnaissables j mais ils deviennent d’autant plus distincts que la poudre est moins soluble dans le liquide. Toutes ces poudres, à quelques rares exceptions près, sont cependant formées de parties assez grandes pour ne pas traverser du papier très fin, qui Imbibe l’eau dans .ses interstices, tandis qu’on peut au contraire, par le frottement, réduire le même corps, le sulfate de baryte par exemple, en poudre tellement ténue qu’elle passe à travers un papier imperméable au sulfate de baryte obtenu par voie de précipitation. Une telle poudre étant précipitée à une haute température, à laquelle sa solubilité peut être censée plus grande , offre un grain plus grossier et filtre alors avec d’autant plus de difficulté à travers le papier. La filtration sert à isoler le précipité du

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liquide. On emploie, à cet effet, différentes substances : du linge, de la toile de laine, du papier grossier pour de grandes opérations, du papier brouillard fin pour des expériences minutieuses. On découpe le papier suivant un disque de fer-blanc d’un diamètre plus ou moins grand en l’aison des dimensions qu’on veut donner au filtre. Comme on peut ordinairement, sans le décomposer, faire rougir le précipité dont on veut déterminer le poids et brûler le filtre, on n’a qu’à peser pour chaque disque en fer-blanc un filtre découpé sur ce disque , et calculer, d’après le poids trouvé, la quantité de cendre que laisse ce filtre, ayant déterminé d’ailleurs par une expérience préalable combien pour cent le papier donne de cendre. Le papier à filtrer de Suède, étant fabriqué avec de l’eau presque entièrement pure, ne donne que »/a pour cent de cendre, et doit être préféré pour ce seul motif. Le disque de papier ainsi découpé et deux fois plissé, s’applique exactement contre les parois d’un entonnoir lorsqu’elles concourent sous un angle de 6o°

On ajuste le papier dans l’entonnoir et on l’humecte d’eau ; si l’on y verse alors peu à peu le liquide avec le précipité, la partie supérieure du liquide poussera celui qui se trouve au-dessous d’elle à travers les pores du filtre; mais cette pression venant à diminuer, un peu de

* Lorsqil’après avoir plié deux fois un disque de papier, d’abord de manière que d tombe en d’ ensuite que e’ coïncide avec e ( fg. 188, 189 et 190), on l’ouvre, il forme , si cd, de’ elc’d’ restent assemblés, un entonnoir, dont le bord est moitié moindre que celui du disque, la moitié de’ d’ étant rendoubléc. Le diamètre ce {fig. 191) du bord de l’entonnoir, égale donc le rayon cb du disque, d’où il suit que c£c est un triangle équilatéral dans lequel chaque angle équivaut à 60°.

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I liquide restei'a dans le fdtre et dans le précipité; pour laver ce dernier on y verse ou l’on y seringue à plusieurs 1 reprises de l’eau pure. Le filtre ne doit pas dépasser les I bords de l’entonnoir, afin d’éviter que la liqueur ne s’élève jusque là et ne s y évapore pour ne plus être emportée que difficilement par les lavages. Le filtre doit ; s’appliquer exactement sur les parois de l’entonnoir et ne pas présenter de plis , afin que l’eau qu’on y verse I passe par le pi'écipité et non pas entre les parois de l’entonnoir et du filtre. Pour pouvoir laver commodément les bords et en général une partie quelconque du filtre, on se sert d’un flacon de verre, rempli à moitié d’eau et fermé hermétiquement par un bouchon de liège que traverse un tube de verre effilé en pointe {fig- 192 ). Le flacon étant renversé, la capillarité du tube empêchera l’entrée de l’air atmosphérique et il sortiraseulement une quantité d’eau suffisante pour que la pression de l’air extérieur et la capillarité du tube fassent équilibre à la colonne d’eau contenue dans le flacon. Lorsqu’en tenant le flacon renversé on y souffle de l’air à travers le tube, il s’élancera par celui-ci, aussitôt qu’on l’enlèvera de la bouche, un jet d’eau qu’on pourra diriger à volonté sur un endroit quelconque à soumettre au lavage; on rincera ainsi les bords du filtre, on rassemblera au milieu le précipité qu’on pourra remuer de fond en comble, si l’insufflation a été forte.

Par ces lavages réitérés, on ne fait au fond qu’étendre plus ou moins la liqueur qui abreuve le précipité et le filtre ; si 1 on verse pour la première fois sur le filtre trois fois autant d’eau pure que n’en contient le reste de la dissolution, la liqueur, qui imprégnera à son tour le filtre et le précipité, contiendra encore ’A des principes

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constituans de ce reste; si l’on y verse ensuite de nouveau la même quantité d’eau pure, il ne demeurera plus après l’écoulement que Vi6 de ces principes constituans. il suit de là, que le lavage d’un précipité est une opélation de longue main ; pour la faire facilement on emploie une disposition moyennant laquelle une colonne d eau pure déplace insensiblement la dissolution sur le filtre et dans le précipité. Le principal avantage de cette disposition, avantage précieux pour le chimiste qui doit filtrer souvent, consiste en ce que le niveau de l’eau reste constamment le même dans l’entonnoir, l’eau ne pouvant affluer d’un flacon dont on se sert pour cet usage, que lorsque ce niveau s’abaisse; et ensuite en ce que, au fur et à mesure de son écoulement par en bas, l'eau est remplacée lentement et sans que ni le liquide ni le précipité soient ébranlés dans l’entonnoir. A cet effet , on adapte hermétiquement avec un bouchon de liège, un tube de verre c {Jig^ 19^) à un flacon qu’on peut remplir entièrement d’eau. Le tube doit avoir exactement les proportions et à peu près la grandeur indiquées sur la planche. Le flacon étant renversé, il n’en sortira, à l’instar de ce que présente le flacon décrit ci-dessus [Yoj.Jig. 192), que la quantité d’eau justement nécessaire pour y raréfier à 'un certain point l’air, et pour donner à la capillarité du tube a la force de mettre obstacle à l'écoulement de l’eau. La pointe a étant plongée dans l’eau, la capillarité de a cessera d’agir , et l’eau sécoulera du flacon jusqu’à ce que l’air s’y soit insensiblement raréfié au point que la pression de l'air atmosphérique puisse déprimer jusqu’en l’eau du tube d'^ dès lors une nouvelle quantité d’eau venant à sortir, l’air entrera en h et une bulle s’élèvera dans le flacon pour

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