‹ Élémens de chimieChapitre 31 sur 77 · CHLORE}, BRÔME ET ALCOOL · texte numérisé non relu

CHLORE}, BRÔME ET ALCOOL

Chloral (chlorure d’alcool).” On l’obtient en faisant traverser l'alcool par un courant de chlore. On se sert à cet effet d'un tube assez long a (fig. 59), à une extrémité duquel se trouve soudé un tube plus etroit à pour amener le chlore tandis qu’à l'autre bout s'adapte, à l’aide d’un bouchon de liege, un tube c servant à recueillir les gaz qui se dégagent. On assujettit le tube de manière. à pouvoir le secouer, et l’on chauffe le liquide qu'il contient au moyen de quelques. charbons placés au-dessous, ou d’une lampe à esprit-de-vin. On continue le contact du chlore avec l'alcool pendant plusieurs jours, et l'on n’echauffe qu’à la fin le tube maintenu froid d’abord. Il ne se dégage que de l’ether hydrochlorique, et de l’acide hydrochlorique, mais aucune trace d'acide acétique, d’ether acétique ou d'acide carbonique. Ce n'est qu’à la fin de l'opération qu’on obtient un liquide d’une consistance sirupeuse, qui, après quelque temps absorbe de l'eau, et se transforme en une masse blanche et cristalline, mêlée avec un peu d’alcool tenant en dissolution de l'acide hydrochlorique; on la fait fondre avec 5 fois son poids d'acide sulfurique, on enlève le chloral avec une pipette, et l'on répète cette opération plusieurs fois. A la fin on distille sur la chaux le chloral obtenu.

Le chloral est un liquide clair et incolore, d'une densite de 1,502, entrant en ébullition à 94° et se distillant

sans altération; il a une odeur particulière, qui excite les larmes, il est presqu’insipide et se dissout abondamment dans l’eau sans se décomposer. Il est composé de :

carbone — 18,37 — 9 mesures.

chlore = 70,09 = 13 ı»:

oxigène = 11,94 == 4 »

Les dissolutions alcalines et terreuses le transforment, en même temps que l'eau se décompose, en chlorure de carbone liquide au maximum de chlore, en acide hydrochlorique, qui forme avec l’oxide un chlorure métallique et de l’eau, et en un formiate qu’on reconnaîtra facilement en employant la baryte pour la décomposition; le chlore du chloral sera alors au chlore du chlorure de barium comme 1 :6, et le barium du chlorure de barium au barium du formiate de barite (dans lequel l’oxigène de la base est à l’oxigène de l'acide comme 1: 3), comme 1: 2 1/2.

Chlorure dé carbone — 10 chlore 4 4 carbone

Acide formique ag 5,» +5 hydrog. + 7 1/2 oxig. Acidehydrochlorique— 2 chlore 2+ »

— 12 chlore + 9 carbone + 7 hydrog, + ; 1fa oxig. Chloral SAD 9 :» 4 » Eau a 7 hydrog. + 3 1/2 oxig.

En contact pendant quelques jours avec l'eau, le chloral se concrète en une masse solide et blanche, insoluble dans l’alcool et l'éther bouillans et susceptible de se transformer par la distillation avec l'acide sulfurique en éthal liquide, qui se solidifie de rechef après quelque temps par le contact de l'eau. Avec la potasse, elle se transforme en chlorure de carbone, en acide formique et en chlorure de potassium; elle est composée de:

12 chlore , 9 carbone, 6 oxigene et 4 hydrogène.

Le chlore s'est donc combiné encore avec 3 mesures d'hydrogène et il est probable que cette combinaison ne contient pas d'eau, mais l'oxigène et l'hydrogène dans les proportions nécessaires pour former l’eau. C'est la substance solide, qu’on obtient quand on prépare le chloral.

Ether chlore pesant. On l'obtient dissous dans l'alcool, en distillant ensemble l’acide sulfurique, le peroxide de manganèse , le chlorure de sodium et l'alcool; on le sépare de l'alcool au moyen de l’eau. On l’obtient à un plus grand degré de pureté, en saturant l'alcool de chlore à froid, ajoutant un volume d’eau égal au sien et distillant le liquide sur le peroxide de manganèse. Il se forme d’abord de l’ether acétique, puis l’éther chlore pesant, et à la fin du chlorure de carbone se sublime dans la cornue. Mêlé avec une dissolution de potasse dans l’alcool, il fournit le chlorure de carbone liquide, et lorsqu'on le verse sur del'hydrate depotasse on obtient un corps oléagineux, qui entre en ébullition à r04° et dont la densitéest 1,174.

