CLASSE IV
Des Matières colorantes.
H est probable qu’il existe un très-grand nombre de matières colorantes particulières qui pourront être isolées par la suite , et qui augmenteront par conséquent le nombre des principes immédiats : jusqu’à ce jour on n’en a séparé que six , l’hématine , le rouge de carthame , l’indigo , la polycrhoïte , la matière colorante du santal rouge et l’orcanette : nous parlerons de chacune d’elles en particulier , après avoir exposé leurs principales propriétés générales.
qiS. Ces matières se trouvent dans toutes les parties des plantes , unies tantôt à quelques principes immédiats incolores , tantôt à des principes colorés. M. Thénard pense qu’elles renferment beaucoup de carbone ; plusieurs d’entre elles contiennent de l’azote. Leur couleur varie à l’infini j elles paraissent toutes être solides , insipides et inodores. Soumises à la distillation , efies sont décomposées et fournissentdes produits analogues à ceux dont nous avons parlé ( § 6^7 ) ; celles qui sont azotées donnent en outre de
DE l’hématihe. l4r
l’ammoniaque. L’air avec le concours des rayons
lumineux , altère leur couleur, et la détruit même quelquefois; on observe des phénomènes analogues lorsqu’on substitue à la lumière une chaleur capable de faire monter le thermomètre à iSo'* ou à ^oo° centigrade. Le chlore àé^ truit et jaunit toutes les matières colorantes , même à froid ; il s’empare de leur hydrogène et passe à l’état d’acide Bydro-chlorique.
yiô. L’eau les dissout presque toutes ; ilen est cependant qui nese dissolvent que dans l’alcool, dansl’étherou dans les huiles ; presque toujours ces menstrues acquièrent la couleur de la matièresur laquelle ils agissent. Les acides et les alcalis concentrés peuvent détruire un très-grand nombre de matières colorantes en agissant sur elles comme sur les autres principes immédiats ; cependant ces réactifs , étendus d’eau, ont la faculté d’en dissoudre un certain nombre ; à la vérité, ils en changent quelquefois la couleur ; mais dans ce cas on peut faire reparaître par un alcali celle qui a été changée par un acide , et 'vice versâ.
La majeure partie des oxides métalliques et des soussels insolubles , ont la faculté d’enlever à l’eau les matières colorantes qu’elle tient en dissolution; l’oxide ouïe soussel coloré par ce moyen porte le nom de laque. ( Voyez Préparations.) Les matières colorantes sont principalement employées dans la teinture.
De ÏHématine.
y I y. Cette substance a été séparée par M. Chevreul dubois de Campèche ( hæmatoxyhim campechiammi) ; son nom est dérivé d’oipa , sang, qui est la racine du mot hæmatoxy^îum. Elle cristallise en petites écailles d’un blanc rosé , qui ont l’aspect métallique; sa savem- est légèrement astringente, amère et âcre. Soumise à la distillation , elle fournit, outre les produits indiqués § ôSy , de l’acétate d’ammo-
14^ SECONDE DARTIE.
niaque , et laisse pour résidu o,55 de charbon ; elle est peu soluble dans l’eau froide : l’eau bouillante la dissout plus facilement, se colore en pourpre et jaunit par le refroidissement ; lorsqu’on fait évaporer cette dissolution , elle fournit des cristaux d’bémaline ; les acides la font passer au jaune et au rouge quand ils sont forts et employés en excès ; l’acide sulfureux commenéepar la jaunir ; il détruit ensuite la couleur si on le fait agir assez long-temps 5 l’acide lijdrosulfurique se combine avec elle , la jaunit et finit par la décolorer , mais sans détruire la couleur ( voyez Acide hjdrosulfurique, t. I®"”, § S?, ) ; les alcalis , et presque tous les oxides qui saturent les acides , la font passer au bleu -, elle précipite la dissolution de gélatine sous la forme de flocons rougeâtres.
On n’emploie jamais l’hématine à l’état de pureté , mais elle fait partie essentielle des couleurs préparées avec le bois deCàmpèche : ces couleurs sont principalement le violet et le noir. M. ChevTetd la regardé avec raison comme un excellent réactif propre a découvrir la présence des acides.
Couleur Tou^e du Carihame.
^18. Cette matière , isolée pour la première fois par Du- É)ur, se trouve dans la fleur du carlhamus tinctorius de Linnée ; elle est sous la ferme d’une poudre d’ün rouge foncé 5 sa couleur est extrêmement fugace. Soumise à la distillation , elle fournit très-peu d’eau et d’buile , une assez grande quantité de charbon et une très-petite quantité de gaz. Elle est insoluble dans l’eau. Les acides avivent sa couleur sans la dissoudre. La potasse, la soude et les sous-carbonates de ces bases la dissolvent et lui donnent une teinte jaune, que l’on peut faite passer au rose par l’addition d’un acide quelconque , et surtout d’un acide végétal. L’alcool la dissout facilement , et acquiert une belle couleur rose qui passe à l’orangé par l’action de la chaleur j elle est moins
DE l’indigo. 143
soluble dans l’étber. Les huiles fixes et volatiles n’agissent point sur elle.
