DU CA3IPHB.E ARTIFICIEL. II
résolutifs, etc. Son emploi extérieur exige beaucoup moins de précautions que son administration intérieure , car l’expérience prouve qu’il agit avec beaucoup moins d’énergie dans le premier cas.
Du Camphre artificiel.
687. Nous avons déjà dit que l’on obtient une substance cristallisée , ayant des rapports avec le camphre , lorsqu’on sature de gaz acide hydro-chlorique l’huile essentielle de térébenthine. Ce camphre artificiel , découvert par Kind , est blanc, brillant, en cristaux grenus, d’une forme indéterminable , sans action sur l’in/ûsnm de; tournesol, et d’une odeur analogue à celle du camphre 5 sa densité est moindre que celle de l’eau.
Chaujfié dans des vaisseaux fermés , il se sublime en partiey mais une portion se décompose et fournit de l’acide hydro - chlorique : il est complètement décomposé si on le fait passer à travers un tube dè porcelaine incandescent. Si, étant exposé à Vair y on le met en contact avec un corps en ignition , il absorbe l’oxigène de l’atmosphère , s’enflamme , ne laisse point de résidu , et se transforme en eau , en acide carbonique et en acide hydrochlorique. Il est insoluble dans l’eau j il se dissout assez' abondamment dans l’alcool, d’où il peut être précipité par l’eau.
Il ne se comporte pas avec l’acide nitrique comme le camplne ordinaire; en effet, lorsqu’on le chauffe avec cet acide, on obtient du chlore; il ne se forme point d’acide camphorîque , et l’on ne remarque pas les deux couches de denrité diflérente dont nous avons parlé § 686. Il est insoluble dans l’acide acétique ; si on le fait digérer avec les alcalis, ceux-ci lui enlèvent une petite quantité d’acide bydro»chlorique. Suivant M. Thénard, le camphra.
SECONDE PAUTIE.
Il8
artificiel est formé d’acide hydrb-chlorique et d’huile de . térébenthine non altérée. Kind, Tromsdorff^ MM-BouUay , Clusel et Chomet pensent , au contraire , qu’il est composé d’oxigène, d’hydrogène et de carbone. Il est sans usages.
Du Caoutchouc {gomme élastique').
Le caoutchouc est regardé par plusieurs chimistes comme un principe immédiat particulier ; d’autres pensent qu’il est formé d’une matière solide et d’une substance huileuse. En attendant que de nouvelles expériences nous aient éclairés sur sa composition intime , nous adopterons la première de . cesopinious. Lesnombreuxrapportsdu caoutchouc avec les autres principes de cette classe nous engagent à placer ici aon histoire ; cependant nous devons indiquer qu’il contient de l’azote , et qu’il devrait peut-être se trouver parmi les substances végéto-animales.
688. Le caoutchouc n’est autre chose , suivant Fourcroy, qu’un suc laiteux oxigéné par le contact de l’air, et obtenu, par incision , àeVhœvea caoutchouc , du jatropha elastica, àxxjîcus indica, de Vartocarpus integrijolia , arbres qui croissent dans les Indes occidentales et dans l’Amérique méridionale. Lorsqu’il a été desséché, il est solide, blanc , inodore, insipide , mou , flexible, très-élastique , tenace et plus léger que l’eau ; sa pesanteur spécifique est de 0,9335. Le caoutchouc du commerce est brunâtre aulieu d’étreblanc, parce que les Indiens le soumettent à l’açtionde la fiunée.
Soumis à la distillation, il fond, se décompose et fournit un produit ammoniacal. Si , étant exposé à l’àir , on le met en contact avec un corps en ignition , il absorbe l’oxigène et s’enflamme. Il ne s’altère point dans l’atmosphère ; il est insoluble dans l’eau et dans l’alcool. L’eau bouillante le gonfle J et ramoDit tellement ses bords, qu’on peut , en les rapprochant et les pressant l’un contre l’autre , les faire àdhé=
DE l’aDCOOL. 119
rer, propriété dont on tire parti pour faire des tubes et des sondes dégommé élastique. Les huiles essentidles dissolvent le caoutchouc qui a été ramolli par l’eau; il en est de même de l’éther sulfurique privé d’eau ; lorsqu’on verse de l’alcool dans cette dissolution élhérée , il se forme tout-à-coup un précipité de caoutchouc , et l’alcool s’unit à l’éther. Les alcalis le dissolvent à peine , mais le changent en une matière glutineuse. L’acide sulfiirique le charbonne ; il est décomposé par l’acide nitrique; l’acide hydro-chlorique n’agit point sur lui. On l’emploie pour préparer les sondes , et certains vernis , et pour effacer les traces de crayon.
De V Alcool ( esprit-de-vin ).
