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DIVISIBILITÉ DE LA MATIÈRE

On peut se figurer un pouce cube de matière divisé en 1000, En 1000000 parties et ainsi de suite; la divisibilité imaginable de la matière n’a donc pas de limite. Or la question de savoir si les phénomènes soit physiques soit chimiques que présente la matière doivent être attribués à l’action réciproque de particules divisées

EAU. 347 ainsi à l'infini, ou bien, si ces phénomènes peuvent s'expliquer en admettant des molécules déterminées de forme, de grandeur et de propriétés; cette question, dis-je, est d'une grande importance en ce qu'elle sert à nous donner une idée nette de la manière dont ces phénomènes ont lieu. En partant en effet d'une idée pareille on peut être conduit par les phénomènes à des lois générales, et par celles-ci de nouveau à l'explication et à la production d’autres phénomènes; c’est là la marche qu’il faut suivre pour faire des découvertes à l'aide de considérations spéculatives. Si dans l'un et l’autre de ces deux modes d'envisager la matière, le physicien et le chimiste ne veulent pas se perdre dans le dédale de la métaphysique, il faut qu'ils considèrent les phénomènes de la matière, qu'ils connaissent, comme l’astronome se rend compte des changemens que présente cette matière répandue dans l'univers ; alors ils doivent se figurer les corps solides, liquides et gazeux comme formés de molécules infiniment grandes par rapport à linfiniment petit. Aucun fait basé sur l'observation ne milite en faveur de l'hypothèse en vertu de laquelle les phénomènes physiques et chimiques seraient le résultat de l’action réciproque de particules infiniment petites; cette hypothèse n’esten outre d'aucun prix pour le scrutateur en ce qu’elle part d’un postulatum aussi peu intelligible pour l'esprit humain que linfinite du temps ou de l'espace. Au contraire beaucoup de faits appuyés sur des expériencesexactes, et que jindiqueraiä une autre occasion, corroborent l’autre hypothèse. Dans l'espace qui appartient à notre système planétaire la matiere s’est agglomeree en pelotons isolés, qui sont le soleil, les planètes et leurs satellites. Nous pouvons com-

parer avec ce systeme un petit morceau de spath calcaire tellement divisé qu'il ne soit plus possible d’en enlever rien sans désunir l'acide carbonique et la chaux ou sans séparer l'oxigène du charbon et du calcium. Les molécules de l'oxigène, du charbon et du calcium représentent alors les globes respectifs de notre système solaire, et celles du carbonate calcaire, dont l'ensemble constitue un grand cristal, peuvent être comparées ayec les groupes de diffèrens systèmes solaires. Quoique les mêmes forces qui régissent les corps célestes, s'exercent également dans les phénomènes que présente la matiere sur notre planète, nous remarquons cependant en outre un grand nombre de phénomènes düs à des forces particulières dont la mise en jeu, ainsi que je le ferai voir tantôt par des expériences, exige un très grand rapprochement des molécules matérielles les unes des autres; de ce nombre sont l'affinité chimique et les attractions à de petites distances, d'où résulte la liquidité ou la solidité des corps. Nos instrumens ne nous permettant pas d’apercevoir les parties qui composent les corps tels que nous les supposons formés, il nous est impossible de faire aucune observation d’une manière directe sur la dimension, le poids, la forme et les rapports mutuels de ses parties; nous ne le pouvons qu'indirectement. La grande divisibilité de la matière se démontre de bien des manières. Des matières colorantes, par exemple, une dissolution d'indigo dans l'acide sulturique, étant ajoutées en petite quantité à beaucoup d'eau, chaque goutte de celle-ci paraîtra colorée. Dans chaque goutte d'une dissolution très étendue de baryte ou de ses composés l'acide sulfurique démontre la présence de ce corps avec lequel il forme une combinaison inso-

luble; la même chose s'observe encore sur une plus grande échelle en versant de l'acide hydrochlorique dans une dissolution d'argent. Le musc ou d'autres substances odoriférantes remplissent chaque partie d’un appartement de l'odeur qui leur ést particulière, sans qu'il en résulte pour ses corps une perte appreciable. pouce. Lors-

L'or battu n’a qu'une épaisseur de PTE TR ” UT na DE" qu'après avoir trempé un bout de tuyau de pipe dans de l’eau de savon, on forme une boule mince par une insufflation menagee, l'on y voit jouer de béllés couleurs, qui permettent de trouver que la distance de la paroi éxtérieure à la paroï intérieure de la boule, là où —— poucé ,

elle a le moins d'épaisseur, est énviron de

2000000 le diamètre d'une molécule d'eau qui, divisee ulterieurement, se resoudrait en oxigèné ét hydrogène doit donc 1 wi: NT à L .

pouce. A aidé de nos meilleurs

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être moindre que 2000000 microscopes nous pouvons apercevoir tout au plus des corps des pouce de diamètre. On a nommé im-

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proprement atomes ces dernieres particulés matérielles, auxquelles l'obsérvation des phénomènes a conduit les physiciens et les chimistes; maïs cette expression’ étant usitée par toute l'Europe, la changer serait encore plus. mal à propos. Seulement il ne faut pas perdre dé vue ce que l’on y sous-entend ; on parle de cette manière d’atomes simples et d’atomes composés, je ne developperai 1C1 cette hypothèse que pour autant qu'elle peut nous donner une idée claire de la manjere dont nous devons

nous représenter la matière à l’état solide et à l'état liquide; et, à l'exception de cette fois-ci, je ne réviendrai plus sur ce sujet avant d'avoir exposé dans une division à part la philosophie de la physique et de la chimie.

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