On emploie souvent le cartbame pour teindre la soie , le fil et le coton en rose ou en rouge ; ces couleurs sont trèséclatantes , mais peu solides , surtout la première. Broyée avec du talc finement pulvérisé , la matière colorante du cartbame constitue le rouge dont les femmes font usage pour la toilette.
De VIndigo.
719. L’indigo n’a été trouvé jusqu’à présent que dans quelques espèces du geoxe indigofera , dans V isatis tinctoria^ et dans quelques espèces du genre neiium.', il est probable qu’il existe dans toutes les espèces de ces genres et dans quelques autres plantes. La substance connue d^ns le commerce sous le nomd’i«fi?i^o flore oudeguatimala, renferme, outre ce principe immédiat , beaucoup d’autres matières. M. Chevreul, qui le premier a fait connaître l’indigo pur, en traitant l’indigo, flore par l’eau , par l’alcool et par l’acide bydro-chlorique , a trouvé dans 100 parties d’indigo guatimala, i® matières solubles dans l’eau , savoir : matière verte unieà l’ammoniaque , un peu d’indigo désoxîdé, extractif, gomme, 12 parties 5 20 matières solubles dans l’alcool , c’est-à-dire , matière verte , résine rouge , un peu d’indigo , 3o parties ; 3° matières solubles dans l’acide bydro-cblorique , savoir : résine rouge , 6 parties ; carbonate de chaux , 2 parties 5 peroxide de fer et alumine , 2 parties ; matières insolubles dans ces agens : silice , 3 parties ; indigo pur, 45 parties.
y 20. Indigo pur. L’indigo pur est solide, d’un bleu cuivré, susceptible de cristalliser en aiguilles , et alors il a vraiment l’aspect métallique ; il est inodore et insipide. Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés , il se partage en deux parties : l’une se volatilise sous la forme de
l44 SECOKDE partie.
vapeurs pourpres qui se condensent dans le col de la cor* nue; l’autre se décompose à la manière des substances azotées et fournit beaucoup d’ammoniaque. (Voyez Action de la chaleur sur lei matières animales. ) Si on le chauffe avec le contact de l’air, aune température moyennemeiït élevée , il s’en volatilise beaucoup plus que dans le cas précédent; mais si la chaleur est rouge , il absorbe rapidement l’oxigène de l’air , avec dégagement de calorique et de lumière , se décompose et laisse un charbon volumineux.
Il n’éprouve aucune altération de la part de l’air ; il est insoluble dans l’eau et dans l’éther ; l’alcool bouillant le dissout sensiblement et se colore en bleu ; mais il se précipite en grande partie à mesui’e que le liquide se refroidit. Pulvérisé et mis en contact avec 9 ou ro parties d acide sulfurique concentré, il se dissout , surtout à l’aide d’une douce chaleur ; mais il paraît que dans cette opération il éprouve une altération quelconque , car il perd la propriété de se volatiliser, et il peut se dissoudre dans certains réactifs qui auparavant n’agissaient point sur lui. L’acide nitrique , même étendu d’eau , le décompose et le transforme en une très-grande quantité de matière résineuse et en deux substances amères et détonnantes. (Chevreul. ) L’acide hydro-chlorique et les alcalis lui communiquent une teinte jaunâtre à l’aide de la chaleur. LecAfore le jaunit en très-peu de temps.
Plusieurs substances avides d’oxigène , comme l’acide hydro-sulfimique , l’hydro-sulfate d’ammoniaque, le sulfate de protoxidede fer , im mélange de potasse et de protoxide d’étain , ou de potasse et de sulfure d’arsenic , etc. , le décomposent à froid ou à chaud , s’emparent d’une poi’tion de son oxigène , et le transforment en indigo jaune que l’on pourrait appeler indigo au minimum d^ oxigène ; cet indigo* est soluble dans l’eau, surtout à l’aide des alcalis ; si ou l’esqtose à l’air, ü absorbe de l’oxigène, et il passe à l’état
DE LA COULEUB. DU SAîiTAL, 1^^
d^udigo bleu insoluble dans Peau. L’indigo est employé dans la teinture. ,
De la Matière colorante du santal rouge.
