‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 17 sur 80 · L’action des acides sur les résines a fourni à M. Hat · texte numérisé non relu

L’action des acides sur les résines a fourni à M. Hat

SECONDE PARTIE

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chett des résultats curieux. L’acide sulfurique concentré dissout très-promptement et à froid une résine quel conque réduite en poudré fine; le est transparent , visqueux

et d’un brun jaunâtre : par l’addition de l’eau il laisse précipiter la résine presque sans altération ; si on le fait chauffer sur un bain de sable, il se décompose, sa couleur devient plus foncée, et l’on obtient du charbon , du gaz acide sulfureux , et les autres produits qui résultent de l’action de l’açide sulfurique concentré sur les matières végétales.(/^oj. § 640. ) Si au lieu de chauffer ainsi le solutum jusqu’à ce qu’il soit entièrement décomposé, on cesse de le chauffer un peu avant qu’il ait acquis la couleur noire, et qu’on le mêle avec de l’eau , on obtient un précipité qui, étant traité par l’alcool, se dissout en partie; en chauffant la dissolution alcoolique , l’esprit-de-vin se dégage ; le résidu , en partie soluble , en partie insoluble dans l’eau , traité par ce liquide , donne une dissolution qui jouit de toutes les propriétés du tannin artificiel,

684- L’acide nitrique que l’on fait digérer pendant longtemps sur les résines les décompose, et opère la dissolution du produit formé ; cette dissolution n’est pas précipitée par l’eau; lorsqu’on la, fait évapoi’er, elle donne une masse visqueuse , d’un jaune foncé , soluble dans l’eau et dans l’alcool , qu’il suffit de faire chauffer avec une nouvelle quantité d’acide nitrique pour la transformer en tannin artificiel. U ne se forme point d’acide - oxalique. Les acides hydro-chlorique et acétique dissolvent aussi les résines, mais plus lentement que l’acide sulfurique ; l’eau précipite de ces dissolutions les résines non altérées. M. Hatchett a proposé même le dernier de ces acides pour séparer ces substances de quelques autres matières insolubles dans l’acide acétique. Nous parlerons des usages des résines à mesure que .nous les ferons connaître.

Résine animé. Elle découle d’un arbre de l’Amérique

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septentrionale , connu sous le nom Slhymœnea courharil ou carouge. Elle est jaune , très-odorante, et un peu semblable au copal , dont on peut aisément la distinguer par la facilité avec laquelle elle se dissout dans l’alcool : on l’emploie très-souvent dans la composition des vernis.

Baume de copaku. Il découle d’incisions faites au tronc du copaifera officinalis^ arbre de l’Amérique méridionale et des Indes occidentales. Lorsqu’il est récent il est de consistance huileuse; mais il devient peu à peu aussi épais que le miel; il est transparent, d’irne couleur jaunâtre^ d’tmé odeur forte et d’ime saveur piquante et amère; sa pesanteur spécifique est de 0,960. Il est très-employé comme astringent dans la dernière période des écoulemens vénériens : on le fait prendre à l’intérieur, depuis 20 , 3o gouttes jusqu’à un gros , dissous dans un peu d’alcool et mêlé ensuite avec de l’eau; ou bien on le triture avec du mucilage pour faciliter sa dissolution dans l’eau, que l’on peut aussi administrer à l’intérieur, mais dont on fait principalement usage en injection.

Baume de la Mecque, de Judée. Il découle de {'amjris gileadensis ou. opobalsamum, arbre qui croit dans l’Arabie, siutoulprès delà Mecque. On dit que lorsqu’il est récent, il est trouble et blanchâtre , doué d’une odeur forte , aromatique , et d’une saveur âcre , amère et astringente ; si on le garde pendant quelque temps il s’éclaircît et sa couleur devient verte d’abord , puis jaune. Il a la consistance dé la térébenthine. Il est excessivement rare en Europe, et par conséquent peu employé.

Résine copal. Elle est fournie par le rJms copallinum , arbre qui croît dans l’Amérique septentrionale. Elle est d’un blanc légèrement brunâtre, quelquefois parfaitement transparente ; suivant Brisson , sa pesanteur spécifique est de 1,045 à i,i39 ; eUe répand une légère odeur lorsqu’on la firotte , et se distingue des autres résines par la diffi-

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culté avec laquelle l’alcool , l’huile essentielle de téréhefr» thine et les huiles fixes en opèrent la dissolution *, il faut même, pour parvenir à la dissoudre, prendre des précautious que nous indiquerons en parlant de la préparation des vernis pour lesquels elle est employée.