L’ether chloré pesant entre en ébullition à 112°, et sa pesanteur spécifique est 1,227.

Brömal. Si l'on mêle peu à peu 2 1/2 à 2 2/3 parties de brôme avec une partie d'alcool dans un matras susceptible d'être chauffé et muni d'un tube de décharge et d'un entonnoir, et qu'après avoir fait communiquer ce matras avec un flacon vide, à l'instar de la communication établie entre le flacon a et le matras de la fig. 25 , le flacon vide avec un autre flacon plein d’eau, et ce dernier avec un flacon rempli d’une dissolution de potasse , on chauffe le liquide jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que 1/6 dans le matras, on obtiendra de l'acide hydrobrömique, de l'éther hydrobrômique , de l'éther

brômé pesant, du brömal et de l’eau; l'acide hydrobrômique se trouvera dans le 2° et le 3° flacon, l’ether hydrobrômique et du brômal dans le premier, du brômal et de l’ether bröme resteront dans le matras. Le premier flacon contient deux liquides ; en soumettant le plus pesant à la distillation, à une température peu élevée, l'éther hydrobrômique se degagera ; l'éther agité avec la couche, qui occupe la surface et qui est une dissolution de brômal dans l’eau, enlèvera à l’eau la majeure partie du brömal, et lorsqu'on fait évaporer l’éther, il restera une masse blanche et cristalline, dont on obtient le brômal à l’aide de l'acide sulfurique. La quantité du brômal distillé est insignifiante en comparaison de celle qui reste dans le matras. On expose à l'air libre dans un lieu humide le liquide de l’alambic; l’éther bröme pesant se volatilise et il reste une masse cristalline. On n’a pas encore étudié ni les propriétés, ni la composition de l’ether bröme pesant.

Cette masse cristalline consiste en brömal uni avec de l'hydrogène et de l’oxigène dans les proportions qui forment l’eau; à l’aide de l'acide sulfurique on en retire le brömal comme nous avons obtenu le chloral. Le brömal est un liquide incolore, d'une densité de 3,34; il entre en ébullition à 100° et il est soluble dans l’eau, l'alcool et l’éther ; l'acide sulfurique ne l'altère point. Les oxides métallignes contenant de l'eau le decomposent comme le chloral; il se forme un brömure métallique, de l'acide formique et du brômure de carbone. Le brömal est composé, quant aux proportions, exactement de la même manière que le chloral. Une petite quantité d’eau s'y mêle uniformément, et le mélange donne après huit Jours de repos de grands cristaux, composés de brômal,

CARBONE. 155 d'hydrogène et d’oxigene, dans les mêmes proportions que dans la combinaison semblable du chloral avec ces substances.

CHLORE, BRÖME, ETHER ET ESPRIT ACETIQUE,

Lorsqu'on fait passer du chlore a travers l’ether, (qu'on doit refroidir au commencement de l'opération jusqu’à — 10° pour tempérer la violence de l’action du chlore), il se formera d'abord de l'acide hydrochlorique et puis un corps oléagineux, d’une densité de 1,611 et qui entre en ébullition à 139°. Il ne s’altère pas quand on le lave avec de l’eau ou avec une dissolution de potasse , et l'acide sulfurique ne le décompose qu’en partie. Traité avec une dissolution de potasse dans l’alcool , il produit du chlorure de potassium et l'addition de l'eau en excès sépare de la dissolution un corps oléagineux.

Lorsqu'on fait traverser l'esprit acétique par un courant de chlore jusqu’à ce qu'il ne se développe plus d'acide hydrochlorique, on obtient un liquide oléagineux, d'une densité de 1,331, insoluble dans l’eau,et affectant fortement les organes de l'odorat. Il est composé de carbone, d’hydrogene, d’oxigene et de chlore; ce dernier y entre pour plus de la moitié. La potasse et l'acide sulfurique ne lattaquent pas à la température ordinaire; il y a décomposition à une température plus élevée et de nouvelles combinaisons en résultent.

Nous avons déjà parlé de l’action du brôme sur l’éther ; ce sujet mérite d’être mieux étudié.

Nous avons cru convenable de traiter ici d’un grand nombre de combinaisons, de manière à exciter l'intérêt

du lecteur, qui, par une étude plusapprofondie de ces substances, en reconnaitra l'importance et on y trouvera la clef de la découverte de beaucoup de faits nouveaux.

Page 1