y 2 1 . Le bois du santal rouge {ptcrocarpus santolinus/aThre des Indes orientales ) contient une matière colorante que M. J. Pelletier regarde comme un principe immédiat particulier , ayant cependant beaucoup de rapport avec les résines. Elle est presqpi’insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool, l’étber, l’acide acétique et les dissolutions alca- Knes, d’où elle peut être séparée sans altération ; elle est trèspeu soluble dans l’huile de lavandie et presqu’insolübledans les autres huiles. Traitée par l’acide nitrique , elle fournit , Outre les produits donnés par lês résines , dé l’acide oxalique 5 sa dissolùtion alcoolique donné , avec les sels suivans des preciphés différemment colorés , savoir : hydrochlorate de protoxide d’étain , précipité pourpre magnifique ; sels de plomb , précipité violet assez beau 5 sublimé corrosif, précipité écarlate; sulfaté de protoxide de fer , précipité violet foncé; nitrate d’argent, précipité rouge brun ; ces précipi tés sont formés par l’ oxide métallique uni à la matière colorante. Sa dissolution acétique précipite la gélaiané et agit sur les substances animales comme une matière astringente. La matièî'é colorante dont nous parlons est fusible à 100® thermomètre cënügrade; à une température plus élevée, elle se décompose à la manière des substances végétales très-hydrogénées,- et ne fournit pas un atome d’ammoniaque. Le principe colorant du santal , dissous dans l’alcool ou dans l’acidé acétique , peut être employé avec sùccès dans la teinture des laines et de la soie ; on peut s’en servir pour préparer des laques.
it.
SECOKDE PAE-TiE.
De là Poljchroïte.
]MM. Bouillon-Lagrange et Vogel ont séparé des pétales ■ du safran ( crocus sativus) une matière colorante particulièreàlaqueUe ils ont donné le nom de poljchroïte^ de îtoÀ-jç, plûsieurs , et -/poa , couleur.
^22. La poljchroïte est sous la forme d’écailles d’un jaune rougeâtre ^ brillantes et transparentes lorsqu’elles sont chaudes , attirant l’humidité de l’air et devenant visqueuses quand elles sont refroidies. Soumise à la distillation, la polychroïte se décompose et donne de l’éau, un acide, deux espèces d’huile^ l’une d’un jaune citrin, l’autre plus colorée, du gaz acide carbonique, de l’hydrogène carboné , etc.- Elle se dissout dans l’eau et dans l’alcool 5 ïe solutum^ exposé aux rayons solaires , dans nn jflacon bien bouché , se décolore et devient linipide compae de l’eau. La dissolution alcoolique n’est pas précipitée par l’eau; elle a une odeur suave , analogue au miel , ^et une saveur amère piquante comme celle du safran. L’acide sulfurique, versé en petite quantité dans une dissolution de poljchroïte , la fait passer, d’abord au bleu d’indigo , puis au lilas. L’acide nitrique lui communiqne une couleur vert pré ; les couleurs disparaissent par l’addition de l’eau , ou changent par l’addition d’une nouvelle quantité d’acide. Le chlore la décolore ; le sulfate de protoxide de fer y fait naître un précipité brun, foncé. L’huile de térébenthine la décompose. Elle n’a point, d’usages.
De la Matière colorante de Vorcanette.
L’orcanette se trouve dans la partie corticale des racines, du lithospermum tinctorium : voici quelles sont ses propriétés. Suivant M. J. Pelletier , qui l’a étudiée avec soin , elle est solide , d’un rouge tellement foncé qu’elle paraît bnme ; sa cassure est résineuse; elle est fusible au-dessous
DE DA teinture. i47
de 6o° thermomètre centigrade. Soumise à la distillation , elle se comporte comme les matières végétales non azotées. Traitée par l’acide nitrique , elle fournit de l’acide oxalique et une très-petite quantité de substance amère. L’alcool , les huiles , les corps gras et surtout l’éther la dissolvent et acquièrent une belle couleur rouge. Si l’on fait arriver du cAfore gazeux dans sa dissolution alcoolique, la couleur rouge se détruit et passe au jaune sale ou au blanc grisâtre. Les alcalis employés en excès dissolvent cette 'matière colorante et deviennent bleus ; mais on peut faire reparaître la couleur rouge en saturant l’alcali par un acide. L’acétate de plomb, et surtout le sous-acétate, fait naître dans la dissolution alcoolique de cette matière colorante un précipité bleu magnifique ; l’hydro-chlorate de protoxide d’étain la précipite en rouge cramoisi : ces précipités sont formés par la matière colorante et par l’un ou l’autre de ces oxides. Si l’on fait agir pendant quelques heures Veau pure sur cette matière colorante , elle est altérée , devient violette, passe au bleu et finit même par noircir : ces effets sont beaucoup plus prompts si l’on fait bouillir sa dissolution alcoolique avec de l’eau. M. Pelletier pense que l’on pourrait employer l’orcanette dans la peinture à l’huiiepourdaire de très-beaux bleus.
De la Teinture.
On désigne sous le nom de teinture l’art qui a pour objet de fixer les principes colorans sur certaines substances, qui sont principalement les fils et les tissus de coton, de chanvre , de lin , de laine et de soie. On ne parvient , en général^ à remplir ce but d’une manière convenable qu’au» tant que l’on a fait subir aux divers fils dont nous parlons trois opérations distinctes ; i® le blanchiment que l’on appelle quelquefois décreusage, désuintage^ 2® l’application des mbrdans ; 3° la fixation de la matière colorante.
SECONDE PARTIE
§ Du Blanchiment.