Résine élémù Elle est fournie par l’incision des écorces de V amyris elemifera ^ arbre qui. croît dans le Canada, dans l’Amérique méridionale et en Asie. Ou la trouve dans le commerce sous forme de gâteaux arrondis, enveloppés dans des feuilles d’iris, de palmier ou de roseau; elle est d’un jaune pâle, demi -transparente , douée d’une saveur amère et d’une odeur forte , semblable à celle du fenouil ou des germes de peuplier, et qui s’affla.iblit peu à peu; sa pesanteur spécifique est de ï,oi8. Elle est d’abord un peu molle et s’attache aux doigts ; mais elle se durcit avec le temps. Elle entre dans la composition des onguens martîa~ tunii àe styrax et areœus , dans ropporfeZfocÆ,nt divers autres emplâtres. Autrefois on l’administrait à l’intérieur dans le traitement des écoulemens passifs, et on l’employait sous la forme de Hniment dans certaines douleurs rhumatismales.

Gomme lacque. On connaît dans le commerce trais variétés de cette résine, i® la laeqm en hâtons , que l’on trouve sous forme de croûte sur les petites branches dè plusieurs arbres des Indes orientales, où elle â été déposée par l’insecte coccus laccai elle est d’un rouge foncé, et communique à l’ean cette couleur. 2®. ha. lacque en grains, qui paraît être la précédente traitée par l’eau bouillante: elle est brune, 3® Ea lacque en écailles , que l’on obtient en faisant fondre la lacque en bâton et en la coulant en plaques minces : elle est également brune. La première contient beaucoup plus de matière colorante et moins de résine que les autres ; elle renferme aussi l’acide dont nous avons parlé £ 629 j la dernière est la moins ciclm en couleur.

DESEÉSISES. lit

Toutes les trois sont fragiles, transparentes, inodores et douées d’une saveur astringente et amère. Fondue avec la térébenthine et le vermillon ( cinnabre pulvérisé ) , la lacque donne la cire à cacheter rouge, tandis que l’on obtient la cire noire si l’on substitue le noir d’ivoire au cinnabre. La lacque est encore employée en teinture et dans la préparation des vernis. On l’administrait autrefois en médecine à la dose d’un demi-gros ou d’un gros dans l’alcool , comme tonique et astringente 5 on la fait entrer aujourd’hui dans quelques gargarismes anti-scorbutiques , et dans la composition des poudres propres à raffermir les gencives ; on l’emploie aussi quelquefois pour déterger et mondifier les plaies.

Mastic. On le retire par incision du pistachia hntiscus^ arbre qui croît dans Je Levant, et particulièrement dans l’île de Chio. Il est sous la forme de larmes ou de grains jaunâtres , fragiles, demi-transparens, dont la saveur n’est pas désagréable. Lorsqu’on le chauffe, il se fond et exhale une odeur suave j il se ramollit dans la bouche, et détermine la salivation , ce qui l’a fait mettre au rang des masticatoires. On l’a employé quelquefois pour remplir les cavités des dents cariées , et les Turcs en font usage pour fortifier les gencives et corriger la mauvaise odeur de l’haleine. On s’en sert dans la préparation des vernis j mais il n’est pas entièrement soluble dans l’alcool.

Sandaraque. Cette résine découle du thuya articulata , espèce de conifère qui croît en Barbarie. Elle est, comme la précédente, sous la forme de petites lames arrondies, d’un blanc jaunâtre, inodores; mais on peut facilement l’en distinguer, parce qu’elle est très-fragile , même lorsqu’on la met dans la bouche ; par sa plus grande transpa- ^rence et par son entière solubilité dans l’alcool. Elle entre dans la composition de quelques vernis; on l’emploie pour empêcher le papier de boire.

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Sangdragon. On l’obiient par incision du pterocarpus draco, arbre de la famiUe des légumineuses, qui croît à Santa - Fé, dans les Indes orientales, etc. 5 le dracæna draco en fournit aussi. Il est en petites masses sèches, fragiles , dures , opaques , de forme ovale , d’un rouge tirant sur le noir, et qui donnent par la trituration une poudre d’un rouge de sang , inodore et insipide. Elle est regardée par plusieurs praticiens comme un excellent astringent, très-utile dans les anciens dévoiemens séreux et sanguins , et dans les hémorrhagies passives de Tutérus : il y a cependant beaucoup de cas de ce genre où son emploi n’a été suivi d’aucun succès. Onladonne^ i®en poudre, à la dose de 8 , 10 ou 12 grains par jour; 2® en pilules , unie à l’alun et à une poudre styp tique; 3® dissoute dans l’alcool et étendue dans un véhicule, etc^ On l’emploie aussi dans la préparation des vernis.

