LE NOIR DE FUMÉE
On peut separer de la flamme une plus grande quantite de charbon en conduisant la combustion de maniere qu'il n'arrive à un corps brülant, avec une flamme brillante, que la dose d’oxigène nécessaire pour consumer soit l'hydrogène seul, soit l'hydrogène et une partie seulement du charbon. Cette opération s’exécute en grand; le charbon ainsi obtenu est employé comme matière colorante et porte le nom de noir de fumée. On fait brüler des substances résineuses ; on prend par exemple de la résine ou du goudron, qu'on chauffe dans un pot a (fig. 111) et qu'on enflamme en n'y laissant arriver que peu d'air. Le pot communique par une ouverture avec une chambre ronde, dont les murs sont tapissés de peaux et dont le toit d, fait avec! de la toile grossière , a la forme conique; c'est par cette toile que s'opère le tirage à partir de la chaudière; le charbon qui se sépare est entraîné dans la chambre par le courant d'air et se dépose en partie sur le plancher, en partie sur les peaux rudes, en partie sur la toile; le toit conique pouvant être descendu sert à balayer les murs et à en détacher le noir de fumée. Outre ce moyen de fabriquer le noir de fumée ou le charbon très divisé, il y en a encore beaucoup d'autres qui reposent sur la même théorie. C'est ainsi qu’on peut se procurer du noir de lampe en plaçant une lampe de manière qu’il n’y arrive que peu d'air et que la flamme aboutisse à un couvercle sur lequel le noir se dépose et qu'on racle de temps en temps. Le noir de fumée , comme en général le charbon très divisé, est mêlé avec quelques substances étrangères qui sont le résultat d’une combustion incomplète et dont je parlerai dans une autre occasion,