Pour se faire une idée de cette opération , il faut savoir que les fils et les tissus de chanvre , de lin , de soie , etc. , que l’on veut blanchir, sont formés de fibres blanches et d’une matière colorante 5 il s’agit donc simplement de détruire celle-ci pour que la fibre devienne incolore. Gn ne pratique l’operation que nous allons décrire que dans le cas où les tissus doivent recevoir une teinte légère ou partielle, comme dans les toiles peintes.
Blanchiment des fils de chanvre, de lin et de cotons iï®. On laisse pendant quelques jours ces substances dans de l’eau limpide , afin de leur faire éprouver un commencement de fermentation propre à faciliter la séparation du principe colorant, et d’un enduit appelé parou, dont les tisserands se servent dans le tissage des toiles. 2® On les lessive en les plongeant dans une dissolution de potasse ou de soude caustiques , qui ne soient pas concentrées , et qui aient été préparées d’avance avec une partie de chaux vive éteinte par le moyen de l’eau, deux pallies de sous-carbonate de potasse ou de soude , et une plus ou moins grande quantité d’eau : le. but de cette opération est de dissoudre dans l’alcali une portion de la matière colorante : on lave ces tissus à grande eau. 3® Ou les plonge dans une dissolution aqueuse de chlore qui, comme nous l’avons dit ( § ) ,
détruit le principe colorant et le transforme en une matière très-soluble dans les alcalis 5 si la dissolution de chlore était ttop concentrée , le tissu lui même pourrait être attaqué-, si elle était trop faible , l’action serait presque nulle ; l’expérience a prouvé qu’elle est au degré convenable de concentration lorsqu’ellepeutdétruire la couleur d’une fois et demie ou de deux fois son volume d’une dissolution d’indigo préparée avec tme partie de ce corps, 7 parties décide sulfurique concentré, et étendue de 992 fois son poids d’eau.
BU BLAKCHIMEST. 14^
Dans plusieurs manufactures on ajoute à la dîssolulîon de chlore une certaine quantité de carbonate de chaux (craie)j qui jouit de l’avantage de faire absorber à l’eau une plus grande quantité de chlore , et de détruire presqu’enlièrement son odeur , sans affaiblir sensiblement son action sun Je principe colorant ; on lave les tissus à grande eau. 4°* les met en contact avec de l’acide sulfurique très-faible , afin de dissoudre une certaine quantité d’oxide de fer qui, pendant le cours de l’opération , se dépose stn- cœ substances principalement sur le coton, et les colore en jaune : on les lave de nouveau. 5°. On renouvelle plusieurs fois et successivement les immersions dans la lessive et dans la dissolution de chlore , ainsi que les lavages. ( M. Berthollet. ) Avant d’avoir adopté ce procédé , onblanchissait les toiles en les lessivant de temps en temps, les étendant sur le pré et les arrosant deux ou trois fois par jour^
Blanchiment de la soie et de la laine. Si après avoir décreusé la soie , on veut la rendre encore plus blanche , on l’expose à la vapeur du soufre en ignititm ( gaz acide sulfureux ). La laine doit être désuintée d’abord , puis traitée par une faible dissolution de savon tiède , qui s’empare du suint qui peqt rester à sa surface 5 enfin on doit la mettre en contact avec le gaz acide sulfureux.
Décreusage. Le déereusage est une espèce de blanchiment moins parfait que le précédent , que l’on fait subir aux tissus de coton, de lin , de chanvre et de soie qui doivent être teints en tme couleur foncée. Décreusage du Un ^ du chanvre et du coton. On fait bouillir ces matières avec de l’eau pendant deux heures j on les laisse égoutter; on les fait bouillir de nouveau pendant deux heures avec une dissolution de soude rendue caustique par là chaux; on les lave à grande eau et on les lait sécher à l’air. Peur 100 ti^ logrammes de chanvre on de lin on prépare la dissolution avec i5 seaux d’eau et 2 kilogrammes de soude j tandis
<ju’on tie met qu’un kilogramme et demi de soude pour la même quantité de coton. Décrensage de la soie. Suivant M. Roard, on décreuse les soies, écru blanc ou jaune, en les faisant bouillir pendant une heure avec quinze fois leur poids d’eau et une plus ou moins grande quantité de savon, suivant la nuance que l’on desire; il faut, plonger la soie dans le baiij une demi-heure avant que le liquide soit en ébullition , et la retourner souvent; dans celte opération, la soie. perd la totalité ou la majeure partie des matières gommeuses, grasses, colora:ntes et huileuses qu’elle contient presque toujours. . ■
Désuintage. La laine est enduite d’une 'matière que l’on appelle suint , composée d’un savon à base dépotasse, d’une substance animale particulière, de chaux, de carbonate, d’acétate et d’hydro - chlorate de potassé ( Vauqueiin ) ; la quantité de suint est d’autant plus considérable que la laine est plus fine. On donne le nom de désuintage à l’opération qui a pour objet de lui enlever l’enduit dont nous parlons : cette opération consiste à plonger la laine pendant un quart-d’heure dans un bain presque bouillant, préparé avec trois parties d’eau et une partie d’urine pourrie ou ammoniacale, à laquelle on ajoute quelquefois du savon; on la remue de temps en temps, puis on la retire; onia fait égoutter ; on la lave à grande eau et on la fait sécher au soleil. Le bain quia déjà servi est encore très-utile pourd’autres opérations du même genre. On pratique cpaelquefbis le désuintage sans employer d’urine..