Térébenthine. On connaît plusieurs variétés de cette résine, i®la térébenthine de Chio, que l’on extrait duterebinthus pistacia de L., arbre de la famille des conifères, qui croît principalement dans l’île de Chio ; elle est sous la forme d’un suc de consistance glutineuse, quelquefois transparent, et d’une couleur jaune foncée. 2®. La térébenthine de Venise, îourràe -parle pinuslarix deL., estd unblanc jaunâtre, diaphane, gluante^ d’une odeur très-pénétrante, d’une saveur âcre et amère. 3®. La térébenthine brute et le galipot, que l’on extrait par incision du du

pinus maritima , etc. On doiinQ principalement le nom de térébenthine brute à la portion que l’on recueille dans une petite cavité pratiquée dans la terre au bas du sapin; tandis que l’on app^e galipot toutes les parties qui se figent à la surface des incisions. Le galipot , appelé aussi barras , -résine hlanche, fondu et agité dans l’eau , se débarrassé des matières étrangères; lorsqu’il est décanté et filtré à travers de la paille, il constitue la poix jaune j ou la poix de

DES RÉSIKES.

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Bourgogne , ou la résine jaune. Cette variété de téréfcen- Iklne, ainsi purifiée, donne , lorsqu’on la décompose par la distillation, de V huile essentielle de térébenthine , et laisse ùn résidu appelé colophane ou brai sec > qui est solide , firun et fragile. -

Nous indiquerons , en parlant de l’extraction des principes immédiats des végétaux, les divers procédés employés pour ottenir la poix noire t le goudron , le brai gras et le noir de fumée.

La térébenthine de Chio et de Venise est fréquemment employée en médecine comme tonique 5 on la donne , î® en injection dans le traitement des gonorrhées syphilitiques anciennes , dans les flueurs blanches , les ulcérations des voies minaires , etc. ; on commence par la dissoudre dans un jaune d’œuf, puis on l’etend d’éau. a®. En lavement dans les coliques nerveuses , les diarrhées et les dysenteries anciennes 5 on associe i , 2 où 3 gros de térébenthine dissoute dans un jaune d’œuf , à un ou 2 gi-os de thériaque , que l’on mêle avec la quantité d’eau qui fait la base du lavementi La térébenthine a quelquefois été employée avec succès pour corriger la fétidité de quelques sinus fistuleux , pour hâter la cicatrisation de vieux ulcères , etc.

U huile essentielle de térébenthine est généralement regardée comme un excellent diurétique. On en a fait un fréquent usage dans l’hydropîsie 5 on donne ordinairement une ou deux cuillerées à bouche d’un mélange fait avec un gros de cette huile et demi-once de miel. Le fameux remède de Durande, dont on a souvent obtenu d’excellens effets dans les coliques hépatiques produites par des calculs biliaires , n’est qu’un mélange de 3 parties d’éther sidfurique et de 2 parties de celte huile : on eu donne 2 scru^ pules tous les matins,

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Du Camphre.

Le camphre se trouve dans le ïaurus camphora ( arhrè très-commun en Chine et au Japon) , et dans plusieurs autres espèces du même genre , dans un très-grand nombre de plantes de la famille des labiées et dans quelques ombellifères. Il existe ausii à Sumatra et à Bornéo un végétal qui fournit une très-grande quantité de camphre, et qui, suivant M.. Corréa de Serra , a beaucoup de rapport avec \e shotea robusta de Roxburgh. Les naturels l’appellent hapour-harros.

685. Le camphre pur est solide, blanc , demi-transparent , fragile , d’une odeur particulière , forte , aromatique et désagréable, d’une saveur amère, âcre et brûlante; il est gras au toucher, ductile et granuleux; sa pesanteur spécifique est de 0,9887.

