CLASSE V
Kous réunissons dans cette classe les principes immédiats qui ne contiennent pas d’azote , que l’on ne peut pas rapporter aux matières colorantes , et dont on tie connaît pas encore les proportions d’oxigène , d’hydrogène et de carbone.
De VÊmétine.
yaS. MM. Magendie et Pelletier viennent de prouver que i’ipécacuanha ( psjcothria emetica ) , le callicoca ipéca-" cuaniiay le 'viola euiefïca j contiennent un principe immédiat particulier auquel ils ont donné le nom ^émétine , tiré de qui indique sa propriété la plus l’e-
marquable , celle de faire vomir à petite dose.
L’émétine est sous k forme d’écailles transparentes , d’ une couleur rouge brunâtre ; son odeur est presque nulle ; sa saveur est amère , un peu âcre , mais nullement nauséabonde, Soumise â la distillation , elle se comporte comme les matières non azotées , se tuméfie , noircit , donne de l’eau, de l’acide carbonique, ime très-petite quantité d’huile , de Facide acétique , et kisse pour résidu un char-
DE e’èMÉÏINE. l6l
bon très-léger et très-spongieux. Elle est inaltérable à Pair, à moins que celui-ci ne soit humide , car alors elle s’humecte. L’eau la dissout en toutes proportions; le solutum ne cristallise point. Elle est soluble dans l’alcool et inso^ lubie dans les éthers. L’acide sulfurique concentré la charbonne. L’acide nitrique la décompose; il se forme de l’acide oxalique, sans aucune trace de matière amère. Les acides hydro-chlorique et phosphorique la dissolvent sans l’altérer , en sorte qu’on peut la précipiter en satu^ rant ces acides par un alcali. L’acide acétique la dissout à merveille. L’acide gallique et la noix de galle font naître dans sa solution aqueuse ou alcooKque un précipité d’un blanc sale , abondant , floconneux , peu soluble dans l’eau , qui paraît composé d’acide et d’émétine. Les acides oxalique et tartarique ne l’altèrent point. La dissolution alcoolique à^iode versée dans la teinture alcoolique d’émétine , produit un précipité rouge qui semble être formé d’iode et d’émétine. L’acétate , et surtout le sous-acétate de plomb , la précipitent abondamment, U émétique et les sels de fer n’ont aucune action sur cette matière ; il en est de même du sucre, de la gomme, delà gélatine , et des autres principes immédiats , végétaux et animaux.
ISLVL Magendie et Pelletier, après avoir administré l’émétine à plusieurs espèces d’animaux, ont conclu, i® que ripécacuanha doit ses propriétés médicinales à l’émétine ; 2® qu’elle est vomitive et qu’elle a ime action spéciale sur le poumon et sur la membrane muqueuse du canal intestinal ; elle est également narcotique; 3° qu’çile peut remplacer ripécacuanha dans toutes les circonstances oàl’ôn se sert de ce médicament , avec d’autant plus de succès , qu’à une dose déterminée , elle a des propriétés constantes , ce qui n’a pas lieu pour l’ipécacuanha du commerce ; 4® que son défaut d’odeur et son peu de saveur lui donnent encore un avantage marqué dans son emploi comme médicament ( Annales