§ II. De V Application des mordans.
On donne le nom de mordant à toute -substance qui , étant -dissoute dans l’eau , a la faculté de s’unir aux tissus préalablement décreusés, désuintés ou blanchis, que l’on veut teindre, et d’augmenter leur affinité pour les principes eoloraps. Le nombre des mordans est presque infini; ee-
»S LÀ FIXATIOsr t)TîS MATIÈRES COLORAKTES. l5l
pendant on n’émploie guère que Valun : aussi cette operation de teinture est-eile souvent désignée sous le nom à! alunage', dans la teinture écarlate on se sert du sei d’étain ( voyez § 869 ) -, dans les toiles peintes on fait usage de l’acétate d’alumine 5 et pour le rouge d’ Andrinople on emploie la noix de galle.
Alunage de la soie. On laisse la soie pendant vingt-quatre heures dans une dissolution faite avec une partie d’alun pur contenantà peine \ millième de^son poids de sulfate de fer et 60 parties d eau-, on la tord et on la lave ; on agita la température oi;dinaire pour faire absorber à la soie une plus grande quantité de sel, et lui conserver son brillant sans^l’aîtérer. Alunage de la laine. Après avoir fait bouillir pendant une heure 1000 parties de laine dans de l’eau de son; afin de la dégraisser, on la lave à l’eau froide, et on la fait bouillir de nouveau avec 8 à gooo parties d’eau , aSo parties d’alun du commerce et un peu de crème, de tartre ; on la fait égoutter et on la lave. Alunage du coton, du chambre et du lin. On met ces tissus dans une dissolution légèrement chaude, préparée avec 3 parties d’eau et une partie d’alun ; on laisse i-efroidir le bain; on les retire vingt- quatre heures «iprès ; on les lave et on les fait sécher. L’alun doit être pur lorsqu’on opère sur le coton; car s’il contenait seulement un millième de sulfate de fer, les nuances seraient altérées.
§ III. De la Fixation des matières colorantes.
On prépare le hain de teinture en faisant dissoudre la matière colorante dans de l’eau bouillante et ony plonge le tissu préalablement blanchi et combiné avec le mordant. Si la matière colorante n’est pas soluble par elle-même, on la rend soluble à l’aide d’un autre corps ; on plonge dans le bain le tissu blanchi et sans être imprégné de mordant , et ou précipite la matière colorante au moyen d’une troisième substance. Dans tous les cas, on dispose les tissus que
i52 SECOjffDE partie.
l’on veut teindre de manière à ce que toutes leurs parties soient en contact avec la couleur pendant le même temps. La température du bain qui sert à teindre les soies , le cbanvre et le. lin, doit être portée successivement de 3o à ^5°. Gn teint presque toujours au bouillon les laines et les cotons. Ces opérations étant terminées j on lave les tissus afin de leur enlever le principe colorant qui n’est que superposé.
Des Teintures rouges. ,
On obtient ces couleurs avec la garance , le bois de Brésil^ la coçbenille, le cartbame, etc. Garance (ruhia tincto^, Tum ). On ne fait usage que des racines ; les meilleures ont un diamètre égal à celui d’un tuyau de plume 5 leur cassure^ est d’un jaune rougeâtre très - vif. La poudre qu’elles, fournissent est d’un rouge jaunâtre, et contient deux nia-, tières colorantes; l’une d’un jaune fauve, extrêniement soluble dans l’eau et dans une dissolution saturée de sous-carbonate de soude ; l’autre , d’un rouge vif, solublq dans l’eau à la faveur de la première, et fort peu soluble dans le sous-carbonate de soude. Les couleurs de garance sont très-solides; les rouges qu’elles fournissent sont les moins altérables. On emploie celte racine, i® ppur-teindre la laine: il suffit pour cela de plonger dans un bmn préparé avec une partie de garance et 3o parties d’eau, une partie de laine alunée. Suivant M. Roard , on peut communiquer à la laine et même à la soie préalablement alunées , une teinte rouge magnifique, en séparant la matière jaune fauve de la garance par le sous-carbonate de soude, et en mettant la matière rouge qui reste dans une dissolution de sel d’étain et de tartre; a® pour, donner au Zin et au coton les teintes désignées sous les noms de rouge de garance et de rouge â!Andrinople ( ^. Cbaptal , n/r /a tozntore) ; 3° pour communiquer aux toiles peintes ime foule de nuances
DES TEIIÎTUB.ES RODGES. l53
qui varient depuis le rouge clair jusqu’au rouge foncé , et depuis le violet clair jusqu’au noir; il suffit pour cela d’ajouter au bain de garance des proportions différentes de sels alumineux et ferrugineux ; 4® pour préparer une laque qui peut remplacer la la que carminée ( Mérimée). Pourcela, on épuise la garance par l’eau froide afin de dissoudre toute sa matière colorante fauve; on met, pendant vingt-quatre heures, la portion rouge qui reste dans une dissolution d’alim, à la température ordinaire ; la liquem' devient d’un rouge foncé; on y verse peu à peu dusousr-t^rbonate de potasse ou de soude dissous dans une grande quantité d:’eau; l’alumine, qui fait partie de l’alun , se précipite avec la matière colorante; le précipité constituela&^ue,- les. premières, portions obtenues sont plus belles que les dernières. Qn lave le précipité avec de l’eau froide ; on le met sur im filtre , et on le dessèche à une douce chaleur.