Soumis à Faction du calorique dans des vaisseaux fermés il se sublime en lames hexagonales ou en pyramides , et il ne fond qu’autântquela chaleur est plus forte que celle que Feau exige pour bouillir; la sublimation du camphre a même lieu à la température ordinaire, mais elle est beaucoup moins marquée. Si , étant exposé à Fair, on le met en contact avec un corps en ignition , il absorbe Foxigène de l’atmosphère, se décompose et s’enflamme sans laisser aucun résidu. Il exige itSa fois son poids d’eau froide pour se dissdudre ; cependant il peut être mêlé à ce liquide à l’aide d un corps mucilagineux. JJ alcool en dissout environ les trois quarts de son poids : aussi le solutum alcoolique précipite-t-il abondamment par Feau. Les huiles volatiles et fixes en opèrent également la dissolution , beaucoup mieux à chaud qu a froid, en sorte qu’elles en laissent déposer ime partie sous la forme de cristaux lorsqu’on les a saturées à l’aide de la chaleur. Les alcalis ne paraissent pas pouvoir le dissoudre. Il se dissout à merv'eille dans

ï)tr CAMPHÈE. Il5

l’acide acétique. Si on le fait chauiFer dans des vaisseaux fermés , avec trois ou qmtre fois son poids d’acide suljurique , il y a décomposition réciproque , et l’on obtient du gaz acide sulfureux , de l’acide sulfurique faible , une huile volatile jaune, d’une odeur camphrée, et une matière noire qui reste dans la cornue; cette matière , traitée par l’eau bouillante , s’y dissout en partie ; la portion insoluble , d’une couleur noire , est formée d’acide sulfurique et de charbon Irès-hydrogéné; la portion dissoute est astringente et composée d’acide sulfurique et d’une matière particulière ; lorsqu’on en sature l’acide par l’eau de baryte, on en précipite l’acide sulfurique, et la matière astringente jouissant des propriétés du tannin artificiel, découvert par M; Hatchett, reste en dissolution. (Hatchelt et Chevreul.)

686. L’acide nitrique dissout rapidement le camphre ; la dissolution se sépare en deux portions : l’une , plus légère , jaunâtre, a l’aspect oléagineux et porte le nom à' huile de camphre^ elle contient presque tout le camphre et la majeure partie de l’acide dans un grand état de concentration; l’autre , très-limpide , ne renferme qu un peu de camphre, une petite quantité d’acide et beaucoup d’eau.: Abandonné à lui-même , ce mélange fournit au bout d’un certain temps des cristaux de camphre, et il se forme, suivant M. Planche , un peu d’acide camphorique-; du moins c’est ce qu’il a observé api’ès avoir gardé pendant quatorze ans de l’huile de camphre dans un flacon bouché. L’eau décompose sur-le-champ cette huile et en sépare 'le camphre. Si on élève la température du mélange fait avec le camphre et l’acide nitrique , il se dégage du gaz nitreux ; l’acide et le camphre sont décomposés , et l’on obtient de l’acide camphorique. Plusieurs autres acides ont également la propriété de dissoudre le camphre.

M. Brown pense que le camphre extrait de l’huile essen-

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tielle de thym (plante de la famille des labiées) éliffère du précédent : en effet , il ne se dissout pas dans les acides sulfurique et nitrique.

Lecamphre est administré à l’intérieur avec le plus grand succès, comme stimulant diffusible , comme anti-spasmodi- ^e et comme sudorifique. On l’emploie dans les fièvres adynamiques et putrides , dans les fièvres ataxiques , principalement lorsque la peau est sèche^dansles pblegmasies cutanées aiguës dans lesquelles l’éruption nese faitpasbien,languitou dégénère -, dans les angines grangreneuses et dans toutes les grangrènes locales ; dans certaines douleurs rhumatismales, sciatiques, etc. Il a été souvent utile dans les fièvres intermittentes , dans la paralysie , et dans une multitude d’affections où les anti-spasmodiques sont indiqués. On l’a souvent administré avec succès comme anti-àpJirodisiaque. Il prévient l’action des cantharides sur la vessie , et il la fait cesser lorsqu’elle existe déjà. On le donne à l’intérieur depuis 1 8 , 20 ou 24 grains jusqu’à 2 , 3 ou 4 gros dans les vingt -quatre heures; les doses doivent varier suivant la nature et l’intensité de la maladie; mais on doit éviter d’en faire prendre beaucoup à - là - fois , y)arce qu’il agirait comme un poison énergique , capable d’occasionner la mort en très - peu de temps ( voyez ma Toxicologie générale) ; on le fait prendre ordinairement dans un jaune d’oeuf ou dans un mucilage. On le donne en lavemens depuis un demi-grain jusqu’à un gros ; introduit par cette voie , il est encore susceptible d’agir cdmme poison et de déterminer les accidens les plus graves si la dose employée est trop forte. La dissolution du camphre dans l’huile est souvent employée en frictions stm la partie interne des cuisses et sur quelques autres points ; on se sert aussi d’eau-de-vie camphrée préparée avec une demi-once de camphre et deux livres d’eau-de-vie; enfin le camphre entre dans la composition de quelques linimens

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