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VI. NAPHTALINE, PARANAPHTALINE ET SUIF DE MONTAGNE

Naphtaline. On a trouvé jusqu'ici, qu'on peut extraire la naphtaline de toutes les substances composées de carbone et d'hydrogène, moyennant une chaleur blanche ; on l'obtient , par conséquent, de toutes les substances végétales et animales. Lorsqu'on fait distiller celles-ci à la manière accoutumée et à une chaleur graduelle, on obtient du charbon, un liquide aqueux et oléagineux se condense dans le récipient, plusieurs gaz se dégagent; mais il ne se forme pas de naphtaline. Mais, lorsqu'on fait passer le liquide oléagineux par un tube de fer très incandescent (on peut se servir d’un canon de fusil), et puis, par un tube froid les combinaisons formées à cette haute temperature; ce dernier tube se tapissera de beaux cristaux. Ainsi, le goudron de bois, le goudron de houille et le goudron animal ne contiennent ordinairement pas de naphtaline; cependant on peut conduire la distillation par laquelle on l'obtient de manière à leur en fournir ; en effet, enfoncez la cornue assez profondément dans le feu , pour faire blanchir une partie du col par la chaleur ; les combinaisons, qui se dégagent des substances contenues dans la cornue, en passant par le col, seront décomposées de la même manière que dans un tube fortement échauffé. Le goudron de houille, que fournit la préparation du gaz, contient de la naphtaline, parce que les combinaisons, qui se dégagent de la houille par la distillation, communiquent quelquefois avec l'appareil distillatoire, et acquièrent la température nécessaire à la formation de la naphtaline. C’est pour cette raison qu'il se forme de la

naphtaline dans la préparation du noir de fumée; enfin, il peut même s'en former dans toute combustion incomplète. On peut séparer la naphtaline, conteriue dans le noir de fumée, en chauffant celui-ci dans une cornue. On l’obtient le plus facilement en faisant subir une distillation lente au goudron de houille; vers la fin de l'operation la naphtaline se sublime sous forme d'une masse cristalline. On l’obtient en plus grande quantité, en soumettant à la distillation 6 parties de goudron de houille, arrêtant l'opération dès que 3 parties auront passé, conduisant pendant quelque temps du chlore à travers le goudron distille, et distillant de nouveau le liquide après l'avoir lavé à l'eau ; le produit étant refroidi jusqu’ä— 10°, la naphtaline s'en sépare en grande quantité.

La naphtaline se fond à 78°, elle entre en ébullition à 210°, et se distingue par une odeur particulière, qui ressemble le plus à celle du sureau.

Traitee par l'acide nitrique, elle produit une substance cristalline , qui n’a aucune analogie avec cet acide. Le chlore et le brôme la décomposent, il se forme de l'acide hydrochlorique ou de l'acide hydrobrômique, et un nouveau composé. On peut fondre le potassium avec la naphtaline sans qu'elle s’altere. Voici sa composition : 1 mes, de naphtaline (=4,490) = { A = si ie ERS Fi |

Paranaphtaline. Lorsqu’en distillant le goudron de houille, on change quatre fois de récipient, on trouve que les deux premiers résultats contiennent un liquide oléagineux, et les deux derniers un liquide mucilagineux. Le liquide du premier récipient ne contient que de la naphtaline, et ceux des trois autres de la paranaphtaline. La paranaphtaline du second récipient cristallise

par un refroidissement à —10°; il est nécessaire de l’extraire des 3° et 4° recipiens, à l’aide de quelque peu d'huile de terebenthine dans laquelle elle se dissout facilement, et de refroidir la dissolution jusqu'à —10°, pour en obtenir également des cristaux; on presse ceuxci dans du linge, on les lave avec de l'alcool et on les

distille.

Ainsi purifiée, elle fond à 180°, et entre en ébullition à une température supérieure à 300°. Échauffée avec précaution elle se sublime sans se décomposer. Insoluble dans l’eau elle n’est que peu soluble dans l'alcool et l’éther. Sa composition est :

ı mes. dev. de paranapht. 7 1/2 m. de vap. de carb. —7 1/2 X 0,8438—6,3 28

(6,741 ee { 6 « de gaz. hydrog. —6 X0,0688—0,413

Il s'ensuit que le carbone et l'hydrogène sont combinés dans les mêmes proportions dans la naphtaline et dans la paranaphtaline; cette dernière ne diffère de la première qu'en ce que sa vapeur est condensée de moitié.

Le suif de montagne. On le rencontre dans les mines de mercure à Idria ; on peut l’extraire par l'huile de térébenthine; il se cristallise facilement dans la dissolution chaude. Il se décompose en partie lorsqu'on le distille, et il lui faut une température tellément élevée pour se fondre, qu'il commence déjà à se décomposer à cette temperature. Il est composé probablement de 1 1/2 volume de carbone et de ı vol. d'hydrogène. La schérérite et la hatchettine, qu'on trouve également dans la nature, sont identiques ou au moins très analogues au suif de montagne.

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