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CARBONE ET SOUFRE

Le soufre et le carbone ne se combinent qu'en une seule proportion. Lorsqu'on chauffe le carbone avec le soufre, la combinaison n'a pas lieu, le soufre se volatilise et le charbon reste. La température à laquelle le soufre entre en ébullition ne suflit pas pour combiner ces deux subtances ; mais si l'on met des charbons incandescens en contact avec les vapeurs du soufre, la combinaison aura lieu à l'instant. On se sert à cet effet d'un tube de porcelaine, ou ce qui vaut mieux encore, d'un tude de fer de fonte grise, qu'on tapisse interieurement d'une croûte d'argile, en y faisant couler à plusieurs reprises une bouillie d'argile (de la pâte d'argile gächee avec de l’eau) et chauffant chaque fois le tube. De cette manière la croûte d'argile sèche deviendra assez forte pour empècher le soufre d'attaquer le fer. Le tube de fer de fonte qu'on emploie pourra avoir une longueur d'un mètre et un diamètre d'environ ro millimètres. On le remplit de charbons fortement calcinés, en l’échauffant jusqu'au rouge dans un fourneau oblong (fig. 60). L'extrémité 5 du tube sera fermée par un bouchon de liege; on perce un petit trou dans la partie superieure du tube pour y introduire le soufre et on le ferme par un petit bouchon a. L’autre extremite e sera fermee egalement avec un grand bouchon de liege traverse par un tube de verre o. Pour faire fermer hermetiquement les grands bouchons, on les euit avec de

la colle. Le long tube de verre s'engage dans un grand flacon percé d’un trou, dans lequel il s’adapte hermétiquement au moyen d’un bouchon de liege ; l'ouverture ordinaire du flacon est fermée par un bouchon de liége, dans lequel s'adapte hermétiquement un tube z, qui passe par la fenêtre. Au fond du flacon se trouve un peu d'eau. Le tube très long o adapté à l'extrémité c peut être maintenu froid, ou par un filet d’eau tombant goutte à goutte, ou, ce qui vaut mieux, par une enveloppe de glace ou de neige sur toute sa longueur; le tube ne s'engageant pas sous l'eau, l'appareil ne se trouve comprimé nulle part. Quand les charbons sont portés au rouge, on introduit de temps en temps de petits fragmens de soufre dans le trou a qu'on ferme chaque fois de suite. Le soufre en fondant coule vers les parties les plus échauffées du tube, qu'on a incliné un peu en le plaçant dans le fourneau; il entre en ébullition et se transforme en vapeur de soufre, qui en passant sur les charbons ardens s'y combine; le sulfure de carbone ou le carbure de soufre formé, se condense dans le long tube de verre o, duquel il s'écoule dans le flacon fau fond de l’eau. Comme les charbons retiennent toujours un peu d'hydrogène, du soufres’unit également avec ce corps pour former un corps gazeux, qui se dégage par le tube #7. On pourrait obtenir le sulfure de carbone en plus grande quantité et avec plus de facilité en remplissant de charbons un cylindre en fer de fonte de 3 décimètres de hauteur, sur lequel s'adapte exactement un couvercle en fer de fonte muni du long tube & et du tube recourbe c (fig. 61). On place le cylindre dans un fourneau de la capacité de celui que j'ai recommandé en traitant du phosphore (p. 54); on fait com-

muniquer, à l’aide d'un bouchondeliege, letuberecourbe avec le tube spacieux e, et avec celui-ci le tube long et étroit f, qui se rend dans le flacon n. Le tube m est destiné à éconduire par la fenêtre les gaz qui ne se condensent pas. Lorsque le cylindre se trouve porte au rouge, on ouvre de temps en temps le tube 5 fermé par un bouchon de liége, pour y introduire du soufre. Pour se mettre à l’abri de la chaleur on peut placer une plaquedetôle sur le tube. La vapeur de soufre, en traversant les charbons ardens, s’y combine et le sulfure de carbone formé se dégage à l’état de gaz par le tube recourbe; le soufre qu'il entraine se condense dans le large tube en même temps qu'une partie du gaz, et le reste est condensé dans le tube étroit f, placé sur une rigole, à l'une des extrémités de laquelle un filet d’eau arrive goutte à goutte d'un grand vase, moyennant le robinet d,et s'écoule dans une tasse x suivant le fil A. Le vase 7 est rempli à moitié de glace pilée. On continue l'opération jusqu'à ce qu'il ne se forme plus que peu de sulfure de carbone, ce qui indique, que les charbons se trouvent consumes. Le sulfure de carbone ainsi obtenu tient encore du soufre en dissolution; pour l’en séparer, on le distille de la même manière que l’ether brut ( p. 102.). Après avoir fait distiller les 9/10 du sulfure de carbone, on peut laisser evaporer peu à peu le résidu dans une capsule couverte, et l’on obtiendra de beaux cristaux de soufre.

Le sulfure de carbone pur est un liquide incolore, d'une odeur désagréable, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l'alcool et l'éther en toute proportion. Sa pesanteur spécifique est de 1,272; il entre en ébullition à 42° et s'évapore par conséquent très rapidement. Il

est inflammable et brûle avec une flamme bleuätre en formant de l'acide carbonique et de l'acide sulfureux. Mis en contact avec des métaux en ignition, le sulfure de carbone se décompose, le charbon se dépose et il se forme un sulfure métallique.

Le soufre et le phosphore sont solubles dans le sulfure de carbone, qui dissout huit fois son volume du dernier de ces corps. Un volume de sulfure de carbone est composé de 1/3 volume de vapeur de soufre (= = 2,218) et de 1,2 vol. de v. de carb. CRE ee 0,4219), la pesanteur spécifique ayant été trouvée de 2,670 par

des expériences.

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