L’alcool est constamment un produit de l’art; il se forme toutes les fois que le sucre éprouve la fermentation spiritueuse , que l’on désigne plus particulièrement sous le nom de fermentation alcoolique.
68g. L alcool pur et concentré est un liquide transparent, incolore comme l’eau , ne rougissant point Vinfusum de tournesol , doué d’une odeur forte , agréable, et d’une saveur chaude et caustique ; sa pesanteur spécifique est , suivant Richter, de 0,792 , à la température de 20® ; cette pesanteur devient plus considérable à mesure que l’on ajoute de l’eau à l’alcool : ainsi , d’après Gilpin , elle est de 0,99827 lorsqu’il contient go parties d’eau sur 100.
690. Il est très-volatil , et entre en ébullition à la température de 79® thermomètre centigrade , sous la pression de 76 centimètres ; la pesanteur spécifique de sa vapeur est i.6i33, celle de l’air étant prise pour unité; elle est par conséquent près de trois fois aussi considérable que celle de l’eau , qui ne s'élève qu’à 0,6235. Si on fait passer l’alcool en vapeur à travers un tube de porcelaine rouge , on le décompose. M. de Saussure a retiré de 81,17 gram-
SSCOS D E
AKT lE.
mes d’alcool îiqxude soumis à dette expérience et contenant
il J, 23 grammes d’eau :
. i°. ;Gas5 hydrogène carboné , gaz pxide de carbone et na , atome de gaz acide carbonique 5g, 06g, Eau. . i , . . , 17,
5": Lames minces volatilisées et huile essentielle
brune. , OjO^I ‘
4“' Un atome d’acide acétique
5“. Alcool non décomposé. . . . . , . , o,o65
6®. Charbon^ 0,00$ 7®. Perte. 5, 0^2
Si au lieu de traiter l’alcool par le feu, on le soumet à l’action d’un mélange frigorifique dont la température est de 68®, 33 — • o thermomètre ceutigrade , il ne se congèle pas ( Walker ). Suivant M. Hutton , lise solidifierait et cris^. talliseraità — o, température e:^raordinairement basse, que ce savant paraît avoir obtenue par des moyens partïcu-r jiefs qu’il a omis de publier et qui nous sont ineonnus, X.umière. La puissance réfractive de l’alcool , comparée à celle de l’air, est de 2,2223. Il n’est point conducteur dn Jliiide électrique, - ,,
691. Mis en contact à la température ordinaire avec le gaz ox%’ç«e ou avec rair tfî»205j9^eri^ue,ilse volatilise, se mêle avec ces gaz , leur communique l’odeur qui lui est propre et la propriété d’enivrer les animaux qui le respirent. L’alcool contenu dans ces mélanges prend feu parl’appro che des corps en ig-nition. Lorsque, par le moyen d’im corps, enflammé' ou d’im certain nombre d’étincelles électriques, ou élève la température de resprit-îde-vin qui a le contact du gaz oxigène ou de l’air , il est décomposé ; l’hydrogène et le carbone qu’il renferme se combinent rapidement avec r^xigène pour former de l’eau et du gaz acide carbonique,
13E J-’aLCOOL.
et il se produit une flamme Hanche très-étendue 5 il n’y a aucun résidu si l’alcool est pur.
ô^^.Uhydrogène , le bore, le carbone et V azote n’agissent point sur l’alcool. Il dissout un peu àephosphore à l’aide de la chaleur 5 ce solutum est précipité par Peau, qui en sépare le phosphore. Boyle a remarqué le premier que lorsqu’on en verse une petite quantité dans un verre rempli d’eau froide et placé dans un lieu obscur , on aperçoit à la surface du liquide des ondes lumineuses , brillantes , qui paraissent dues au gaz hydrogène phosphoré qui se dégage : l’eau devient laiteuse. Le soufre et l’alcool se combinent parfaitement à l’état de vapeur et donnent naissance à un liquide dont l’odeur est analogue à celle de l’acide bydro-sulfuiique, et dont l’eau précipite le soufre; l’alcool sulfuré peut être préparé en chauffant du soufre dans un alambic de verre , dans l’intérieur duquel on a suspendu , au moyen de deux ou trois fils , un petit vase contenant de l’alcool ; le soufre fond et se réduit en vapeurs qui échauffent l’alcool; celui-oi se vaporise, et se combine avec la vapeur de soufre pour former le liquide dont nous parlons, qui ne tarde pas à se condenser dans un récipient que l’on a adapté au bec de l’alambic. Il résulte des expériences faites par Fabre, que le soufre en poudi'efine se dissout dans l’alcool liquide à l’aide d’une douce chaleur, et même à froid ; mais la dissolution s’opère très-lentement.