Bois de Brésil, de FernambouCy etc. C Cœsalpina erista de L. ). Ce bois communique à l’eau bouillante une belle teinte rouge qui malheureusement n’est pas solide. On l’emploie cependant asse? souvent, i®pour teindre ht laine. Ou fait bouillir pendant trois quarts-d’heure une partiede ce bois réduit en poudre avÆC 20 parties d’eau; on y/met 6 parties de laine , et ou continue; l’ébullition pendant le mêrne temps ; ou retire la laine , on la lave et on la fait sécher. 2° Pour faire de faux cramoisis sur la soie : on procède delà même manière et avec les mêmes, proportions , excepté que l’on plonge la soie pendant une heure et dèmie dans le bain, dont la température n’est que de 3o à 60® ; alors on la traite par une dissolution alcaline afin de lui donner la teinte cramoisie.
Gochenille. La cochenille est un petit insecte qui vit sur plusieurs espèces de cactus, au Mexique, à Saint- Domingue, à la Jamaïque, au Brésil , etc. ; on la met dans l’e-au bouillante pour la faire périr ; on la dessèche au soleil
l54 SECÔi^DE PARTIE,
et on la passe à travers un crible. Elle est' sous la formé d’une petite graine irrégulière, d’un cramoisi violet. Traitée par l’eau , elle lui cède sa matière colorante : ce solutum passe au rouge jaunâtre parles acides, au pourpre par les alcalis , et à l’écarlate par l’hydro-chlorate d’étain ^ qui finit par la précipiter entièrement; l’alun l’éclaircit et lui communique une couleur plus vive. On emploie la cochenille pour teindre la laine et Ia soie en écarlate; cette couleur paraît résulter de la combinaison de la laine avec la matière colorante , Tes acides tartari que et hydro-cblorique , et le peroxide d’étain. Pour parvenir à la fixer sur les étolfes , on leur fait subir deux opérations , le bouillon et la rougie. Bouillon. On fait chauffer dans une chaudière d’étain ou de cuivre étamé, à la température de 5o®, 3 kilogrammes dé crème de tartre avec 8 ou 900 kilogrammes d’eau ; on j verse 2 hectogrammes et demi de poudre de cochenille, et un instant après 2 kilogrammes et demi de sel d’étain dissous dans l’eau ; on plonge dans ce bain 5o kilogrammes de drap ; on l’agite ; on porte le bain à l’ébullition , et deux heures après on en retire l’étoffe, on l’évente et on la lave à grande eau. Rougie. On fait bouillir la moitié de l’eau de l’opération précédente; on y ajoute de poudre
de cochenille ; on agite , et au bout de quelque temps on y verse 7 kilogrammes de sel d’étain , préparé avec 8 parties d’acide nitrique à 3o® , une partie de sel ammoniac et une partie d’étain pur en grenaille ( la dissolution obtenue doit être étendue du quart de son poids d’eau);: cela étant fait on plonge le drap dans le bain bouillant; on l’agite , on le laisse pendant un demi-heure , on le retire, on l’évente et on le fait sécher. La rougie qui a servi à donner àù drap la couleur écarlate peut encore être employée poiu faire les nuances capucine, cassis, orângé, jonquille, couleurd’or, de cerise, de chair etde chamois, pourvu qu’on y ajoute des quantités convenables de fustet , de sel d’étain
DES TEIÎïTDKES EN JAUNE. l55
OU de ci'ème de tartre. On emploie encore la cochenille pour teindre eà cramoisi ; on fait bouillir le drap dans tm bain de teinture composé de i5 à 20 parties d’eau pour chaque partie de drap , de | de partie d’alim , de ~ de crème de tartre , de ^ de cochenille et d’une très-petite quantité de dissolution d’étain. Quelquefois aussi on obtient cette couleur en traitant le drap teint en écarlate par l’ammoniaque ou par une dissolution bouillante d’alun, qui ont la faculté d’altérer cette couleur et delà changer en cramoisi.
De la Teinture en jaune.