693. Si l’on fait arriver une suffisante quantité de chlore gazeux dans l’alcool liquide , celui-ci est complètement décomposé , et l’on obtient beaucoup d’eau et d’acide hydrochlorique, un peu de gaz acide carbonique, un produit dans lequel le charbon prédomine, et tme très-grande quan-i tité d’une matière huileuse dont M. Berthollet a parlé le premier, et qui peut être presqu’ entièrement séparée du li-. quide par l’eau. Voici quelles sont les propriétés de cette matière pure : elle est gous la fpjine d’un liqtûde huileux ^
s ECO KDE ÏARXIE.
d’une odeur forte , pénétrante et désagréable , d’une saveur très-piquante, et sans action sur Vinfusum de tournesol 5 elle est très -volatile. Si on la fait passer à travers un tube de porcelaine incandescent, elle se décompose et fournit du chlore. Si , étant exposée à l’air , on la met en contact avec un corps enignition, elle s’enflamme facilement et répand des vapeurs d’acide hydro-chlorique. L’eau la décompose avec promptitude. L’acide sulfurique la charbonne dans le même instant, et détermine la formation d’une certaine quan- -tité d’eau aux dépens de l’oxigène et de l’hydrogène qui entrent dans sa compositk»n. Traitée parla potasse caustique pure, et chaufifée convenablement, elle se décompose presque complètement, et laisse un résidn charbonneux assez considérable.
L’alcool est également décomposé par Viode^ qui s’empare de son hydrogène et forme de l’acide hydriodique,.
694- L’eanse combine avec l’alcoolen toutes proportions, et l’on observe qu’il y a élévation de température et rapprochement des molécules si l’alcool est concentré 5 ainsi un composé d’une'pinte d’alcool concentré et d’une pinte d’eau occupe un volume moindre que celui des deux pintes 5 il y a, au contraire , raréfaction et élévation de température si l’alcool est très-faible : nous devons ces, résultats curieux à M. Thillayefils. Lorsque l’alcool a été affaibli par ce moyen , il constitue les diverses variétés d’esprit-de-vin que l’on trouve dans le commerce, et qui marquent des degrés différens au pèse-liqueurs. Nous dirons ^ à l’article des Préparations , que dans l’eau-de-vie il y a parties ^aies en poids d’alcool concentré et d’eau ; il est cependant impossible de faire de la bonne eau-de-vie en mêlant ces deux substances.
^5. L’alcool agit sur les acides d’une manière très-variée j fl. n’exerce aucune action sur les acides carbonique , molybdique, tungstique, columbique et mucique; fl dis-
DE d’alcool 1x3
sont, au contraire , tous les autres, si toutefois l’on en excepte l’acide pkospîlOrique : ce dernier , et un assez grand nombre de ceux qui y sont solubles, peuvent , dans certaines circonstances particulières , transformer l’alcool en éther, tandis qu’il y en a d’autres dont l’action sur l’alcool se borne à une simple dissolution : tel est , par exemple , l’acide borique , dpnt la dissolution alcoolique jouit même de la propriété de donner une belle flamme verte loi'squ’on la met en contact avec un corps en ignition.
696* Les métaux sont insolubles dans l’alcool 5 le potassium et le sodium décomposent l’eau qu’il renferme , s’emparent de son oxigène et mettent l’hydrogène à nu; d’où il suit qu’ils rendent l’alcool plus concentré qu’il n’était.
697. Il n y a parmi les oxides métalliques que la potasse et la soude qui se dissolvent dans ce liquide. L’ammoniaque y est également soluble.
698. L’action des sels sur l’alcool est de la plus haute importance. Tous les sels déliquescens se dissolvent dans l’alcool concentré, tandis que les sels efflorescens , ceux qui sont peu solubles dans l’eau , et ceux qui ne le sont pas du tout, sont pour la plupart insolubles dans ce liquide. Si l’alcool, au lieu d’être concentré, se trouve affaibli par de l’eau , alors il acquiert la faculté de dissoudre tm certain nombre de ceux qui auparavant y étaient insolubles, comme on pourra s’en convaincre en jetant les yéüx sur le tableau suivant. Plusieurs des sels solubles dans ce liquide communiquent à sa flamme une couleur particulière : ainsi les sels de strontiane la colorent en pourpre , les sels cuivreux en vert, l’hydro-chlorate de chaux en rouge, le nitrate de potasse en jaune , etc. Il existe des sels si peu solubles dans ce liquide concentré , que l’on peut les précipiter par l’alcool de leurs dissolutions aqueuses ; l’alcool s’empare de l’eau et le sel se dépose ^ tels sont , par exemple y la plupart des sulfates.
ECOSDE PA
124 SECONDE PARTIE
Dissoîubilité des Sels dans 100 parties d’alcool de densités différentes , d’après Kirwan. ( Voyez son traité sur les Eaux minérales , pag. 2;ÿ4‘ )