On prépare ces couleurs avec la gaude , le quercitron , le bois jaune , etc, Gaude ( réséda luteola ). Suivant M. Roard, les capsules contiennent plus de principe colorant que les tiges , et celles-ci beaucoup plus que les racines. Lorsqu’onfait bouillir de l’eau avec ces parties, on obtient un solutum tirant sur le brun, qui s’éclaircit et devient verdâtre par l’addition d’une plus grande quantité d’eau. Les acides en affaiblissent la teinte ; les alcalis la rendent plus foncée; le sel d’étain y détermine un précipité abondant d’un jaune clair. On emploie la gaude pour teindre en jaune la soie , la laine et le coton ^ la couleur est très-solide. On commence par préparer le bain en faisant bouillir pendant dix minutes 2 parties de gaude dans 3o ou ^0 parties d’eau ; on passe le liquide à travers une toile seri ée , et lorsque sa température est de 3o à ^5°, on y plonge pendant un quartd’heure la soie alunée avec de l’alun pur, ou le coton décreusé et aluné ; si l’alun contient du sulfate de fer , on obtient une couleur olive. La laine se teint delà même manière, excepté qu’on peut la laisser dans le bain Rouillant, Quercitron (écorce du quercusnigra). Il renferme deux matières colorantes; l’une jaune, très-soluble dans l’eau, qui se comporte avec les acides et les alcalis comme la gaude ;
SECONDE ïARTIE»
l’autre fauve , moins soluble. On s’en sert principalement pour teindre la laine : pour cela on met i5 ou 20 parties d’eau à 5o ou 60° tbermomètre centigrade, sur une partie de quercitron ; au bout de douze minutes on passe la dissolution à travers un tamis fin , et on y plonge 10 parties, de laine alunée et combinée avec le sel d’étain. Bois jaune {nmrus tinctoTia). Si on le fait bouillir avec de l’eau, il donne un liquide d’un jaune rougeâtre dans lequel le sel d’étain fait naître un précipité] aune abondant; les alcalis le font passer au rouge; les acides le troublent légèrement et en affaiblissent la teinte. On l’emploie pour teindre les draps : pour cela, on plonge dans 3o parties d’eau bouillante un sac contenant une partie de ce bois réduit en copeaux ; on ajoute au bain des rognures de copeaux afin de l’aviver , et on y met l’étoffe alunée ; la gélatine qui fait partie des rognures paraît agir en précipitant une matière d’un fauve rougeâtre analogue au tannin.
Des Teintures en hlexu
On prépare ces couleurs avec l’indigo, le campèche et le bleu de Prusse; l’indigo est le seul qui fournisse des bleus solides. Teintures en bleupar t indigo. On procède de deux manières différentes : on dissout l’indigo dans l’acide
sulfurique concentré ; on étend la dissolution de i 5o parties d’eau pour en précipiter la matière colorante ; on y plonge le corps que l’on veut teindi’e, on le lave et on le sèche: le bleu obtenu par ce moyen est très-vif, mais moins solide que celui que L’on fait par le procédé suivant ; 2®. On met le tissu dans le bain-de teinture appelé cuve. On distingue trois espèces de cuves-; la euve à la chaux et au vitriol , la cuve d’inde et la cuve de pastel. En réfléchissant à la nature et aux propriétés des différentes substances qui entrent dans la composition' de ces cuves ( voyez plus bas ) , on verra , i ® que l’indigo doit être ramené à l’état d’indigo au
BES T-EIIÎTIJIIES EW BLEB.
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mîmmum d’oxidation, d’un jaune verdâtre, qui se dissout dans l’alcali que l’on a ajouté; 2® que l’étolFe que l’on en imprègne doit avoir la même couleur jaune; 3° enfin, qu’en l’exposant à l’air l’indigo au minimum doit absorber l’oxigène et passer à l’état d’indigo bleu; il suffira donc, pour teindre par ce procédé, de plonger le tissu, à plusieurs reprises , dans la cuve, dont la température est de 4o à 45°, puis de le mettre en contact avec l’air.
Cuve à la chaux et au 'vitriol. On place dans une chaudière profonde 3oo litres d’eau^ 2 Idlogrammes d’in-« digo finement pulvérisé , 2 kilogrammes de chaux éteinte, 3 kilogrammes et demi de proto-sulfate de fer du commerce dissous dans l’eau, et un demi-kilogramme de soude du commerce ; on agite le tout et on chauffe pendant vingt-quatre heures à la température de 4® à So*?, en remuant de temps en temps : alors on y plonge l’étoffe. Lorsque la dissolution est affaiblie et qu’une portion d’indigo oxigéné s’est précipitée , on y ajoute 2 kilogrammes de sulfate de fer et un kilogramme de chaux vive, afin de redissoudre le précipité ; on y met une nouvelle quantité d’indigo quelque temps après cette addition.
Cuve d’inde. On délaye dans- 100 seaux' d’eau 6 kilogrammes d’alcali , 2 kilogrammes de son et autant de garance; on fait bouillir pendant quelque temps ; on introduit le mélange dans une chaudière conique et on y ajoute 6 kilogrammes d’indigo bien broyé; on agite le tout et ou chauffe doucement : au bout de quarante-huit heures l’opération est terminée , et le bain est d’im beau jaune , couvert de plaques cuivrées et d’écume bleue , surtout si on l’a agité toutes les douze heures ; alors on y introduit l’étoffe que Fon veut teindre. Le son et la garance agissent en désoxigénant l’indigo ; celle-ci jouit encore de la propriété de se combiner avec le tissu, et le rend propre à être porté au même ton par une plus petite quantité d’indigo.
l5S ^ SECONDE PARÏIÊ.
Cuve de pastel ( isatis tinctoria ). Oa fait bouillir dans . une chaudière, pendant trois heures , 4 kilogrammes de gaude, 6 kilogrammes de garance, 2 kilogrammes de son avec 4500 litres d’eau 5 on relire la gaude et on verse la liqueur dans une cuve en bois contenant 200 kilogrammes de pastel parfaitement divisé (1) ; on agite continuellement au moins pendant un quart-d’heure. On laisse le bain en repos pendant six heures 5 on l’agite pendant une demiheure , opération que l’on répète de trois en trois heures jusqu’à ce qu’il se manifeste des veines bleues à la surface du liquide ; alors on ajoute un kilogramme de chaux et 10 kilogrammes d’indigo parfaitement broyé 5 on agite de nouveau deux fois pendant les feix heures qui suivent et on laisse déposer- dans cet état la liqueur est d’un jaune d’ôr et peut servir à teindre les étoffes^ dès ce moment il faut y' ajouter tous les jours un demi-kilogramme ^ chaux éteinte, et la température doit être constamment de 36 à 5o°. On voit d’après cela que la cuve à pastel diffère de la cuve d’inde, en ce quelle renferme de la chaux et du pastel, et qu’elle ne contient pas de soude.
Si la cuve au pastel contient trop de chaux , ce que l’on reconnaît à l’odeur piquante qu’elle répand, à sa couleur noirâtre , etc. , il faut y ajouter du tartre , du son , de l’urine ou de la garance 5 si le contraire a lieu, et dans ce cas le pastel se décompose et exhale une odeur fétide, il faut y ajouter de l’alcali.
Teinture en hleu par le campèche. Les tissus de laine sont les seuls qui soient teints en bleü par cette matière colorante. On compose le bain avec i5 à 20 parties d’eau, i de partie de bois de campèche, ^ de partie de vert-de-
(i) Le pastel n’est autre chose quela plante même lavée, desséchée , broyée , et que l’on a fait fermenter en l’uxposant au soleil après Tavoir mise en tas.
DES XEINTUUES EN NOIR. l5g
gris, et on y met une partie de laine ; du reste , le procédé est le même que celui que nous avons décrit en parlant du rouge du Brésil. On emploie encore le campèche pour teindre en violet la laine et la soie : il suffit pour cela de les aluner et de. les plonger dans une décoction du bois , sans addition de vert-de-gris. On se sert aussi du campèche pour la teinture en noir, à laquelle il communique du lustre et du velouté.
Teinture en bleu de Prusse. Celle couleur n’est employée que pour teindre' la soie-, on la connaît dans le commerce sous le nom de bleu Raymond. Après avoir décreusé la soie on la plonge pendant, un quart-d’heure dans un liquide composé de 20 parties d’eau et d’une partie de dissolution de peroxide de fer dans les acides nitrique et hydro-chlorique; on la lave et on la met pendant une demi-heure dans uiie dissolution de savon presque bouillante ; on la lave de nouveau , et on la met dans un solutum froid d’hydro-cyanate de potasse acidulé par l’acide sulfurique ou par i’àcide hydro-chlorique 5 elle devient bleue sur-le-champ ; on la laisse pendant un quart-d’heufe; on la lave et on la fait sécher. ( M. Raymond ).
De la Teinture en noir.
Lorsqu’on veut teindre en noir la laine , le coton et le lin , on commence par leur communiquer une teinte bleue j puis on les plonge dans un bain préparé avec l.i noix de galle et le campèche , et on finit par les mettre dans une dissoIulion.de sulfate de fer, de vert-de-gris et de campèche ; on peut substituer avec avantage au sulfate de fer dont nous parlons . l’acétate qui résulte de l’action de l’acide acétique huileux provenant de la distillation du bois sur le fer rouillé 5 dans tous les cas il se produit une nuance d’un gris violet, paraissant noire lorsqu’elle est concentrée , et qui est composée de peroxide de fer , d’acide
SECOKDfi PARTIE.
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gallique et de tannin. La soie n’est jamais teinte en bien avant d’être plongée dans le bain noir.
De la Teinture en couleurs composées.
On prépare les couleurs vertes en plongeant les tissus d’abord dans un bain bleu, puis dans im bain jaune; le violet, le pourpre, le columbin , la pensée, l’amaranthe , le lilas , la mauve , s’obtiennent avec des bains bleus et rouges; le coquelicot, le brique, le capucine, l’aurore, les mordorés , les cannelles , résultent de Faction du rouge et du jaune. ( Voyez , pour plus de détails sur Fart de là teinture,, les ouvrages de MM. BertKollet et Chaptal. )